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« Le Monde » contre le Président ?

duel_-_vf_master_Par Joseph Beauregard

J’ai eu le plaisir ce matin de discuter sur France Inter de l’humanité du général de Gaulle et d’Hubert Beuve-Méry dans leur affrontement politique, de leur conception de la France :

On retrouve cet aspect dans bien des mots que l’un a dit sur l’autre, et dont je vous propose ci-dessous un petit florilège, entrelacé de vidéos relatives au film que France  5 diffuse ce soir à  21 heures 35 :

Le Général de Gaulle sur Le Monde et Beuve-Méry

-Avez-vous lu ce torchon ?

Le Général de Gaulle à propos du Monde

-Pour Beuve-Méry, c’est simple ; pour Le Monde, c’est simple : faut que ça rate, que tout rate !

Le Général de Gaulle à propos du soutien relatif du Monde à sa politique algérienne

-Ce Beuve-Méry, quel chardon dans mon pantalon !…Il ne faudrait pas lire les journaux, mais les écrire… »

Le Général de Gaulle à propos des éditoriaux de Beuve-Méry/Sirius

 

-Mon Général, c’est un homme fier. Vous aussi avez eu des mots durs à son endroit. Ne pourrait-on tourner la page ? Organiser un déjeuner ? Il faudrait lui tendre la main… »

-« Ooh ! Laissez, il y a longtemps que j’ai renoncé à Beuve-Méry…

Alain Peyrefitte et le Général

-Mon Général, vous devriez voir des journalistes.

-Et qu’est-ce que je fais, en ce moment ?

-Il y en a d’autres…

-Oh !

-Pierre Lazareff.

-« Je le vois tout le temps.

-Beuve-Méry… »

-« Oh, il y a longtemps que j’ai renoncé à Beuve-Méry !

Le Général de Gaulle et un ami journaliste  

 

Beuve-Méry sur le Général

Est-ce que ce type ne se prend pas pour un autre ?

Beuve-Méry, à propos du discours radiophonique du 18 juin 1940

Il y avait une hésitation de départ tenant au fait que je ne le connaissais pas. C’était très gentil, mais était-ce sérieux ?

Beuve-Méry, à propos de la Résistance à Londres

 

De Gaulle n’étant pas là, on a donc commencé le journal puisque son ministre me mettait son épée dans les reins. Le premier numéro a paru le 18 daté du 19 décembre 44 avec l’annonce de la signature du pacte franco-soviétique, de sorte que je n’ai pu voir le Général que dans le courant janvier, à son retour d’Union soviétique. C’est à ce moment-là que j’ai eu ma première entrevue.

Beuve-Méry, à propos de son premier rdv avec le Général

Enfin, tout ça faisait partie des accidents de la route, et je ne voyais pas de raisons de le suivre dans son exil volontaire. Mais j’ai un souvenir de Jacqueline Piatier, responsable du Monde des Livres. Elle avait obtenu une entrevue avec de Gaulle, rue de Solférino, pendant sa période d’exil, à condition qu’elle ne publie rien. Elle venait m’en faire le compte-rendu :

– « Avec vos Mémoires, il serait normal que vous entriez à l’Académie.

Sans élever la voix, comme une chose tout à fait naturelle, de Gaulle lui répondit :

-Quand on est la France, on n’entre pas à l’Académie française. Voyez Louis XIV.

J’avais répondu : « Cela relève tout droit du cabanon. »

Beuve-Méry, à propos de l’exil volontaire du Général

Cet espèce de tête-à-tête que je n’avais pas cherché et qui au contraire, me gênait un peu. Je considérais –toujours cette fameuse histoire de pessimisme !- que ce qui était important, c’était de dire ce qui n’allait pas. Alors oui, par la force des choses, j’avais l’air d’un opposant.

Beuve-Méry, à propos de son face à face avec le Général

Une fois que j’avais vu le scénario qui était définitivement fixé, je n’avais vraiment aucune raison d’y aller en badaud, en partisan ou en opposant, peu importe.  Ce qui importait, c’était son discours.

Beuve-Méry, à propos des conférences de presse du Général et de son absence

Tant qu’il sera là, je le combattrai avec acharnement. Quand il mourra, je le pleurerai avec des larmes de sang.

Beuve-Méry, à un ami à propos de son combat contre le Général

Je sais, que je vous parais « sévère » à l’égard de notre grand homme, et peut-être avez-vous retenu votre plume qui aurait écrit « injuste ». Non sans raison, car toute sévérité a sa part d’injustice et il y a de surcroit pas mal d’outrecuidance à juger qui est aux prises avec des situations aussi inextricables.

Beuve-Méry, à François Mauriac

-Ceux qui restent fidèles à de Gaulle éprouvent une tristesse que partagent, plus ou moins, beaucoup de ses antagonistes.

Beuve-Méry, à propos de la démission du Général 

-Seul des quatre grands vainqueurs de la Deuxième Guerre mondiale, Charles de Gaulle n’a pas connu la déchéance physique et intellectuelle, le lent « naufrage » de la vieillesse. Le destin qui tant de fois lui avait souri lui a accordé une dernière chance, une de celles qu’il souhaitait le plus. Mourir au combat, au faîte des honneurs, ou dans l’ombre de la retraite importait au fond assez peu, mais disparaître d’un seul coup de la scène du monde, cela aussi relevait de la grandeur.

Beuve-Méry, à propos de la mort du Général

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