Entre autonomie et embrigadement militant : les skinheads néo-nazis des années 1980-1990

Première parution ; Jean-Yves Camus, « Entre autonomie et embrigadement militant : les skinheads néo-nazis des années 1980-1990 », Nicolas Lebourg et Isabelle Sommier dir., La Violence des marges politiques des années 1980 à nos jours, Paris, Riveneuve, 2017, pp. 29-52. Le meurtre de Brahim Bouaraam, un ressortissant marocain mort noyé dans la Seine, après y avoir été jeté pour des motifs racistes et homophobes par des militants d’extrême droite, le 1er mai 1995 à Paris, a sans doute été, par sa résonance politique et médiatique, le point culminant d’une longue série de faits divers, souvent meurtriers, qui ont jalonnés les années 1980-90 et qui ont été attribués à la catégorie, au demeurant floue dans sa définition, des « skinheads », recouvrant un large spectre d’opinions politiques allant de l’extrême droite néo-nazie à l’antifascisme radical représenté entre autres par les « Redskins ». La culture skinhead a été décrite avec raison par Michel Wieviorka, reprenant le sociologue britannique Mike Brake, comme « une sous-culture ouvrière, profondément marquée par une éthique puritaine du travail » et par l’opposition au mouvement hippie[1]. Cette partie du mouvement skinhead qui s’est arrimée politiquement à l’extrême droite française des années 1980-1990 peut toutefois être cernée avec davantage de précision. Pour cela, il … Lire la suite Entre autonomie et embrigadement militant : les skinheads néo-nazis des années 1980-1990