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L’Odyssée des Rats noirs : voyage au coeur du GUD

Par Nicolas Lebourg

Le G.U.D. est un paradoxe historique : devenu symbole de l’inorganisation nationaliste et de l'activisme d'extrême droite, il a été originellement créé pour conduire les ex-meneurs d’Occident au réel travail politique. En effet, l’après-dissolution de leur mouvement (1968) les voit vouloir créer un syndicat universitaire (ce que n’était nullement Occident), l’Union-Droit, qui reçoit des gauchistes l’appellation de G.U.D. ; le sigle est repris et les militants eux-mêmes se qualifient de « gudards ». Le « D » du sigle signifie rapidement « Défense » en lieu et place de « Droit », passant bien de l’objet syndical à l’idée d’une communauté (l’Union) activiste. Le G.U.D. a pour particularité d’être sans doute le seul syndicat étudiant dont les membres sont très souvent non-étudiants ; ici « étudiant » doit s’entendre « jeunes ».

Il est à l’origine de la fondation d’Ordre Nouveau (1970). Il en est ensuite la branche étudiante, puis, après la dissolution d’O.N. par l’Etat (1973), celle de sa reconstitution, le Parti des Forces Nouvelles. A partir de 1981, auto-dissout officiellement, il passe du statut de syndicat à celui de « mouvement » au sens le plus éthéré du terme (i.e. qu’il y a en fait des G.U.D. : est G.U.D. qui dépose la « marque » et a les moyens de faire respecter son usage). En 1985, il participe à la fondation de Troisième Voie, avec qui il rompt en 1988. D’un néo-fascisme a-dogmatique il a évolué vers des positions nationalistes-révolutionnaires : antiaméricanisme, adoption de l’utopie d’une Europe fédérée des régions mono-ethniques, et assimilation de son combat à celui du peuple palestinien autour du slogan « A Paris comme à Gaza Intifada ! » (1995). Désormais le rat noir porte le keffieh des feddayin… pour se rapprocher du Front National puis participer à Unité Radicale (1998), dont il fit scission, début 2002, au motif de la pureté idéologique et de son envie… Par-delà, le G.U.D. est avant tout une légende d’auto-représentation : celle du rat noir persifleur, manieur de barre de fer, oscillant entre chaos et répression réactionnaire.

Les années 1970 : au début était l’action…

Dès ses débuts, le G.U.D. suit l’exemple d’Occident. Il multiplie les bagarres, de plus en plus violentes, ce qui produit des réactions journalistiques, et permet effectivement de rallier toujours plus de nouvelles recrues. Il faut noter qu’en cette période où tous les groupuscules rêvent que les événements de Mai leur permettent de constituer un réel parti, le G.U.D. n’est pas le seul à user de cette technique : les maoïstes de la Gauche Prolétarienne suivent la même tactique avec pour résultat le même afflux militant1. Le fait que les deux extrêmes misent sur l’activisme simplifie d’ailleurs grandement la tâche de leurs états-majors respectifs, puisque chacun est disposé à l’affrontement. Lorsque Ordre Nouveau est en place, il s’installe d’abord dans le XVe arrondissement parisien pour une raison simple : et le G.U.D. et la Ligue Communiste y sont implantés, d’où bagarres, d’où retombées médiatiques. C’est toutefois surtout sur le territoire des universités que le groupe se fait remarquer : combat du G.U.D. et d’étudiants de droite contre les gauchistes à Assas en février 1970 (2 jours de fermeture) ; affrontements extrêmement violents du G.U.D. et des maoïstes et lambertistes à Nanterre en mars ; le même mois, attaque par le G.U.D. d’un meeting commun gauchiste antifasciste à Assas : 23 blessés graves chez les gauchistes, etc.

Le style « barres de fer, croix celtique et humour provocateur » devient un élément central de l’auto-représentation du G.U.D., symbolisé par un emblème né fin 1970 et rapidement devenu légende, le rat noir belliqueux. Celui-ci est mis en scène en bande dessinée par Jack Marchal, cadre d’Ordre Nouveau, presque tous les jours sur le panneau du syndicat à l’Université dite d’Assas, avec un talent indéniable et un humour ravageur qui ne sera jamais égalé par ses successeurs. Non seulement il devient indissociable de la jeunesse nationaliste, mais son succès est rapidement européen, les autres syndicats étudiants nationalistes du continent s’en emparant à leur tour.

Le choix même du medium représente une ouverture à la modernité, et en ce sens peut expliquer que les successeurs de Jack Marchal n’aient jamais retrouvé sa qualité. En effet, la facture de ce dernier est marquée par une influence de l’underground américain (il est impossible de ne pas songer à Crumb), ce qui est des plus significatifs, tandis que ses émules réalisent de la bande dessinée estudiantine, totalement détachée des évolutions et contextes de ce moyen d’expression. Les planches de Jack Marchal allient le sens du rythme, de l’image-choc, de l’auto-dérision et de la propagande. Dans un entretien, le dessinateur est longuement revenu sur cette genèse du rat. Il explique qu’alors qu’il le dessinait « Gérard Ecorcheville, le camarade qui à ce moment-là gérait la propagande du G.U.D., eut une illumination dont on ne pourra jamais assez le remercier : « Hé, ce rat… Mais c’est nous ! ». Cette remarque géniale a levé une des principales difficultés qui se posait à moi, et qui était de savoir comment représenter le G.U.D. dans les événements où il était acteur. Sous l’aspect d’héroïques chevaliers hyperboréens ? de jeunes filles et jeunes gens propres sur eux ? en brutes casquées toujours victorieuses ?… Bref, en un tournemain, nous avons trouvé à la fois une auto-représentation satisfaisante, un logo, un signe de ralliement qui faisait clairement la différence entre nous et tous les autres, un symbole, tout un style qui allait avec… [A Occident,] Duprat ne cessait de traiter tout le monde et n’importe qui de « Rat visqueux ! Rat pesteux ! Rat scrofuleux ! » (…). Pas mal de responsables et militants ont reçu un sobriquet dans cette veine. L’un, qui habitait un petit local semi-souterrain auquel on accédait par l’entrée des caves, était surnommé Rat d’Égout… Tel autre, de petite taille, était appelé Musaraigne. Quant au plus entreprenant des responsables action, on ne le connaissait que sous le nom d’Anthracite ». C’est ainsi Alain Robert, meneur d’Occident, qui reçoit pour sobriquet ce nom du rat ennemi de Chlorophylle dans la bande dessinée animalière de Raymond Macherot… Enfin, il semble que les nationalistes puissent lire dans les affrontements entre Anthracite et Chlorophylle un sous-texte politique que nul n’avait perçu, mais qui témoigne de manière extrêmement intéressante de la façon dont une vue du monde ingurgite et recycle tous les signes (avec la forte possibilité qu’il y ait aussi une certaine dose d’autodérision) : « Anthracite ne respecte aucun tabou, il lève les interdits, il est le grand catalyseur dionysiaque, l’anarque absolu, le libérateur des puissances du désir (…). Les gardiens de l’ordre établi sont systématiquement présentés comme des abrutis. Ils ne font pas le poids quand se révèlent soudain volonté de puissance et agressivité dans un monde qui croit les avoir refoulées. Seul Chlorophylle, devenu petit bourgeois conservateur, sait encore être efficace car son hostilité à Anthracite vient de plus loin, elle plonge ses racines dans la nature sauvage. Ne serait-ce l’inévitable deus ex machina qui le fait échouer à chaque épisode, Anthracite serait évidemment vainqueur. Sans garantie de durée toutefois : dès le premier album, son autoritarisme avait provoqué chez les rats noirs une guerre civile dévastatrice entre les monarchistes fidèles à sa personne et les insurgés. Il y a chez Macherot une morale des rapports sociaux qui s’élève jusqu’à une conception cyclique du devenir des sociétés politiques »2.

La propagande n’est pas le seul moyen de se doter d’un bastion. Dès 1970, le G.U.D. a entamé une politique de chasse absolue aux militants de gauche afin de rendre Assas vierge de leur présence et d’offrir aux rats noirs leur « Nanterre ». Cette méthode d’implantation locale était très goûtée des néo-fascistes italiens et est ainsi importée. Les militants parviennent à associer l’image de l’Université à la leur, et le jeu de mots « Waffen Assas » devient bientôt un classique de l’humour nationaliste (ainsi que celui de « Groupuscule des Dieux »). Néanmoins, l’opération « zéro gauchiste » sur les campus n’a jamais pu être rééditée. Nulle part ailleurs, l’extrême droite ne dispose en effet d’assez d’étudiants activistes pour être à l’aise, voire bien souvent pour tout simplement oser s’afficher (l’Union Nationale Inter-universitaire offrant toutefois généreusement l’asile en ayant le mérite d’être moins compromettante socialement pour la suite, voire de permettre une reconversion vers une vraie carrière politique)3.

Assas provoque toutefois des convoitises, le G.U.D. y subit les attaques politiques et physiques des Groupes Action Jeunesse. Pour garder son espace, le le G.U.D. entame une répression de ses amis politiques à coups de barre de fer. Ces derniers répondent par une bataille aux cocktails molotov. Les gudards sont ainsi éclectiques dans leur combat. Ils ont certes fait le service d’ordre du candidat Valéry Giscard d’Estaing en 1974 et en 1981 mais ils peuvent s’entendre avec des maoïstes pour matraquer les meneurs d’une grève estudiantine4. Les gudards se cotisèrent même pour le bénéfice du service d’ordre trotslyste lambertiste après que celui-ci ait infligé une raclée à ceux du Parti Communiste Français et de la Ligue Communiste Révolutionnaire5. Mais les années 1970 se meurent en même temps que le gauchisme estudiantin s’effondre, privant le G.U.D. de son ennemi, de sa raison d’être. La décrépitude est marquée par une Bérézina activiste. En 1980, le G.U.D. et les étudiants du Mouvement Nationaliste-Révolutionnaire dirigé par Jean-Gilles Malliarakis (lui même ancien dOccident et compagnon de route d’Ordre Nouveau) décident d’ensemble « reprendre » l’université de Paris X-Nanterre : la cinquantaine de militants qui s’y rend fait 23 blessés avant de ravager la rame de métro. 27 nationalistes sont arrêtés. Le G.U.D. s’affirme victime innocente, argue que ses militant seraient venus désarmés et auraient été victimes des enragés gauchistes. Le M.N.R. soutient totalement, et avec emphase, les gudards et leur version des faits6. Avec ses militants poursuivis par la justice pour ces faits de violence et face à la victoire de la gauche, le G.U.D. s’auto-dissout. Affirmant qu’il faut réaliser une nouvelle alliance des extrêmes droites qui dépasse le cadre estudiantin, l’ex-G.U.D. tend dès cet instant la main au Front National de la Jeunesse et au M.N.R.7

Les années 1980 : le Rat noir se cherche une meute

Le G.U.D. continue donc sa vie en underground. Après les services d’ordre de la campagne électorale de 1981, il est de nouveau en fonds et s’insère dans le Renouveau Nationaliste mis en place par le Parti des Forces Nouvelles en 1982. La nouvelle formation se présente comme la formation unitaire de la jeunesse nationaliste (ce que refusent tous les autres groupes) et place toute sa propagande graphique dans la continuité d’O.N. et d’Occident. Le G.U.D. reprend un coup de fouet avec le mouvement scolaire de 1983-84 ; dès le printemps 1984, les sections G.U.D. et M.N.R. de Strasbourg, Orléans, Lyon et Perpignan travaillent ensemble, à la base8. Charles-Henri Varaut, jeune leader du G.U.D. de 23 ans, meurt à la fin de l’été 1984. L’hommage que lui rend Bertrand Burgalat dans la presse du M.N.R. témoigne des rapports entre les deux groupes mais aussi, à travers l’émotion du texte, de la constitution d’un champ de référents culturels communs : « Il aurait voulu quitter la terre face au soleil, mais une société qui conjure le risque ne connaît que des morts stupides. Charles-Henri Varaut s’est tué à vingt-trois ans sur une route de Provence. La jeunesse nationaliste perd un camarade, pour beaucoup un ami fidèle et attachant. Au revoir Charles-Henri. Nous n’avons pas de passé, mais nous avons une immense mémoire. Nous aurions aimé traverser le Rubicon avec toi et chaque fois que nous franchirons le hall d’Assas, nous prierons les Dieux pour que tu ne trouves pas de vigiles dans l’éternité, mais les hauts tambours qui rythmaient ton cœur. »9 Au fil des lignes, les références s’enchevêtrent et elles sont avant tout musicales : J’avais un camarade, le Cara al sol phalangiste ; les tambours sont ceux des Lansquenets. Certes, l’auteur du texte est un artiste, mais il y a là une cohérence certaine qui est plus du domaine d’une culture souterraine partagée et populaire (chants, humour) que du système politique. Cela est tout à fait révélateur de la façon très sentimentale, antidogmatique, d’être fasciste en une ère postmoderne et matérialiste. N’importe le manque absolu de prise sur le réel social : ce qui compte c’est de fonder une communauté qui se définit par le partage d’une contre-culture.

N’en demeure pas moins qu’il faudrait sauver les formes et que sans ennemi gauchiste, les gudards s’ennuient. Les affrontements avec des bandes de jeunes Noirs peuvent certes les occuper, signe du remplacement d’un ennemi politique par un ennemi racial, signe aussi du désœuvrement et de la réclusion à la marge10.Ainsi l’activisme, dépourvu de sens dans la France de ces années, devient bien plus un écran de fumée que les nationalistes projettent pour s’inventer un monde qu’un mode opératoire ayant une quelconque logique politique. Le G.U.D. n’est plus que l’ombre de lui-même : dans son bastion historique d’Assas il n’obtient aux élections universitaires que 93 voix sur plus de quatre mille suffrages11. Le M.N.R. était alors lui aussi en mauvaise posture et il s’ouvre aux quatre vents. Les activistes légitimistes de la Garde Blanche le rejoignent, menant avec eux certains de leurs amis, y compris du G.U.D. Entre ces adeptes du coup de poing et la volonté politique de l’équipe du M.N.R, le courant ne passe pas complètement. La constitution de la Jeune Garde va permettre d’éviter le clash12.

Le processus d’unification débute officiellement pendant l’été 1984, après les élections européennes où le F.N. a obtenu 11% des votes et repoussé par là-même tous les autres mouvements d’extrême droite hors du monde politico-médiatique. Ce sont les jeunes P.F.N. qui, avec ceux du M.N.R., engendrent un nouveau mouvement, la Jeune Garde, qui reprend ainsi le nom du nouvel hymne du M.N.R. et par-delà dessine une généalogie avec les G.A.J. et leur Jeune Garde solidariste. La J.G. n’a pas pour fonds baptismaux quelque opération révolutionnaire, mais les manifestations de juin pour les entreprises d’enseignement privé catholique (« l’école libre ») : « il ne s’agit plus d’attaquer l’Aéroflot, encore moins de prendre la Bastille : il s’agit d’affirmer l’Idée Nationaliste à l’avant-garde de l’opposition populaire » écrit Jeune Nation solidariste. C’est sur ce droitier principe qu’est décrété, le 3 juillet, sur la base du programme du M.N.R., que le G.U.D., et les jeunes M.N.R. fusionnent pour donner jour à la J.G.13 C’est donc à ce stade, manifestement, une première entente PF.N.-M.N.R. via le G.U.D. et au bénéfice du M.N.R. Toutefois, cette annonce de fondation est assez étrange, car la première section de la J.G. n’est fondée que le 21 février 1985, à Perpignan, avec un président portant le même nom de famille que celui de son correspondant de la section PF.N. locale… Il semble, en fait, qu’au printemps 1985 des sections unitaires M.N.R.-PF.N. sont réalisées à Perpignan, Bordeaux et Toulouse, et on annonce dès cet instant la création d’un parti unitaire pour l’automne14. Le Secrétariat National de la J.G. est lui-même fondé en février 198515.

Ces rapprochements et naissances permettent aux néo-fascistes d’annoncer la naissance d’une union des nationalistes, baptisée Troisième Voie, tenue par l’équipe de feu le M.N.R. Leur espoir est de récupérer les déçus du lepénisme qu’ils récupèreraient sur la base d’un discours révolutionnaire et populaire. La réunion de fondation rassemble une centaine de personnes. Le nouveau mouvement ne se défait pas du style « humour gudard » en naissant : on déclare au journaliste présent qu’étant donné le succès « la prochaine fois il faudra qu’on prenne un stade »16.

Troisième Voie ne souhaite pas laisser les jeunes trop s’ébrouer. La J.G. et du G.U.D. reçoivent une attention toute spécifique : ce sont « des appellations strictement contrôlées par le Mouvement » dont les actions s’exercent sous le contrôle de la direction, mais qui « sont des sigles autonomes autorisés à enregistrer des adhésions sympathisantes (sic), placées sous la responsabilité de la structure régionale »17. C’est-à-dire que, face au caractère foncièrement provocateur des jeunes, est mis en place un système qui permet de les canaliser et de s’en désolidariser. L’agitation gudarde n’est pas mauvaise en soi, loin s’en faut. C’est encore le G.U.D. qui crée l’événement au cortège Jeanne d’Arc de 1986 avec une banderole frappée de la croix celtique qui apostrophe le nouveau ministre de l’Industrie en ces termes : « Madelin paye ta cotise » – sa photographie a un large écho dans la presse et c’est un prétexte somme toute bien pensé pour faire parler du G.U.D. et de T.V.

Les groupes ont vu leurs compétences être redistribuées, la J.G. étant en charge des lycéens et le G.U.D. des étudiants, les mouvements cosignant également les tracts en tant que jeunes de T.V. En un an, le G.U.D.-JG a organisé un camp d’été regroupant 50 personnes et il voit ses effectifs s’élever à 120 cartes, ayant ainsi 30 encartés et 50 sympathisants à Paris comme à Aix-en-Provence, ou 10 encartés à Nantes. Certains membres se rebiffent localement, la section toulousaine passe ainsi de 18 à 4 adhérents. Il faut, certes, leur rappeler quelques principes de l’action partisane, par exemple que « La Jeune Garde est un mouvement politique et non une bande de copains », ou que « Nous ne sommes pas un repère de mythos ratonneurs », mais certains s’avèrent très dynamiques. La section de Perpignan, avec ses 8 encartés et 14 sympathisants, est ainsi montrée en exemple pour être parvenue à faire publier plusieurs articles dans la presse locale et à disposer de deux élus dans l’université de leur ville18. Son responsable est préposé, aux assises fondatrices de la J.G., au rapport sur les conditions d’implantation locale19. Néanmoins, le G.U.D. adopte derechef et massivement ses mœurs coutumières. L’action syndicale n’est jamais facile pour les gudards, qui attaquent à la grenade à plâtre le local de l’U.N.E.F., entraînant contre eux une motion du conseil de l’université de Perpignan réclamant des poursuites judiciaires. Le travail syndical est ainsi ruiné par la facilité de l’activisme : Perpignan n’était pas Assas et le G.U.D. l’ignorait… Au niveau national, le G.U.D. en revient au matraquage frénétique des étudiants manifestants (hiver 1986, mouvement contre la Loi Devaquet) qui braque sur lui les feux de la rampe médiatique et du microcosme extrême droitier, lequel retrouve là ses image et rôle de champion de la réaction. L’apport militant engendré tend à repositionner le G.U.D. vers son penchant initial d’ultra-droite anticommuniste activiste se donnant des airs révolutionnaires (phénomène déjà dénoncé par Duprat) et, de plus en plus, il ne resurgit que pour produire des agressions sur les campus contre les étudiants de gauche20.

Le travail avec la jeunesse estudiantine n’est donc pas aisé et, au premier janvier 1987, T.V. décide de centraliser les adhésions en adoptant un système de carte unique, privant le G.U.D. et la J.G. de leur autonomie. Il n’est pas totalement fortuit que cette résolution soit concomitante de la décision d’une accélération des cours de formation par la préparation de séminaires de fin de semaine en gîte rural21. L’année suivante, le Conseil National du mouvement précise que le seul nom à déclarer en préfecture est celui de T.V.22, G.U.D. et J.G. deviennent donc de facto des noms qui n’existent plus que dans le matériel de propagande. Face aux débordements des cortèges Jeanne d’Arc, devenus à l’évidence essentiels à cause de l’éclosion du F.N., la direction diffuse de claires et impératives  recommandations : ni provocation, ni violence, ni injure ne sont admis de la part des militants. On informe les militants que, désormais, les croix celtiques sont interdites dans les manifestations. Lorsque est organisée une commémoration en l’honneur de Brasillach, il est précisé que ce sont les « paroles françaises » de J’avais un camarade qui doivent être entonnées. On souligne que, si le fascisme est considéré comme positif, cela doit rester confidentiel et que tout folklore mussolinien est interdit en public23.

En somme, les gudards et les tercéristes prennent de la distance, et les seconds tentent d’y remédier en resserrant des liens de sujétion établis à leur profit. Les premiers n’ont pas l’assise doctrinale de l’équipe de Jean-Gilles Malliarakis, ils n’apprécient ni la critique permanente du F.N., les rapprochements étant sanctionnés par la direction de T.V. par une exclusion pour « contacts avec la réaction », ni que l’activisme soit bridé, les comportements typiquement gudards pouvant entraîner l’exclusion pour « provocation ».

Certes, le G.U.D. s’est « Nrisé » avec T.V., mais c’est justement sur un thème NR, adopté par capillarité auprès de T.V., « Nous ne serons pas les Palestiniens de l’Europe », qu’il organise un meeting propre où il constate son succès et, partant, la possibilité de revoler de ses propres ailes. Il se procure de nouveau un peu d’argent en assurant, durant la campagne des élections présidentielles de 1988, le service d’ordre de Raymond Barre. A T.V., certains n’apprécient pas forcément ce travail pour celui que Jean-Gilles Malliarakis désigne depuis dix ans comme un agent de la Trilatérale (ou, tout du moins, ils affirment après coup ne pas l’avoir apprécié). Le 7 mai 1988, le G.U.D. peut donc organiser un nouveau meeting à Paris, « Préparons l’alternative nationaliste », où il annonce sa rupture avec T.V. et la reprise de son indépendance. Les mauvaises relations sont encore tendues par l’inimitié entre William Bonnefoy, qui a pris la direction des gudards, et Jean-Gilles Malliarakis. Leur dégradation continuelle aboutit à ce que le G.U.D. attaque un meeting organisé par T.V. le 26 mai 1989, à la Mutualité. Il y découvre, effaré, qu’il est une chose d’attaquer des étudiants sur un campus, une autre d’attaquer d’autres nationalistes : c’est au fusil qu’on lui répond24.

En définitive, T.V. a certes fait évolué politiquement mais aussi sociologiquement le G.U.D. Jusque là il était depuis toujours composé d’enfants de la bourgeoisie. Ils ont découvert des prolétaires de droite et Vaincre, le bulletin gudard, est sans doute le premier dans la presse d’extrême droite à avoir traité de la musique skinhead. La décennie suivante étant particulièrement marquée par la prolétarisation de la composition sociologique de ce champ politique, c’est là un élément des plus notables.

Les années 1990 : le Rat noir voyage

Comme toutes les marges politiques en voie de disparition, le G.U.D. trouve de l’oxygène dans le légendaire des luttes étrangères. Avec les dissidents frontistes d’Espace Nouveau il créé ensemble un Comité France-Croatie puis un Front Franco-serbe de Solidarité25. Des membres du G.U.D. rejoignent les combattants croates, recyclant les anciens slogans : « aujourd’hui Osijek, demain Paris ! ». Présents durant un semestre, ils reviennent ensuite en France et il n’est sans doute pas fortuit que ce retour coïncide avec celui de l’activisme anti-gauchiste : après avoir combattu les « communistes » serbes, le G.U.D. ne saurait plier devant ceux des facultés26. L’engagement armé en Croatie devient l’objet d’une lutte symbolique de légitimation27. Ainsi, quand bien même il s’agirait de faire preuve d’ouverture en s’entendant avec des nationalistes étrangers, l’esprit de division prime, au-delà du courage physique des uns et des autres, en ce qui concerne les implications intérieures de cet engagement. Ce dernier n’est pas motivé par une analyse documentée et circonstanciée, mais par des considérations esthétiques et sentimentales. Cette impulsion rencontre un intérêt tout ce qu’il y a de plus intérieur : faire concurrence aux autres nationalistes de par la production d’un légendaire combattant, d’un héroïsme romantique et empirique.

L’indépendance du G.U.D. n’était qu’une chimère. Le « label » G.U.D. n’a pu perdurer qu’en passant une fois de plus sous les fourches caudines. La question est résumée par son nouveau chef, Frédéric Châtillon, en 1992 : « On aide le Front parce que sinon on ne serait qu’une poignée ». En 1990, sous l’égide de l’ancien sympathisant de T.V. Michel Murat, est lancée par le F.N. une confédération syndicale des étudiants nationalistes, le Renouveau Etudiant, au sein duquel le G.U.D. collabore avec divers groupes rassemblés autour du F.N.J. Il co-fonde avec celui-ci un Rassemblement Etudiant Parisien à l’objectif ainsi résumé par l’ex-G.N.R., devenu très proche de Bruno Mégret dans la direction du F.N., Franck Timmermans : « Au-delà des querelles passées, l’union est faite et nous allons leur en mettre plein la gueule ». C’est au sein du G.U.D. un ex-T.V. qui a poussé à cette stratégie, au sein du F.N.J un ancien du G.U.D. et Damien Bariller, membre du G.R.E.C.E. et directeur de cabinet de Bruno Mégret. Le meeting a lieu sans lepénisme aucun, mais avec un hommage appuyé à Pierre Vial, le leader de l’aile völkisch, et des références à Drieu, Brasillach ou Degrelle. Eric Rossi, skinhead et politologue, rapporte à propos de cette manifestation qu’« au cours d’une réunion rappelant étrangement les meetings du mouvement Troisième Voie, Michel Murat exhortera une salle bondée à se battre pour conquérir « le pouvoir pour mille ans »… »28. Samuel Maréchal, ex-T.V., gendre de Jean-Marie Le Pen et responsable du F.N.J., tente de s’appuyer sur le G.U.D. pour contrer les amis de Bruno Mégret au sein du R.E. et du F.N.J. Le G.U.D. obtient de pouvoir participer à la fête des Bleu-Blanc-Rouge et enchaîne… en rejoignant les mégretistes ; il forme leur service d’ordre (1997) afin de protéger cette aile du service d’ordre du parti, le Département Protection Sécurité29. Les gudards participent ainsi à tous les conflits internes à l’extrême droite sans hésiter à changer plusieurs fois de camp. Ainsi eux qui avaient rossé plusieurs membres de Nouvelle Résistance, dont l’un de ses dirigeants, en considérant qu’ainsi ils « cassent du gauchiste » rejoignent les débris de Nouvelle Résistance pour former Unité Radicale…30

En effet, le G.U.D. est le seul groupe à répondre positivement à l’appel unitaire donnant naissance à Unité Radicale. Cet accord a surtout une valeur symbolique : le G.U.D. est alors plus que jamais un groupe plus ou moins fantôme, mais dont le nom représente une « légende » (pour les militants nationalistes, pour les media, pour les gauchistes qui, à l’énoncé de ce nom, voient surgir les barres de fer). Par quelques violences, il refait parler de lui dans les media lors du lancement d’U.R., reprenant sa tactique coutumière de provocations publicitaires. Cela redémontre comment, pour le développement d’un mouvement nationaliste, la violence est nécessaire pour amorcer la pompe de sa renommée, d’où la nécessité impérative de toujours prendre le contrôle de l’étiquette G.U.D. U.R. le montre bien, qui expose que la presse relaye presque à coup sûr les violences du groupe, lui assurant une judicieuse publicité31.

Cela pose toutefois des problèmes révélateurs : a) l’organisation se plaint que ses militants se revendiquent du G.U.D. plutôt que d’elle32 ; b) la violence attire les personnes posant des problèmes pour l’action politique structurante : on ne peut considérer comme un simple hasard le fait que Maxime Brunerie décide, parmi les trois affiliations existant officiellement au sein d’U.R., de rejoindre le G.U.D. ; il n’est en rien étudiant, mais bel et bien soucieux de correspondre à une imagerie activiste. Dans le même esprit, le skinzine Jeune Résistance devient un temps l’organe du G.U.D. et il y use d’un slogan typique : « La barre de fer comme moyen d’expression ». Mais toutes les violences dont on s’y flatte ont un point commun : elles frappent des adversaires désarmés. La violence du premier G.U.D. s’exerçait contre des militants aguerris, organisés, pour le moins aussi violents que les néo-fascistes. Désormais il s’agit de personnes qui n’ont aucun rapport avec la violence physique. La violence dont se flatte U.R. est d’un apport nul dans le domaine du combat politique et ne sert qu’à surjouer l’image du « méchant » : universitaire réputé de gauche frappé au visage par le casque de moto qui couvre le visage de l’attaquant ; attaque de l’écrivain libertaire Maurice Rasjfus par « trois courageux jeunes gens » dont la somme des âges ne fait peut-être pas celle de l’agressé ; Noir marchant dans la rue qui se fait poignarder à la sortie du restaurant où se fêtaient les trente ans du G.U.D. (après destruction du lieu et passage à tabac de son propriétaire) ; attaque armée de vendeurs de journaux Ras l’Front sur un marché, barres de fer contre feuilles de papier ; apologie du colleur d’affiches du F.N. dont le courage révolutionnaire a consisté à tirer une balle dans le dos d’un Noir de 14 ans… On ne trouve en revanche aucune trace d’un affrontement avec des activistes redskins ou sionistes.

C’est là le signe d’une profonde déconstruction politique, les jeunes nationalistes croyant s’inscrire dans un légendaire de combat quand leur attitude ne renvoie en miroir qu’à celle des délinquants qu’ils conspuent. Cependant, le redéveloppement militant paraît avoir permis un réépanouissement politique ; alors qu’U.R. vire à droite vers des positions plus identitaristes, völkisch, que NR, le G.U.D., toujours contradictoire, connaît son propre chemin.

Conforme à sa tradition, le G.U.D. décide de lancer un nouvel organe qui lui soit propre, Jusqu’à nouvel ordre (1999), et il refuse de faire preuve du même enthousiasme philo-mégretiste que la direction d’U.R. suite à la partition du F.N. (décembre 1998-janvier 1999) en en un lapidaire slogan : « ni œil de verre ni talonnettes ». Trente ans plus tôt, Jusqu’à Nouvel ordre aurait fait hurler le rat noir à la trahison de l’Occident. « Il n’y a qu’un ennemi de l’Europe, les Etats-Unis, et tous les autres fléaux qui nous touchent – mondialisme, libéralisme, immigration – ne sont que les outils de sa domination » lit-on dans l’éditorial. Le dossier sur « la trahison des nationalistes » s’achève en considérant que « le Dr Goebbels disait au soir de sa vie « Avec les Russes nous perdrons notre liberté, avec les Américains nous perdrons notre âme ». Mais le climat n’était pas favorable aux adages berlinois… (…) L’anti-islamisme n’est qu’un paravent de la soumission au lobby. [Que les membres de l’extrême droite] comprennent que ce qu’est le sort des Palestiniens aujourd’hui sera demain le nôtre si la mainmise sioniste sur l’Europe, à l’extension de laquelle ils contribuent par leur soutien à Israël, se faisait totale. Qu’ils comprennent que la Cisjordanie est le banc d’essai de la mondialisation sous direction américano-sioniste. Voulons-nous être les Palestiniens de l’Europe ? »33. Le G.U.D. conserve néanmoins ses ambiguïtés quant à la réaction. Au premier mai 2000, c’est le F.N. qui lui refuse de défiler avec lui. Un an plus tard, le D.P.S. et le G.U.D. chargent conjointement à Nice les manifestants contre la mondialisation suite aux insultes qu’ils auraient adressées au cortège F.N.34

U.R. met en place une séparation fonctionnelle, employant le sigle G.U.D. pour les actions violentes et de celui d’U.D.E.N. (Union Des Etudiants Nationalistes) pour ses sections estudiantines officielles ; derrière cette stratégie semble pouvoir s’être dissimulée une volonté d’encadrer le G.U.D.-Paris au sein d’un mouvement comptant des sections provinciales moins animées de pulsions autonomistes. Lors du conseil national d’U.R. du 18 décembre 2002, la tension est manifeste, puisqu’il est précisé que l’appellation G.U.D. appartient à UR et que les velléités d’indépendance de sections du G.U.D. seront sanctionnées par leur dissolution35. In fine, le G.U.D. reprend sa liberté, est las du mégretisme d’U.R., « en a ras-le-keffieh des sionisteries des uns et surtout des autres, et décrète que ça a assez duré »36. En somme, U.R. prend une leçon de nationalisme-révolutionnaire de la part du G.U.D., qui en assène une autre dans le même élan à Guillaume Faye sur l’art d’appliquer le principe schmittien du politique et de procéder à une analyse sociologique… Lui pour qui Alexandre del Valle avait fait des conférences de formation, le désigne désormais comme un agent sioniste infiltré37. Le G.U.D. redisparaît et si certes des velléités existent de la faire renaître encore une fois, la page est bien tournée38.

Conclusion

Peut-on produire des conclusions politiques de l’histoire si chaotique de cette organisation ? La chose est délicate de par l’absence de continuité organique, militante, idéologique. L’absence absolue d’ordre et de doctrine très typique de l’extrême droite française est ici menée à son summum. Celle-ci même fait bien sûr sens, et il est patent que le G.U.D. peut-être vu comme un symptôme de la postmodernité. C’est ce qui fait son ambiguïté heuristique et le fait s’échapper aux analyses taxinomiques, ce qui n’est pas pour déplaire à un rat noir avide de défendre son individualité. Pour appréhender le G.U.D. l’un de ses responsables m’ exposait qu’il ne faut pas le voir « comme si c’était un parti politique sérieux avec son programme et son idéologie (…). Les Rats Noirs c’est juste une bande de potes motivée plus par l’action que par les idées exprimées en petit 1 et petit a. Le spectre idéologique des militants va facilement des royco bon teint aux NS plus NS que Degrelle, en passant par les tercéristes, cathos tradi, lepénistes, NR etc.39. Le propos paraît fort juste et offrir plus de clefs pour comprendre le phénomène qu’effectivement la mise en classification politologique.

Mais ces convulsions sont aussi un fil d’Ariane pour comprendre les transformations du nationalisme. A chaque fois, l’ennemi que se choisit le G.U.D. est révélateur de sa décennie. Un de ses militants, par ses propos, illustre parfaitement également l’autre face de cette question : l’importance du regard antagoniste, lorsqu’il déclare : « à force de s’entendre traiter de nazillons par des gens que l’on hait ou que l’on méprise, on finit par se dire qu’au fond, après tout… »40. En somme, en politique, choisir ce que l’on hait est souvent le premier pas pour désigner ce que l’on est. Le fait que la gauche ait fait du G.U.D. un mythe explique bien plus sa survivance que les qualités d’organisation des gudards. Le problème du G.U.D. est de s’être survécu. Son mode d’action n’avait de sens que dans les années 1970, face à la violence gauchiste. Avoir survécu à son auto-dissolution revenait à jouer à la politique dans la caverne des ombres, et était juste promis à mobiliser un mythe. Cependant, tenir éveillés des mythes vitalistes au sein d’une ère matérialiste n’est-ce pas précisément ce à quoi aspirent les néo-fascistes ?

Notes

1 François Duprat , Le Néo-fascisme en France en 1973, Cahiers Européens, Supplément à la Revue d’Histoire du fascisme, septembre 1975, p.8 ; Christophe. Bourseiller, Les Maoïstes, Plon, Paris, 1996, p.117.

2Devenir, été 2000.

3Courroie de transmission post-68 du Service d’Action Civique dans les universités, puis du Rassemblement Pour la République, lié à la World Anti-Communist League, ce syndicat d’ultra-droite a bénéficié d’un financement du gouvernement étasunien (révélation faite dans Libération, 27 novembre 1985). .En 1986, puis en 1987 rejoint par le F.N.J, il a matraqué des étudiants de gauche de concert avec le G.U.D. (R. Griffin, « Net gains and G.U.D. reactions : patterns of prejudice in a neo-fascist groupuscule», 1999, p.36). En 2010, l’Union pour une Majorité Populaire a décidé de le dissoudre au sein d’un nouveau mouvement étudiant.

4 Rouge, 21 mars 1978. Le texte de l’organe de la Ligue Communiste Révolutionnaire parle de coordination étudiante. Etant donné ce mouvement, et ce front uni gudards-maoïstes, on peut se demander si ces derniers n’ont pas attaqué une de ces pseudo-coordinations noyautées par la L.C.R.

5Philippe Campinchi, Les Lambertistes, Balland, Paris, 2000, pp.182-183.

6 Le Matin, 17 décembre 1980 ; Les Rats maudits, pp.93-94 et J-G. Malliarakis, « Nanterre, symbole du système pourri », Jeune Nation solidariste, décembre 1980. Il semble en fait qu’il s’agisse bien d’une « descente » mais que les nationalistes soient mauvais joueurs et ne veuillent tout simplement pas reconnaître qu’ils ont perdu la bataille.

7 Le Quotidien de Paris, 22 août 1981

8 Les Rats maudits. Histoire des étudiants nationalistes 1965-1995, Editions des Monts d’Arrée, Paris, 1995, p. 97 et pp.106-108. Cet ouvrage est une autobiographie du mouvement réalisé par ses principaux cadres.

9Jeune Nation solidariste, octobre 1984.

10 Les Rats maudits, 1995, p.121.

11 Le Canard enchaîné, 25 janvier 1984.

12 Article 31, mai 1989 ; Jean-Yves Camus et René Monzat, Les Droites nationales et radicales en France, P.U.L., Lyon, 1992, p.15. L’adjectif « blanche » est une référence monarchique, non raciale.

13 Jeune Nation solidariste, juillet-août 1984. Durant ces manifestations, les nationalistes ont joué le rôle de troupes de choc de la droite.

14 Ludovic Piquemal, Groupuscules et mouvements d’extrême droite hors Front National dans les Pyrénées-Orientales 1984-2003, master d’histoire, Université de Perpignan, 2003, pp.46-48.

15 M.N.R. Bulletin de liaison, 23 février 1985 (document interne – qui nous paraît bien témoigner que la J.G. est l’affaire du M.N.R. et l’annonce de la fusion l’été précédent une tentative de forcer la main à un processus unitaire).

16Libération, 11 novembre 1985.

17 Compte-rendu du C.N. des 14-15 septembre 1985 (document interne).

18 G.U.D.-Jeune garde Infos, avril 1986 ; idem, juillet 1986 (documents internes). (L. Piquemal, 2003, pp.78-79).

19 M.N.R. Informations, 19 avril 1985 (document interne).

20 Informations NR, janvier 1986, note un foisonnement de groupes J.G. créés sur la base de départs du F.N.J : la perspective paraît bien celle de militants voulant rejoindre les champions du combat anti-gauches, non de personnes rejoignant un combat révolutionnaire (document interne).

21 TV Bulletin bimensuel d’information, 10 janvier 1987 (document interne).

22 S.G. .T.V, pochette de documents préparatoires au C.N. du 8 mai 1988 (documents internes).

23M.N.R. Bulletin de liaison, 12 décembre 1984 ; idem, 23 janvier 1985 (documents internes). La version allemande de J’avais un camarade était un chant fétiche de la Waffen S.S.

24Les Rats maudits, 1995, pp.117-125 ; Eric Rossi, Jeunesse française des années 80-90 : la tentation néo-fasciste, L.G.D.J., Paris, 1995, p.202). La scission est annoncée dans TV Inspection Régionale, 23 mai 1988 (document interne), qui tente de la minorer en la qualifiant de scission de la section d’Assas – mais Assas c’est le G.U.D.…

25 Rouge, 11 mars 1993.

26 Cf. Les Rats maudits, 1995, pp.129-131.

27Le soutien aux Croates des nationaux-catholiques est, comme celui de J-M. Le Pen, assis sur la dénonciation des « serbo-communistes », là où les NR placent leur soutien sous la bannière du socialisme croate. C’est, quelque soit le champ politique, un grand avantage des débats de politique étrangère : on y voit ce que l’on veut en voir.

28Eric Rossi, 1995, p.204 et 311 ; Le Monde, 2 décembre 1993 ; Bêtes et méchants. Petite histoire des jeunes fascistes français, Reflex, Paris, 2002, p.63. La radicalité du R.E. mène à ce que J-M. Le Pen vienne lui-même expliquer à son congrès de 1995 que le F.N. n’accepte pas les saluts nazis et autres folklores.

29Renaud Dély, Histoire Secrète du Front National, Grasset, Paris,1999, p.184.

30 Lutte du peuple, avril 1993.

31 La Lettre du Réseau, novembre-décembre 1998 (document interne).

32 Réflexions sur le développement d’UR, s.d (document interne).

33Jusqu’à Nouvel ordre, 1[5], 2002 .

34Jeune Résistance, printemps 2001.

35 « Motions administratives adoptées par le Conseil national de Bourges d’U.R. », La Lettre du Réseau, décembre 2001 (document interne).

36 Jusqu’à Nouvel ordre, n°1 [5], 2002. On voit l’évolution : c’est au nom de la fidélité NR (et de son autonomie sacrée) que le G.U.D. rompt avec U.R, ce qui inverse les anciens rapports. Le ton du journal reste très « gudard » mais il habille de ce style des dossiers de fond..

37Le G.U.D. évoque les conférences d’A. del Valle et G. Faye dans « Formation d’abord ! », Jusqu’à Nouvel ordre, hiver 1999-2000 – numéro où on trouve par ailleurs une interview de G. Faye à propos de la Colonisation de l’Europe : malgré la présentation dithyrambique, le jeu des questions-réponses ne cache pas que pour le G.U.D. l’ennemi reste le lobby juif américain, là où G. Faye explique que « pour moi, l’adversaire ce sont les Etats-Unis d’Amérique, intimement liés à l’Islam au plan mondial (…) on l’a vu au Kosovo avec la mise en place comme en Bosnie d’un Etat islamique en plein cœur de l’Europe. (…) Les USA sont des adversaires ; l’Islam et les peuples du Tiers-monde qui nous colonisent sont l’ennemi »). On note avec étonnement sur l’évolution du G.U.D. qu’il est un des rares à l’extrême droite à avoir produit un texte sur le Kosovo le resituant dans l’histoire de la Yougoslavie avant que d’exposer cette analyse (idem, automne 1999).

38Cf. cet article de l’excellent blog Droite(s) extrême(s).

39 E-mail d’un responsable du G.U.D., 2003.

40 Cité in Bernard Brigouleix, L’Extrême droite en France. Les « Fachos », Fayolle, Paris, 1977, p.188.

1 Comment on L’Odyssée des Rats noirs : voyage au coeur du GUD

  1. tempspresents // 22 juin 2010 à 11:01 //

    Pour compléter cet article en ce qui concerne le revival 2010 du G.U.D. on pourra consulter cet article des Inrocks (qui suggère d’ailleurs cordialement l’article ci-dessus) et cette entrée du blog du Monde dédié aux extrêmes droites.

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