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Parution : les sciences sociales au prisme de l’extrême droite

Sous la direction de Sylvain Crépon (Sophiapol, Paris - X) et Sébastien Mosbah-Natanson (Irises, Paris-Dauphine et CIRST, UQAM) Les sciences sociales au prisme de l'extrême droite. Enjeux et usages d'une récupération idéologique, Paris, L'Harmattan, collection Les Cahiers politiques, 2008, 282 p.

Présentation de l'éditeur :

Une certaine historiographie présente les sciences sociales comme étant ontologiquement allergiques à l'extrême droite. Leur démarche rationnelle, soucieuse de se démarquer des prénotions, serait inconciliable avec une mouvance politique qui a toujours accordé le primat à l'intuition et à l'action au détriment de l'abstraction intellectuelle. L'anti-intellectualisme virulent de l'extrême droite depuis l'Affaire Dreyfus a par ailleurs contribué à entériner cette vision d'une incompatibilité entre idéologie extrême droitière et monde savant.

Or,la recherche historique montre que l’extrême droite n’a pas été systématiquement rétive au savoir rationnel et savant sur la société.Du créateur de l’Action française Charles Maurras, qui légitimait sa conception de l’ordre politique en se référant au fondateur de la sociologie Auguste Comte, jusqu’au maître à penser de la Nouvelle droite Alain de Benoist, qui s’est inspiré des théories de Claude Lévi-Strauss pour nourrir ses conceptions anti-égalitaristes, les différents courants de l’extrême droite française n’ont pas manqué de s’inspirer des sciences sociales. Que signifient dès lors, chez ces acteurs et idéologues, ces références à des auteurs ancrés dans l’univers savant des sciences sociales ? L’usage des sciences sociales par l’extrême droite a-t-il contribué aux renouvellements idéologiques de cette mouvance politique ?

Cet ouvrage propose de contribuer à une histoire des usages des sciences sociales par l’extrême droite française en éclairant, dans une perspective historique et sociologique, différents moments de ces rencontres bien souvent problématiques pour la communauté académique.

Sommaire :

 Eléments pour une histoire des usages des sciences sociales par l’extrême droite(S. Crépon et S. Mosbah-Natanson)

 Le chercheur, l’extrême droite et les sciences sociales : entretien avec Pierre-André Taguieff (réalisé par S. Crépon et S. Mosbah-Natanson)

 Investigations empiriques et grammaires réactionnaires : existe-t-il une science sociale contre-révolutionnaire ?(J. Zaganiaris)

 L’anthroposociologie en France (1886-1942) :l’émergence d’une doctrine raciale en dehors de l’extrême droite (F. Nicolas)

 La science traditionaliste du docteur Joseph Grasset :une légitimité intellectuelle pour l’Action française (Ph. Secondy)

 Du racisme biologique au différentialisme culturel :les sources anthropologiques du GRECE (S. Crépon)

 Le néo-paganisme de la Nouvelle droite : une religiosité politique tributaire des sciences sociales ? (D. Bisson)

 La fonction productrice de l’histoire dans le renouvellement du fascisme à partir des années 1960 (N. Lebourg)

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