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Outing et politique

Spanish-Artist-Classical-paintings-Characters-removed-Hidden-Spaces-Jose-Ballester-9Par Nicolas Lebourg

En 36 heures, trois informations se sont télescopées à propos des gays et de la droitisation: la condamnation d’Eva Joly pour diffamation à l’encontre de Christian Vanneste, le ralliement au Front national de Sébastien Chenu, ex-cadre gay de l’UMP, et la publication par Closer de photographies de Florian Philippot avec son compagnon. Il s’agit, certes, d’un hasard. Mais les hasards peuvent être significatifs.

Le traitement des questions qui joignent l’intime et le politique est délicat. Avec Joseph Beauregard, nous avions estimé que l’on ne pouvait faire l’impasse sur une question qui agitait le parti. Néanmoins, nous avions choisi de ne citer aucun nom de ces responsables frontistes gays, en privilégiant l’analyse des tensions internes –nous expliquions ainsi que le départ du cadre historique Roger Holeindre s’expliquait par son refus de voir des cadres gays au sein de la direction du FN. Nous traitions d’une question politique, non de l’intimité des personnes.

Ce qui est intéressant dans la proportion des gays au sein du FN, c’est que, contrairement aux clichés, elle ne signifie pas une opposition entre anciens et modernes. Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen ne sont pas homophobes. Nombre de cadres frontistes qui s’agaçaient de ce qu’ils percevaient comme un «lobby gay» au FN ne le faisaient pas pour des raisons de jugement moral quant à la sexualité, mais parce qu’ils estimaient que se constituaient des réseaux communautaires au sein d’un parti dénonçant les communautarismes et considéraient qu’une tentative d’accaparement de sa présidente était en cours.

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