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Les Affres de la communication [updaté]

Par Stéphane François

La raison d’être de Fragments sur les Temps Présents est de mettre en contact des recherches et des citoyens. Les uns et les autres nous sommes, chaque semaine que l’actualité fait, requis par l’un ou l’autre média. Combattant en nous mêmes nos esprits bougons et nos velléités de tranquillité, nous y répondons du mieux que nous pouvons car nous croyons que c’est un exercice nécessaire. C’est le principe bien connu de l’éthique de responsabilité du chercheur.  Mais le temps du média demeure délicat pour le dit chercheur. Sautant d’une question l’autre quand il est coutumier d’avancer par associations logiques et raisonnements analogiques il se laisse parfois désorienter par le maelström du présent. Diable, c’est ce que je fis tantôt. Courtoisement invité par France Inter, je commis un impair durant l’émission

Évoquant le jeune homme chilien blessé par des identitaires à Toulouse, ma langue a fourché et je l’ai déclaré mort.  Ce jeune homme a été frappé si violemment que son état a nécessité deux mois et demi d’hospitalisation et qu’il en conserve des séquelles irréversibles (voir ici). Lynché, mais pas mort. Sorti du studio, je me rends compte. Un mot à la place d’un autre, la langue qui glisse. Alors, je fonce à mon domicile. Je prends le clavier, tape ces quelques mots. Pour me dire désolé auprès de ce jeune homme, auprès des militants politiques, auprès des auditeurs.  Car un mot mal sorti change tout. Car on se sent sous le feu de ce flux permanent de la société de communication. Car l’éthique de responsabilité c’est aussi cela : se taper sur le front en disant « mais j’ai utilisé ce mot ci? », et l’admettre de suite par écrit.. Les lapsus sont toujours un moment malheureux. Le devoir du chercheur est toujours d’informer, même sur ses propres erreurs, fussent-elles des plus involontaires. Et de recommencer à faire le lien entre les marges que nous analysons et l’espace public, comme ici .

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