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From Cambrai, with anxiety

Source inconnue

Sur la crise des Gilets jaunes, faisant suite au reportage photographique de Guillaume Origoni à Marseille, voici celui que Stéphane François a publié dans Streetpress : « Les gilets jaunes, un mouvement populiste radical sans leader »:

À Cambrai, là où je vis, les Gilets Jaunes se sont installés à la sortie de l’autoroute A2, un axe important pour cette ville de 83.600 habitants, permettant d’aller soit à Paris, soit à Bruxelles. Il s’agit d’une ville dynamique, malgré la fermeture de la base aérienne militaire de Cambrai-Épinoy en 2013.

Contrairement à d’autres villes du département, Cambrai a gardé un tissu industriel important. Le site est occupé depuis trois semaines, 24h sur 24, 7 jours sur 7, par plusieurs équipes qui se relaient. Ils sont une dizaine en permanence.

J’y suis donc allé avec mes Doc Martens et mon bomber. Je me suis présenté, disant pourquoi j’étais là. L’accueil a été sympathique et bon enfant. Un lieutenant de la DGSI était là, discutant avec des gilets jaunes. Je m’étonne de sa présence :

« On a passé un deal avec lui. Comme on n’a pas l’autorisation d’être ici, on ne fait rien qui puisse nous nuire. En échange, il nous laisse tranquille et passe de temps à autre… regardez, il n’y a même pas de voiture de flic. »

C’est vrai, je n’en ai pas vue, contrairement à la présence de véhicules de la police ou de la gendarmerie sur d’autres ronds-points…

Les personnes présentes – une cinquantaine – m’ont parlé sans difficulté. Première surprise : toutes les catégories sociales y sont représentées. J’ai appris qu’il y avait une mère au foyer, des ouvriers, des chômeurs, des retraités, des cadres supérieurs, des fonctionnaires, des salariés du privé… Aucune hiérarchisation sociale n’est visible.

Leurs actions se divisent en deux grandes catégories : l’occupation du site et la mise en place de banderoles, panneaux et affiches d’une part. Et les opérations péages gratuits les weekends, d’autre part. Des gilets jaunes ouvrent les barrières, demandent les tickets et disent :« Dites merci à Macron ! ».

Les weekends, la tension monte d’un cran. Parfois les routes permettant l’arrivée à ce rond-point sont barrées par les forces de l’ordre qui mettent en place des déviations. La nervosité est palpable, mais l’ambiance reste bon enfant et pacifique.

Très rapidement, j’ai cerné le fonctionnement du camp : peu de rôle précis, à l’exception de postes stratégiques, comme la collecte des soutiens financiers. Cette fonction est dévolue à une retraitée d’environ 75 ans, surnommée « Mamie » (ici tout le monde a un surnom, inscrit sur le devant du gilet).

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