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Transmettre l’histoire des marges

Source inconnue

Par Stéphane François

Pour un grand nombre de personnes, universitaires ou non, les contre-cultures, ou plus généralement les marges, sont perçues comme inintéressantes, voire comme un sujet futile. Pourtant, lorsque nous y regardons de plus près, on aperçoit plusieurs choses : un monde foisonnant, novateur, aux excroissances riches. Surtout, ces marges, quoiqu’en disent les esprits chagrins (« les petits messieurs en noir » de Nietzsche), influent sur les sociétés. Nous avons insisté plusieurs fois sur ces points, en y consacrant des articles et des livres. Nous nous sommes plongé, dans le cadre d’une démarche quasi ethnologique, durant plusieurs années et au gré de la curiosité, dans les marges de nos sociétés occidentales, étudiant, décortiquant, les thèses des théoriciens les plus marginaux, des maîtres à penser de la radicalité, des complotistes de tout ordre, des écologistes radicaux et mystiques, des ufologues les plus extrêmes, des théosophes et des néo-païens, et surtout des mondes de la contre-culture…

L’intérêt pour les subcultures date de notre adolescence : à l’époque, nous avons découvert pêle-mêle tout ce qui nous passionne encore aujourd’hui : les musiques expérimentales, le cinéma « bis » (ou de « genre »), l’ésotérisme, les bandes-dessinées, les « mystères de l’histoire », les ovnis, etc. C’est donc à cette époque que nous avons commencé à accumuler des matériaux. L’intérêt pour les contre-cultures de droite est venu après, à l’université, lorsque nous avons eu les clés pour comprendre ce à quoi nous avions à faire, en particulier à la vision du monde qui était sous-jacente à ces marges politiques.

Depuis une quinzaine d’années, nous nous sommes donc attaché aussi bien à analyser les concepts qui irriguent les idéologies et les courants de pensée marginaux (la « Tradition », l’écologie) que leurs manifestations plus concrètes, expression de la postmodernité. Nous avons d’ailleurs un projet de livre sur la question, qui ne s’est pas concrétisé jusqu’à présent. Par contre, Nous n’avions jamais expliqué notre intérêt à transmettre l’histoire de ces marges. Nous proposons de le faire ici.

Qu’est-ce que les contre-cultures ?

Le terme « subculture » renvoie chez nous (mais aussi chez beaucoup d’autres) à l’idée de sous-culture[1], à comprendre dans le sens de culture minoritaire, produites par les marges, les périphéries, de la société. Comme l’expression « sous-culture » est connotée péjorativement en France (le préfixe « sous » renvoyant à l’idée de moindre qualité), nous avons préféré utiliser le terme anglo-saxon, qui n’a pas cette connotation négative. Nous renvoyons par exemple aux études de Ken Gelder[2] ou de Chris Jenks[3]. Au-delà de cette querelle sémantique, nous entendons par « subculture » des modes d’existence minoritaires (et leurs valeurs) qui participent explicitement à un désir de subversion des valeurs établies. En ce sens, ce terme est synonyme d’underground[4]. Ce dernier peut être défini de la façon suivante : il s’agit d’un mode de vie en marge des valeurs dominantes de la société, le « mainstream »[5], qui se manifeste par l’élaboration de ses propres règles à la fois de vie et intellectuelle/culturelle. Il se manifeste également par une radicalité politique (engagement ou désengagement radical)[6] et/ou artistique associé à un très bon niveau culturel (autodidacte ou non) et à une volonté de subvertir[7]. Il comprend enfin l’idée d’interdit, de non autorisé. Il s’agit d’un système déviant, au sens donné à cette expression par Howard Becker[8]. Ce dernier définissait la déviance par l’écart, l’isolement, l’exclusion (dans le cas présent l’auto-exclusion), l’anormalité, l’inadaptation, l’asociabilité, l’anomie, la différence, l’étrangeté, la dissidence, la désobéissance, l’infraction, l’illégalisme, la stigmatisation, l’étiquetage, etc. Nous sommes donc face à des contre-modèles de civilisations ou de cultures ayant leur grille d’interprétation et d’entendement du monde…

Cette définition de la subculture la met hors du champ politique. En effet, l’une des erreurs communes est de croire que les subcultures sont forcément de gauche ou d’extrême gauche. C’est une méconnaissance des avant-gardes et des premières alternatives : certains Futuristes ont participé à la naissance et à la théorisation du fascisme ; Evola a été à un moment attiré par le dadaïsme[9]… Howard Philipps Lovecraft[10] ou Robert E. Howard (le créateur de Conan le Barbare) n’étaient pas vraiment des personnes de gauche…. Tolkien était un catholique très conservateur. Parmi les premiers alternatifs allemands, il y avait une tendance d’extrême droite[11]. Les hippies des années 1970 avaient pour maître à penser des penseurs réactionnaires (Guénon) ou ayant flirté avec le fascisme (Eliade, Evola)[12]. Nous pourrions multiplier les exemples… Les subcultures ne sont pas d’extrême gauche ou d’extrême droite. Elles sont ce que ses acteurs en font.

Ceci dit, les subcultures, par leur mode radical de vie, sont des milieux forcément marginaux et extrémistes. Comme elles veulent changer la société en profondeur, avec des projets de vie allant à l’encontre des valeurs dominantes, elles ne peuvent se trouver que dans les marges de la société, mais elles sont aussi de véritables laboratoires des évolutions sociales, sociétales et culturelles à venir… De ce fait, il est fortement improbable d’espérer voir apparaître un jour une contre-culture centriste. Par contre, certains réseaux contre-culturels sont démocratiques, expérimentant la démocratie directe, appliquant des modes de vie libertaire : la radicalité n’empêche pas la démocratie, qu’elle soit interne (propre au groupe) ou externe (du groupe vers la société ou vers d’autres groupes contre-culturels).

L’idée d’une contre-culture, c’est-à-dire d’une culture alternative à la culture dominante, nait à la fin des années 1950, et surtout dans les années 1960, dans les campus américains[13]. Elle a disparu vers 1975[14]. Le terme contre-culture a été inventé par l’historien Theodor Roszak pour définir l’agitation sociale et politique dont il était le témoin[15]. D’abord cantonnée aux campus américains, elle s’est ensuite diffusée dans le monde occidental. L’expression « contre-culture » est régulièrement utilisée pour désigner différentes pratiques contestataires, sens qui est la sienne aujourd’hui. Elle est distincte des avant-gardes culturelles et artistiques, bien qu’elle s’en inspire et qu’elle ait des points communs. Comme l’écrit Frédéric Rondeau, « Alors que ce second type de mouvement présente un programme et publie souvent un manifeste, la contre-culture est un phénomène culturel moins organisé, plus diffus. De même, si l’avant-garde témoigne d’une “volonté d’être en avance sur son temps” (Compagnon, p.48[16]), la contre-culture entretient un rapport étroit au présent et cherche à offrir une alternative globale afin de répondre aux problèmes de son époque »[17].

Elle est distincte également des mouvements religieux millénaristes du Moyen Âge, bien qu’elle en partage les aspects utopiques. En fait, elle synthétise les différents aspects des unes et des autres : les expérimentations artistiques et festives des premières et le mysticisme utopique des secondes, dans un mouvement qui, s’il reste minoritaire, concerne une population plus large que les deux réunis[18]. La contre-culture est intrinsèquement liée au mouvement hippie[19]. Par la suite, en se complexifiant, la contre-culture est devenue multiple, polymorphe, mais toujours subversive[20]. Ces subcultures sont donc des univers aux aspects multiples : elles mêlent littératures, arts, ésotérismes[21], sexualités, projets politiques[22] ou sociétaux, etc.

Ces milieux sont par nature des milieux ouverts s’enrichissant des apports extérieurs ; ce ne sont pas des milieux fermés sur eux-mêmes : il existe des va-et-vient permanents, culturels et intellectuels, entre ceux-ci et les autres segments de la société. Les valeurs de l’un peuvent féconder un autre et revenir modifiées, fécondant en retour leur segment contre-culturel d’origine.

Parfois, la subculture peut tendre à devenir une « supraculture », c’est-à-dire à devenir « mainstream ». Ce fut le cas avec le mouvement hippie : l’esthétique fut réutilisée par les médias et la publicité ; les valeurs pacifistes et écologistes se diffusèrent, les sociétés occidentales trouvèrent des intérêts pour les nouvelles spiritualités[23] et l’irrationnel, etc. Tout le monde se disait hippie… Cette subculture s’est essoufflée et fut remplacée par celle du punk. Qui elle-même fut exploitée sans limite et disparue rapidement… À chaque fois qu’une subculture devient mainstream, une autre, plus radicale, plus underground, apparaît. C’est un jeu sans fin. Dans chaque cas, ces contre-cultures continuèrent d’exister, grâce à des acteurs radicaux, puristes. Entre la fin des années 1970 et le milieu des années 1980, la culture devint multiple. Aujourd’hui, elle tend à retrouver une unité, notamment au travers des thèmes écologistes.

Pourquoi les étudier ? Une anthropologie du temps présent

L’étude des marges, que nous appelons « hétérodoxies » dans plusieurs travaux, du fait de leur complexité et leur aspect hors-norme, implique une approche pluridisciplinaire. En effet, les subcultures doivent être vues comme des milieux « passerelles », des non-lieux symboliques[24], établissant un lien entre à la fois différentes cultures marginales, la culture « mainstream » et les idéologies. Nos différents travaux sur ces questions ont montré que ces subcultures sont des mouvances, des nébuleuses, aux délimitations parfois très floues, mais qui, paradoxalement, sont facilement identifiables. Surtout, il existe un mépris de la part des universitaires français pour les études de ce type[25].

Pour étudier ces milieux, nous avons élaboré une approche quasiment d’ethnologue : nous participons, nous observons, mais en ayant une partie de nous-même qui se distancie. Surtout, quand nous travaillons sur l’un de ces domaines (ou un nouvel objet), nous mettons de côté nos a priori pour éviter les conflits d’intérêts, les biais cognitifs et préserver la neutralité axiologique[26] de nos recherches. En effet, ces sujets sont passionnants, mais s’il y a de la complaisance, l’observateur ne fait plus un travail scientifique mais une réflexion militante, qu’il faut à tout pris éviter… Il faut donc un regard à la fois empathique et critique. Empathique, pour des raisons évidentes : il faut un minimum d’empathie pour comprendre ce qui est à l’œuvre dans ces contre-cultures ; critique, car nous sommes circonspect, voire sceptique, vis-à-vis de certaines d’entre-elles, surtout celles aux contenus fortement irrationnels. Il faut, surtout, savoir garder une attitude rationnelle[27].

Nos travaux ont montré l’existence d’une culture riche et complexe, même si elle peut sembler hétérodoxe (ou étrange) au premier regard. Il s’agit donc de s’immerger dans celle-ci pour comprendre les modes de pensée, les schèmes conceptuels à l’œuvre dans ces milieux et de mettre au point une approche qui permette de décrypter ces marges. Pour en comprendre certains aspects, nous avons dû nous pencher sur leur conception alternative du monde, sur leur « cosmologie », pour reprendre un terme d’anthropologie, qui se présente sous formes de discours ou sous forme de dispositifs symboliques. Nous nous sommes rapidement trouvé face à un monde inconnu, des plus passionnants pour le chercheur qui ose y pénétrer.

L’étude des marges a un intérêt pour le chercheur. Ce sont des laboratoires politiques et sociaux qui participent aux évolutions de nos sociétés ultramodernes. Ces marges doivent être vues comme des réactions à la tendance à homogénéiser du rationalisme issu des Lumières. L’étude des marges participent donc à une forme d’anthropologie des temps présents. De ce fait, les contre-cultures sont importantes pour le chercheur en sciences humaines, car elles offrent une vision et des modèles alternatifs de vie qui, généralement, anticipent les évolutions majeures des sociétés occidentales, tant sur le plan politique, sociétal que spirituel. Ainsi, l’analyse de ces milieux est essentielle pour la compréhension des spiritualités à venir : le néopaganisme, la néosorcellerie qui plaisent tant aux adolescents occidentaux furent pendant longtemps des pratiques marginales, nées à la fin du xviiie siècle pour le premier ; les années 1930 pour la seconde…

Les contre-cultures sont également des laboratoires et des champs d’expérimentation, à la fois esthétique (il suffit de se rappeler les origines des piercings), sociales (homoparentalité) ou scientifiques (les réalités virtuelles). Par contre, nous ne pensons pas que nos sociétés hypermodernes recyclent les aspects les plus utiles des marges : quelle est l’utilité du piercing ? Ce n’est qu’une pratique esthétique… Nous pensons au contraire qu’il ne faut pas aborder ces contre-cultures en fonction de leur utilité, mais plutôt en fonction de leur capacité à se diffuser, de manière virale. Les pratiques sociales contre-culturelles sont l’une des manifestations de la complexité du social et de des expériences multiples du quotidien qui caractérisent notre époque. Nous devons donc les étudier en tant que telles. Un anthropologue social, Dan Sperber[28], estimait que les idées, mais il en est de même avec les pratiques sociales, se diffusaient comme des virus : certaines se diffusent beaucoup, d’autre non. La grande question, à notre avis, concernant les contre-cultures, c’est : pourquoi ?

Nous touchons ici à un autre point important de l’étude des contre-cultures : non seulement elles influencent la culture « mainstream », mais cette dernière « digère » la subversion des premières. Nous l’avons vu avec les hippies ; cela a été aussi le cas avec le mouvement punk, en particulier son esthétique assez particulière, puis avec le rap. Dans un premier temps, les contre-cultures font peur. Puis, une partie de cette radicalité est digérée, assimilée par la publicité et la culture populaire. Elle se banalise alors et la culture « mainstream » en assimile une autre… En effet, l’étude des marges s’inscrit dans le cadre de ce que les sociologues et anthropologues anglo-saxons appellent les rejected knowledges, les « savoirs rejetés »[29], c’est-à-dire l’analyse de formes de savoirs, non reconnus par les savoirs officiels, mais qui n’en sont pas moins des éléments constitutifs de la culture populaire.

La question importante pour les chercheurs est de comprendre comment sont « choisis » les éléments assimilés. Les sciences humaines sont nécessaires à cette compréhension. L’étude de ces contre-cultures s’inscrit dans une démarche prospective plus large : elle permet l’anticipation des évolutions sociales et politiques à venir. En ce sens, il s’agit de participer à la compréhension d’un monde qui change, c’est-à-dire à une anthropologie des temps présents. Enfin, l’étude de ces contre-cultures s’inscrit aussi dans le cadre de l’histoire des idées, plus précisément, dans celle des évolutions des idées pré-existantes : les idées nouvelles ne sortent pas du néant. En effet, comme l’écrit Wiktor Stoczkowski :

 « Les idées nouvelles, comme toutes les créations culturelles, n’émergent pas du néant ; elles se nourrissent de l’ancien, en se construisant à partir des bribes du passé soumises aux mécanismes qui, sans être déterministes, sont loin d’être chaotiques et impénétrables. À chaque moment historique, le passé offre aux hommes un vaste répertoire de matériaux à partir desquels ils peuvent échafauder leurs œuvres, en transformant, en combinant et en assemblant des éléments que la tradition laisse à leur portée. »[30]

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Depuis que nous avons commencé à travailler sur ces sujets, nous avons acquis une légitimité et une reconnaissance des étudiants et de certains collègues. Nous avons aussi provoqué de violentes réactions d’autres collègues qui refusent de travailler avec nous : nous serions, au choix, un « dangereux nazi » ou un « hurluberlu » qui n’étudie pas des sujets « sérieux ». Autre facette de cette reconnaissance scientifique, nous sommes régulièrement victime de plagiat, tant de collègues que de journalistes[31]. Plus intéressant, lorsque nous parlons de subcultures, nous ne sommes pas considérés comme ridicule par les acteurs de celles-ci. Nous avons pu faire de belles rencontres, telles celle avec Laurent Courau, l’animateur du site contre-culturel La Spirale[32], qui nous a demandé des articles. Depuis, nous collaborons épisodiquement à ce site avec des articles sur les musiques expérimentales, sur les nouvelles spiritualités, sur les transformations de l’ésotérisme contemporain, etc. Il s’agit pour nous de la plus belle des reconnaissances intellectuelles.

L’étude des marges politiques et des contre-cultures reste un champ universitaire encore largement à défricher. En ce sens, il faut transmettre les outils méthodologiques et épistémologiques aux étudiants, qui seront les chercheurs de demain. Avec l’Internet, le monde change rapidement, devient liquide, pour reprendre l’excellente expression de Zygmunt Baumann[33], provoquant du stress et des peurs[34]. Il faut montrer que ces changements ne sont pas forcément négatifs et que les sociétés, sont, par nature, en mouvement : il n’existe pas de société immobile. Les contre-cultures, les marges participent à ces changements, voire, même, en sont les moteurs.


Notes

[1] J’avais déjà abordé ce thème dans  « Pop occultisme », Critica Masonica, n°9, 2017, pp. 73-84.

[2] Ken Gelder, Subcultures. Cultural Histories and Social Practice, Londres, Routledge, 2007.

[3] Chris Jenks, Subculture. The fragmentation of the social, SAGE, 2004.

[4] Jean-François Bizot, Underground, l’histoire, Paris, Denoël, 2001. Voir également, Greil Marcus, Lipstick Traces. Une histoire secrète du vingtième siècle, Paris, Allia, 1998.

[5] Frédéric Martel, Mainstream. Enquête sur la guerre globale de la culture et des médias, Paris, « Champs », 2011.

[6] Alain Seguy-Duclot, Culture et civilisation, Paris, Éditions du Cerf, 2010, pp. 174-175.

[7] Joseph Heath & Andrew Potter relativise cette volonté de subversion dans Révolte consommée. Le mythe de la contre-culture, Paris, Naïve Éditions, 2005.

[8] Howard Becker, Outsiders. Études de sociologie de la déviance, Paris, Métailié, 2012.

[9] C’est ce que je retrace dans « Evola, l’antisémitisme et l’antimaçonnisme », Critica Masonica, n°6, 2015, pp. 103-122.

[10] William Schnabel, Lovecraft, histoire d’un gentleman raciste, Dôle, La Clé d’argent, 2003 ; Lovecraft et la race, Brixey, Le Diable Ermite, 2017.

[11] Voir, par exemple Hermann Hesse, L’Enfance d’un magicien (Paris, Le Livre de Poche, 1982) dans lequel il raconte, dans l’une des nouvelles, une assemblée alternative dans l’Allemagne du début du XXe siècle.

[12] Stéphane François, La Modernité en procès. Éléments d’un refus du monde moderne, Valenciennes, Presses Universitaires de Valenciennes, 2013, en particulier le chapitre intitulé « L’antimodernisme de gauche », pp. 23-44.

[13] Christiane Saint-Jean-Paulin, La Contre-culture. États-Unis, années 60 : naissances de nouvelles utopies, Paris, Autrement, 2008 ; Frédéric Robert, Révoltes et utopies : la contre-culture américaine dans les années 1960, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2011 ; De la contestation en Amérique : approche sociopolitique et contre-culturelle des Sixties, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2012.

[14] Frédéric Rondeau, « Contre-culture », in Anthony Glinoer et Denis Saint-Amand (dir.), Le lexique socius, http://ressources-socius.info/index.php/lexique/21-lexique/60-contre-culture, page consultée le 2 novembre 2017.

[15] Theodore Roszak, The Making of a Counter Culture, New York, Anchor Books, 1969.

[16] L’auteur fait référence à Antoine Compagnon, « Avant-gardes et récits orthodoxes », Les Cinq paradoxes de la modernité, Paris, Seuil, 1990.

[17] Frédéric Rondeau, « Contre-culture », art. cit.

[18] Il faut donc prendre avec précaution des ouvrages comme Contre-culture(s). Des Anonymous à Prométhée de Steven Jezo-Vannier (Marseille, Le Mot et le reste, 2016), qui associe dans un même mouvement, hérésies médiévales, piraterie, marges et avant-gardes culturelles et contre-cultures proprement dites, dans un vaste catalogue sans vraiment de lien directeur, ni de conceptualisation. Surtout l’auteur tend à confondre les références de certains acteurs contre-culturels avec de possibles tentatives précédentes de contre-cultures. Voici un exemple : ce n’est pas parce que Hakim Bey (pseudonyme de l’universitaire Peter Lamborn Wilson, et figure importante de la contre-culture contemporaine) se réfère aux pirates des xviie et xviiie siècles que ces derniers sont forcément des précurseurs de la contre-culture… Idem pour les religions minoritaires de l’Antiquité ou les hérésies médiévales.

[19] Scott Macfarlane, The Hippie Narrative : A Literary Perspective on the Counterculture, Jefferson, McFarland& Co Inc., 2007 ; Alice Gaillard, Les Diggers : révolution et contre-culture à San Francisco, 1966-1968, Montreuil, L’Échappée, 2009.

[20] À ce titre, je renvoie le lecteur vers l’excellent site de Laurent Courau, La Spirale : http://www.laspirale.org.

[21] L’intérêt des avant-gardes artistiques pour les spiritualités minoritaires (religions « orientales », ésotérisme, mysticisme chrétien, etc.) date de la fin du xixe siècle, c’est-à-dire, dès quasiment l’apparition de ces avant-gardes, les premières se nourrissant des secondes. Cette osmose existe toujours.

[22] Elles se nourrissent par exemple des socialistes utopiques du xixe siècle et de leurs projets communautaires (voir Jean-Christian Petitfils, Les Communautés utopistes au xixe siècle, Paris, « Pluriel », 2001).

[23] Étienne Ollion, Raison d’État. Histoire de la lutte contre les sectes en France, Paris, La Découverte, 2017.

[24] Marc Augé, Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité, Paris, Seuil, « Librairie du xxe siècle », 1992.

[25] Je reçois régulièrement des mails de la part d’étudiants qui souhaitent travailler sur les marges, en particulier le néopaganisme, et qui me disent que leur directeur/directrice est réticent(e) à ces recherches. Ce point est intéressant, car dans d’autres pays (Royaume-Uni, États-Unis, Allemagne pour ne prendre que ces exemples) ce n’est pas le cas, bien au contraire.

[26] Max Weber, « Essai sur le sens de la “neutralité axiologique” dans les sciences sociologiques et économiques », in Essais sur la théorie de la science, Paris, Agora, 1992, pages 365-433.

[27] Cf., Stéphane François (dir.), Un XXIe siècle irrationnel ? Analyses pluridisciplinaires de pensées « alternatives », Paris, CNRS Éditions, 2018.

[28] Dan Sperber, La Contagion des idées, Paris, Odile Jacobs, 1996.

[29] Roy Wallis, On the Margin of Science : The Social Construction of Rejected Knowledge, Keele, University of Keele 1979.

[30] Wiktor Stoczkowski, Des Hommes, des dieux et des extraterrestres. Ethnologie d’une croyance moderne, Paris, Flammarion, 1999, p. 88.

[31] Pour certains papiers, surtout ceux traitant de l’écologie d’extrême droite, je suis plagié à la hauteur de 50 %…

[32] http://www.laspirale.org.

[33] Zygmunt Baumann, Le Présent liquide, Paris, Seuil, 2007.

[34] Stéphane François & Nicolas Lebourg, Histoire de la haine identitaire. Mutations et diffusions de l’altérophobie, Valenciennes, Presses Universitaires de Valenciennes, 2016 ; Stéphane François (dir.), Un XXIe siècle irrationnel ? Analyses pluridisciplinaires de pensées « alternatives », Paris, CNRS Éditions, 2018.