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Jo Cox et l’ombre de Mosley

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Drapeau de la British Union of Fascists d’Oswald Mosley

Par Nicolas Lebourg

De Thomas Mair, l’assassin présumé de la députée travailliste britannique Jo Cox, on ne sait pour l’instant que quelques détails. Il serait membre de la National Alliance et aurait crié «Britain First» («la Grande-Bretagne d’abord») en commettant son crime. Ces deux éléments nécessitent en fait, déjà, d’être explicités, tant ils sont porteurs de sens.

Le mode opératoire et l’appartenance à la National Alliance font sens ensemble.

En 1969, les néonazis américains Joseph Tommasi et William Pierce fondent le National Socialist Liberation Front dans l’espoir de fusionner un néonazisme mystique avec la contre-culture et d’opérer la jonction avec les révolutionnaires de gauche (leurs homologues européens tentant la même chose à la même période). En 1971, Pierce prend la tête de la National Alliance, fraîchement fondée par des jeunes qui ont participé à la campagne présidentielle de George Wallace en 1968, ce candidat raciste ayant obtenu 13,5% des voix, soit le plus fort score depuis 44 ans d’un candidat indépendant des deux grands partis américains.

La perspective contre-culturelle explique le logotype de la National Alliance: une rune utilisée par certains SS pour signifier la naissance et la vie. Sur le plan doctrinal, la National Alliance se réfère à l’américain Francis-Parker Yockey, un des théoriciens du nationalisme européen après 1948. Pour lui, l’Europe est une communauté de destin davantage basée sur la culture que sur la race, mais cette culture des peuples blancs serait détruite par le complot juif derrière tant les États-Unis que l’URSS. Il s’agit de libérer le sol et l’esprit européen du judaïsme pour édifier une société organique reposant sur l’équivalence de la culture, de la race et de l’État. Cette Europe unie doit recouvrir un territoire allant du Cap Nord à Gibraltar, de l’Irlande à la Lituanie. La création de l’État d’Israël radicalise Yockey, qui estime que les néofascistes ont pour alliée une Union soviétique seule à même de briser le contrôle judéo-israélien de l’Occident. Cette représentation s’est rapidement diffusée dans les milieux néonazis américains.

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