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Rapport : Saisir les mécanismes de la radicalisation violente

Visuel réalisé par l’INHESJ

L’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (INHESJ) a mis en ligne un rapport intitulé « Saisir les mécanismes de la radicalisation violente » réalisé sous la direction scientifique de deux membres de l’Observatoire des radicalités politiques (ORAP) Romain Sèze (INHESJ) et Xavier Crettiez (CESDIP), Il porte sur les phénomènes de radicalisation cognitive et comportementale qui touchent des acteurs islamistes partisans du djihadisme armé. Afin de mieux saisir la singularité de ce phénomène, on s’intéressera également – à la marge – à d’autres types de violences politiques pratiquées par des acteurs non islamistes, ici les groupes nationalistes corse et basque.
Cette recherche propose donc une analyse des processus de radicalisation sur la base d’entretiens auprès d’acteurs militants radicaux.

Présentation : Depuis que la radicalisation djihadiste a été mise à l’agenda politique en France, les administrations expérimentent un faisceau d’actions pour sa détection et sa prévention. Elles rencontrent de ce fait des besoins nouveaux en matière d’expertise, suscitent donc le développement de recherches susceptibles d’informer leurs décisions, mais aucune de ces recherches ne propose néanmoins d’explorer les processus de radicalisation pour eux-mêmes, ce qui constitue pourtant un prérequis essentiel à la conduite de politiques éclairées dans ce
domaine.

Il existe certes une longue tradition de recherches sur des processus de radicalisation qui adviennent sous le joug d’idéologies politiques différentes, mais celles qui portent sur le djihadisme, outre le fait d’être très récentes, reposent très souvent sur des données secondaires. Ce projet de recherche, mené tout au long de l’année 2016 avec le soutien de la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP) et de la Mission de recherche Droit et Justice (GIP), propose donc une analyse des processus de radicalisation sur la base d’entretiens auprès d’acteurs militants radicaux (djihadistes et nationalistes), avec pour objectif premier de faire le point empiriquement sur ces phénomènes au centre d’âpres débats. Il s’agit de repérer les cadres de socialisation les plus pertinents, les influences cognitives, l’effet des cadres d’injustice ressentis par ces acteurs, la force d’encadrement des organisations, les ruptures biographiques productrices de remises en question, la présence de personnes ressources à l’origine de la radicalisation, le rapport intime de chacun à la violence, l’acculturation à celle-ci via des pratiques sportives ou ludiques particulières, etc. L’idée force de ce travail est de proposer une analyse essentiellement qualitative (à l’exact opposé des travaux très quantitatifs d’une partie de la recherche anglosaxonne) reposant sur ces entretiens. L’ambition théorique est de constater l’existence – ou pas – d’un modèle type de processus de radicalisation qui reposerait sur certaines variables présentes lors des différents parcours de vie.

Cette recherche sera présentée en trois temps. La première partie présente l’enquête de terrain et le cadre théorique. Sur la base de ces éléments, la deuxième partie livre un portrait général des trajectoires de vie des personnes rencontrées, pour faire émerger certains ressorts des processus d’engagements violents communs et spécifiques aux
djihadistes et aux nationalistes. La troisième partie présente la parole libre des acteurs djihadistes autour des grands thèmes qui sont les leurs.

Vous pouvez télécharger le rapport ici

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