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Les Tradismatiques à l’assaut du pouvoir

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Source inconnue

L’Observatoire des radicalités politiques publie une nouvelle note de Gaël Brustier :

Les « tradismatiques », inspirés autant par les communautés postconciliaires charismatiques que par les fraternités traditionalistes, participent d’un même état d’esprit qui a vraiment coagulé au tournant des années 2000 et déferlé dans les rues à l’occasion de La Manif pour tous. Cette génération de catholiques investis dans la cité monte en puissance avec la force de ceux qui ne doutent pas ou qui doutent très peu…

Tradismatiques ? Traditionnalistes et charismatiques, c’est-à-dire issus de deux traditions qui, dans l’histoire du récente de l’Église catholique, résonnent pourtant comme chiens et chats… Voilà donc qui aurait pu surprendre voici quelques années et qui n’a pourtant plus rien d’étonnant aujourd’hui vu depuis le monde catholique. Voilà qui aurait dû tenir de l’oxymore et qui pourtant, aujourd’hui, tient presque de l’évidence pour qui suit l’évolution idéologique des Français catholiques depuis quelques années et, en particulier, des plus jeunes. Le tradismatique est presque la figure du jeune catholique désireux d’agir dans la cité à quelque niveau que ce soit. Il n’est pas le jeune catholique, il en est une variété répandue. Il est fréquent de le ou de la croiser au gré de rencontres publiques, de manifestations diverses ou d’événements politiques.

Les tradismatiques sont le fruit d’une histoire. Ils sont désormais présents et sont appelés à devenir influents. D’où viennent-ils et où vont-ils ?

Qui sont les traditionalistes ?

Au moment du concile Vatican II et après celui-ci, prenant pour bannière la question du rite, c’est-à-dire essentiellement de la manière dont la messe est célébrée, des fidèles, que l’ancien Archevêque de Dakar, originaire du Nord de la France Monseigneur Marcel Lefebvre rassemble et fédère, s’opposent aux changements contenus dans les textes du Concile.

Ces textes et surtout les textes qui le suivent tentent de régir la question rituelle alors devenue trop « ouverte ». À l’opposé des traditionalistes, des croyants innovent tellement que l’institution ecclésiale finit par entrevoir une potentielle menace pour l’unité de l’Église de Pierre. Elle publie des textes qui déplaisent encore davantage aux traditionalistes. S’ensuit une bataille terrible au sein de l’Église de Rome qui aboutira en 1988 au départ des lefebvristes.

Souvent laïques, ils sont, comme l’a souligné Olivier Landron dans le livre qu’il leur a consacré, pour une proportion importante en France d’anciens colons d’Algérie, parmi ces fidèles qui, notamment, occupent plusieurs églises, dont Saint-Nicolas-du-Chardonnet qui devient, de facto, une de leurs paroisses.

À Ecône, en Suisse, Monseigneur Lefebvre implante un séminaire qui forme un clergé de choc censé maintenir une tradition que Rome et l’Église de Jean XXIII et Paul VI ont « perdue » en la diluant dans la modernité : « Ils l’ont découronné », clame Lefebvre dans le titre choc d’un livre accusateur destiné à faire prendre conscience aux fidèles catholiques de la folie que représente à ses yeux l’aggiornamento de l’Église depuis le concile en bien des points[2].

Certains rompent, en 1988, avec Rome. Au mitan des années 2000, certains reviennent, dont l’Abbé Guillaume de Tanouarn, figure intellectuelle des milieu traditionalistes, ou l’Abbé Laguérie, figure bien connue du traditionalisme bordelais, dont l’occupation de l’Église Saint-Éloi à Bordeaux fut au moins tacitement appuyée par l’édile de la ville, Alain Juppé.

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