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Parution : Se battre pour ses idées

Se battre pour ses idées. La violence militante en France des années 1920 aux années 1970, Michel Audigier et Pascal Girard dir., Riveneuve, Paris, 2011, 246p.

Présentation de l'éditeur : Même si on excepte l’Occupation, l’histoire de France au XXe siècle reste jalonnée d’épisodes de violence militante parfois spectaculaires qui ont pu avoir de lourdes répercussions sur la vie politique nationale : émeute du 6 février 1934, grèves «insurrectionnelles» de 1947-1948, manifestation Ridgway de 1952, « journée des tomates » du 6 février 1956, soulèvement du 13 mai 1958, massacre de Charonne en 1962 et bien entendu barricades de mai 68.

Même si cette tension n’atteint pas les pics révolutionnaires du siècle précédent (du Printemps des Peuples à la Commune), elle est remarquable par son ampleur, sa fréquence et son intensité. Ligueurs des années 30, communistes et gaullistes de la Guerre froide, poujadistes, nationalistes OAS puis gauchistes, beaucoup se sont « battus pour leurs idées » au sens propre de l’expression, c’est-à-dire à coup de poings, de cannes-épées et de matraques, voir de grenades et de revolvers. Le terme « militant » n’est-il d’ailleurs pas issu du vocable latin « milites » qui renvoie au soldat ? La politique semble bien parfois être le prolongement de la guerre par d’autres moyens…

Pour autant, en France, si la violence constitue un objet d’étude déjà bien défriché par les politologues, le thème est encore peu exploré en histoire politique. D’où l’intérêt de cet ouvrage collectif qui fait le point sur ce sujet passionnant au travers d’études de cas originales. L’enquête aborde tous les acteurs de cette violence (militants, service d’ordre, policiers) et pose la question des raisons et origines d’un tel niveau de radicalité (modèle révolutionnaire hérité, brutalisation des sociétés par la violence de guerre, influence d’un cadre de propagande archaïque et accidentogène). On y découvre que ce phénomène a été non seulement plus important et persistant qu’on le pense (débordant les seules formations extrémistes) mais qu’il a été aussi longtemps valorisé par les états-majors de parti et l’opinion considérant la violence comme la forme ultime de l’engagement et de la conviction politique. Il est certain que le lent reflux de cette tension autant physique que verbale, entre les années 1920 et les années 1970, constitue une des formes de la modernisation de la vie politique française.

Table des matières :

François Audigier et Pascal Girard – Introduction
Sylvain Boulouque – Les cadres communistes et la violence : expériences de formation et pratique politique (1920-1939)
Jean Philippet – Maurras et les maurrassiens ou la violence considérée comme l’un des beaux-arts
Jean Philippet –Ultima ratio regis la « Cagoule » : un mouvement terroriste d’extrême droite
Aude Chamouard – Les maires socialistes face aux violences militantes l’exemple de Toulouse (1919-1939)
Gilles Morin – Lorsque les ligues sont victimes des violences de la gauche : les incidents de la salle Franklin, à Bordeaux, le 7 décembre 1931
Pascal Girard – La violence militante communiste à l’apogée de la guerre froide, 1947-1953
Anne-Laure Ollivier – Violences socialistes à Marseille entre guerre froide et décolonisation
Nathalie Pistre – Les poujadistes et la violence politique
Édouard Lynch – La violence paysanne : entre construction identitaire et réalité militante (1930-1970)
François Audigier – Évolution de la violence militante en France de 1958 à 1967 et gestion partidaire de cette violence, le cas gaulliste
Olivier Dard -La violence des activistes en Algérie (1955-1962)
Alexis Vrignon -Écologie, lutte antinucléaire et rapport à la violence dans les années 70
Jean El Gammal -Violence verbale et champ politique des années 1920 aux années 1960
Olivier Dard – Conclusions

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