Un Néopaganisme du « Sud » : la religion italique

Les éditions Ars Magna, dirigées par Christian Bouchet[1], nous offrent depuis quelques temps la traduction de plusieurs ouvrages importants sur la tradition romaine, c’est-à-dire sur une forme de néopaganisme liée à l’histoire de Rome, appelée également la « religion italique ». L’une de ses principales figures a été Julius Evola.
La Tradition italique ou « romanologie » est, selon la définition de Marco Pasi, « l’étude de la tradition religieuse et spirituelle païenne de la Rome ancienne ainsi que des auteurs qui, après la chute de l’Empire romain, ont contribué à maintenir en vie des étincelles de cette tradition[2] ». Cette mouvance est hétérogène et composée de diverses personnalités, revues et groupes. En France, elle a été représentée notamment par l’éphémère revue trimestrielle Louve[3] au sous-titre explicite : « Roma antiqva. Actualité politique et littéraire. Revue métapolitique de combat pour la refondation ». Son animateur, André Murcie y fait la promotion de l’Empire romain et de son polythéisme. De fait, la religion italique est un courant du néopaganisme[4] souhaitant revenir aux religions de la Rome antique et à la grandeur de l’empire romain.
Un ouvrage collectif, tiré d’un colloque ayant eu lieu à Naples en 2017, est revenu sur certains aspects de cette religion italique : Julius Evola et la dimension magique du groupe d’Ur. Il a été traduit en 2023 en français par les éditions Ars Magna[5]. Cet ouvrage important, outre des textes consacrés à la magie stricto sensu, montre les liens existant au début du XXe siècle entre la Société théosophique, les mouvements occultes, en particulier ceux marqués par les écrits de l’occultiste et franc-maçon Giuliano Kremmerz (pseudonyme de Ciro Formisano), la franc-maçonnerie, le pythagorisme, l’alchimie et cette forme de religiosité. Il montre aussi son importance au sein d’une frange de l’aristocratie dans le cadre du Risorgimento, mais aussi du fascisme alors récent[6]. Dans la foulée, Christian Bouchet a fait traduire un texte de Renato Del Ponte, un disciple d’Evola et un adepte de la religion italique[7], sur les liens entre ce dernier et le groupe d’Ur, une société ésotérique italienne qui cherchait à réactiver ce paganisme[8]. Parmi les membres fondateurs, Evola évidemment, mais aussi Arturo Reghini.
Ces parutions importantes nous donnent l’opportunité de revenir sur ce qu’est ce néopaganisme. Nous reviendrons également sur son histoire, nous montrerons ses grands théoriciens, en insistant sur le rôle majeur de Julius Evola[9] dans l’élaboration de cette forme de spiritualité. Nous montrerons enfin également l’ambiguïté doctrinale d’Evola, dont la pensée était marquée par le racisme et le nordicisme, fait paradoxal pour un promoteur d’une forme romaine de néopaganisme…
Qu’est-ce que la religion italique ?
La tradition romaine possède les différentes facettes d’un héritage ancien, dont les origines seraient à chercher dans le monde étrusco-romain et de la Rome archaïque. Selon Renato Del Ponte, païen lui-même[10] :
« Cette mouvance, malgré son hétérogénéité sur les plans méthodologique et idéologique, se caractérise par la volonté de réactualiser le modèle spirituel, religieux et rituel du Paganisme romain, dont nous avons proposé ailleurs une définition plus précise : “la Voie romaine vers les Dieux”. En simplifiant le problème à l’extrême, nous pouvons affirmer qu’il existe deux grandes tendances : premièrement, le paganisme romain qui se réfère à la Rome impériale et qui voit dans le Saint-Empire Romain Germanique la continuation de celle-ci et qui reste influencé par Julius Evola et deuxièmement, le courant orphyco-pythagoricien, plus méditerranéen (il refuse les influences germaniques), incarné par Arturo Reghini. Le courant traditionaliste considère cette religion romaine comme une alternative permettant à l’État italien de se soustraire aux ingérences, aux abus politiques et moraux de l’Église catholique[11]. »
Les partisans de la religion romaine font très souvent preuve d’un antichristianisme virulent lié à l’héritage évolien qui lui-même est tributaire de l’histoire particulière de l’Italie : jusqu’au Risorgimento et à l’unification de 1870, l’Église a possédé une part non négligeable du territoire italien, les États Pontificaux. Durant les premières décennies du XXe siècle, vers 1900-1920, certaines figures les plus importantes de cette mouvance s’inspirent largement des tendances anticléricales et maçonniques du Risorgimento. D’autres, en revanche, s’en éloignent pour suivre des voies originales. Cette diversification s’est conservée jusqu’à nos jours. La référence au Risorgimento n’est pas fortuite car, selon les représentants actuels de ce courant, l’unité italienne est la condition préalable pour la restauration de ce paganisme.
Le traditionalisme romain est fondé sur la notion de la Pax Deorum. Ce concept est essentiel pour comprendre cette forme de néopaganisme car il s’agit
« […] du “pacte” ou du “contrat” établi aux origines entre les Dieux primordiaux (et tout particulièrement Jupiter Optimus Maximus, le Père du Ciel, ainsi que Janus, Mars et Vesta) et le peuple de Rome. Cette Pax, voulue par l’Augure-Roi Romulus et développée par Numa Pompilius, a fondé l’union indissoluble de la religion et de l’État romain, depuis le temps des Rois jusqu’à la chute de l’Empire »[12]. Du fait de la nature particulière de ce néopaganisme, les pratiques cultuelles sont obligatoirement privées : une reconnaissance publique impliquerait la restauration de l’État romain. Selon Renato Del Ponte, lui-même adepte de cette forme de religion ne l’oublions pas, « ceci explique qu’une série de représentants ont tenté, tout au long [du XXe] siècle, d’exercer une influence sur les hautes autorités de l’État italien, mais avec des résultats insuffisants[13] ».
Certains promoteurs de la religion romaine affirment que l’esprit de la romanité, le Genius[14], s’est manifesté dans l’histoire italienne après la chute de l’Empire. Il se serait donc manifesté à travers les penseurs de la Renaissance, à travers certains poètes et intellectuels du XIXe siècle, tel Giosuè Carducci, mais aussi à travers Humbert Ier de Savoie, roi d’Italie de 1878 à 1900, voire à travers Benito Mussolini. En effet, le fascisme reçut un accueil favorable de la part de tout un courant mêlant tradition gibeline, franc-maçonnerie, occultisme et paganisme italique. Cette école se caractérisait par un nationalisme et un antichristianisme virulents. Elle fut attirée par le fascisme, croyant que Mussolini restaurerait la grandeur de l’Italie, certains d’entre eux firent partie des premiers fascistes, tel Eduardo Frosini, mais furent déçus par les Accords de Latran signés en février 1929.
Toutefois, selon les représentants de cette mouvance, la « Voie romaine vers les Dieux », pour reprendre l’expression de Renato Del Ponte, aurait perduré dans certaines familles nobles du Latium et de Rome. Selon d’autres sources invérifiables, ces cultes auraient été préservés dans la famille du baron Julius Evola. Il se pourrait que le socialiste occultiste Leone Caetani, prince de Teano et duc de Sermoneta, ait été un collaborateur des revues Ur et Krur, signant des articles du pseudonyme « Ekatlos », et développant un discours néopaïen et martial, même s’il fut un député socialiste modéré qui se présenta comme un laïc anticlérical et démocrate. De fait, Caetani a participé à la revue de Giuliano Kremmerz, Commentarium, sous le pseudonyme de N. R. Ottaviano. Il semblerait qu’il fut aussi membre de loge maçonnique égyptienne.
Le rôle d’Arturo Reghini
Cependant l’un des premiers à théoriser la « voie romaine » a été le mathématicien Arturo Reghini, un ami et un correspondant de Guénon. Occultiste, il fut membre de l’Ordo Templis Orientis[15] (ou OTO) et de la principale obédience maçonnique italienne (il a même créé son propre rite maçonnique, le Rite philosophique italien). En 1903, il fonda la Biblioteca Teosofica et fut à l’origine de la section italienne de la Société Théosophique dans laquelle il aurait développé son anticléricalisme. Violemment antichrétien, Reghini signait parfois des articles sous le pseudonyme « le vicaire de Satan ». En effet, « Inconsciemment et à sa manière, Reghini puisait à cette source et en faisait le jeu, exaltant les anciennes “vertus italiques” et la doctrine gibeline de l’Empire, et adressant d’âpres critiques au christianisme, accusé d’être une “croyance asiatique” dont le fondateur Jésus, n’était qu’“un mégalomane hypocondriaque et sentimental, dont la vision du monde créé par Dieu menait à la compassion et aux pleurs”[16]. »
Selon Arturo Reghini, pour en finir définitivement avec « […] “l’exotique croix chrétienne” il fallait “rétablir une religion, au sens étymologique et païen du terme, entre l’humain et le divin. Mais ce lien, ce rapport, doit être effectif, magique, religieux et ne peut être établi par une religion qui n’est plus qu’une croyance et un résidu sentimental”[17] ». C’est avec cet auteur « […] que la Voie romaine tend à devenir plus explicite, même s’il appartient au courant “orphico-pythagoricien”, marginal par rapport à la Tradition romaine proprement dite. Ce fut précisément autour des revues de Reghini, Atanor (1924), puis Ignis (1925), et enfin, après les ordonnances de Bodrero et les lois sur les sociétés secrètes, Ur (1927-1928) officiellement dirigée par Julius Evola, que se rassembleront tous ceux qui cherchaient à donner au régime [fasciste] un caractère néopaïen et romain.[18] » De fait, comme beaucoup de partisans de la « voie romaine », Arturo Reghini était un ardent nationaliste qui soutint l’expédition de Gabriele D’Annunzio à Fiume en septembre 1919. Il défendit l’État fasciste, qu’il jugeait anticatholique, jusqu’aux accords du Latran, ratifiés en 1929.
La religion italique a aussi été théorisée par un auteur méconnu et pourtant très important, le philosophe traditionaliste, « antimoderne », et orientaliste Guido De Giorgio. Celui-ci tenta une difficile synthèse entre la Voie romaine et le christianisme, une idée iconoclaste pour les tenants radicaux du traditionalisme romain qu’il expose dans un texte qui sera édité à titre posthume, La Tradizione romana[19]. En effet, De Giorgio a développé dans l’un de ses rares textes publiés, L’instant et l’éternité[20], une anthologie d’articles, l’idée selon laquelle le catholicisme perpétue la religion italique, à travers la médiation de la fonction sacrée de Rome. Selon l’universitaire italien Piero Di Vona, Guido De Giorgio inventa une forme de « fascisme sacré », différente du fascisme politique profane, structurée sur le refus de la modernité :
« La “fascification” du monde est conçue par De Giorgio comme le retour à l’esprit et à la norme traditionnels. C’est l’abolition de la séparation, et le rétablissement de l’équilibre hiérarchique, entre la contemplation et l’action, l’intellect et la raison, l’esprit et le sentiment, la prééminence absolue de la contemplation et de la connaissance étant sous-entendue […] Il faut se rappeler que sur le plan politique, les deux déviations fondamentales sont, pour lui, le despotisme et le démocratisme, tous deux contre-nature et aveugles, et qu’il voit dans le despotisme l’arbitraire d’un seul. Il faudra aussi réfléchir sur tout cela avant de prononcer des jugements injustes et avant de tirer des conclusions hâtives. En réalité, les propensions et les faiblesses personnelles comptent peu et ne signifient pas grand-chose ici. Une sérieuse analyse comparée des idées ne différencie pas seulement en profondeur le fascisme sacré de De Giorgio du fascisme profane du régime fasciste, mais, en raison d’un contraste trop évident, elle dévoile la nature parodique et impure de ce dernier[21]. »
Guido de Giorgio rencontra Julius Evola et Arturo Reghini lors de son retour en Italie. Celui-ci avait enseigné en Tunisie entre 1911 et 1915 où il a lié des liens avec des représentants de l’ésotérisme musulman. Il collabora à Ur en 1928 et à La Torre, la revue d’Evola, en 1930. De Giorgio serait à l’origine de la « réorientation » métaphysique de Julius Evola en exerçant une influence déterminante sur celui-ci. Il fut aussi très lié avec René Guénon dans les années vingt, le rencontrant, chez lui, un fait assez rare pour être souligné, René Guénon ne recevant très peu chez lui.
Julius Evola
Cependant, la grande référence du paganisme italique reste Julius Evola, théoricien d’un traditionalisme non chrétien et l’homologue italien de René Guénon. Evola a consacré divers articles et études à la tradition romaine, compilés dans Symboles et « mythes » de la tradition occidentale[22]. La plupart datent des années 1930 et 1940 et ont été retravaillés, ultérieurement, par l’auteur. Evola est un penseur complexe et inclassable dont les ouvrages traitent de l’ésotérisme comme de la politique en passant par l’histoire des religions. La pensée évolienne est construite en réaction à son milieu d’origine, l’aristocratie catholique, la tradition chrétienne et le « monde moderne ». Il a été aussi un grand sportif et un alpiniste reconnu.
Avant le premier conflit mondial, Evola a côtoyé les futuristes italiens. Comme eux, il souhaitait la guerre et y participa comme officier d’artillerie, en qualité d’engagé volontaire. Si la guerre lui sembla nécessaire, c’est seulement en tant que fait révolutionnaire. Dès la fin du conflit, ses sympathies allèrent aux empires centraux. Il commença alors à élaborer sa pensée, fondée sur un supposé réveil de forces spirituellement aristocratiques, dirigées contre l’hégémonie bourgeoise et ses valeurs (le matérialisme et l’utilitarisme) qu’il condamnera jusqu’à sa mort.
Evola fut profondément influencé par la critique nietzschéenne de la modernité. En ce sens, il s’inscrivit dans le courant pessimiste de la « Révolution Conservatrice » allemande. Evola, une fois la paix revenue, connut une crise intérieure provoquée par le matérialisme des activités humaines. Il retrouva le goût à la vie grâce à la découverte de textes hindouistes et bouddhiques. Un texte naîtra de cette expérience initiatique, La Doctrine de l’Éveil. Essai sur l’ascèse bouddhiste[23]. Du bouddhisme, il tira une force qu’il mettra au service du dadaïsme, qui l’attira durant un temps. Il se consacra alors beaucoup à la peinture et écrivit des poèmes. Mais l’intérêt d’Evola pour l’art s’épuisa rapidement.
À partir de 1920-25, il se rapprocha des milieux ésotériques, francs-maçons, même s’il resta toujours défavorable à la franc-maçonnerie, et rencontra des membres de l’OTO, une société secrète marquée par la magie sexuelle à la suite de l’arrivée de l’occultiste britannique Aleister Crowley. Il s’allia à des maçons favorables au fascisme par anticléricalisme. Il créa en 1927, avec ceux-ci ainsi qu’avec des anthrosophes steineriens, le groupe UR qui voulut donner des bases spirituelles non chrétiennes au fascisme et qui s’opposa à tout rapprochement entre Mussolini et le Vatican. Après le départ des francs-maçons, le groupe modifiera son nom en KRUR.
Evola publia en 1928 Impérialisme païen[24], livre faisant la promotion d’une conception païenne du monde et jetant les bases d’un mouvement plus fasciste que le fascisme (« le surfascisme »). Par la suite, Evola s’opposera à la réédition de cet ouvrage, mais il sera considéré comme un livre important dans les milieux néopaïens italiens. Ce texte et les revues Ur et Krur sont alors mis à l’index. Rappelons que, si son journal, La Torre, fut interdit par Mussolini, c’est en raison de l’opposition d’Evola à toute politique démographique, véritable soumission à la « masse ». Evola reprocha finalement au fascisme italien ses compromis avec la démocratie.
La parution en 1934 de son livre Révolte contre le monde moderne[25] lui ouvrit les portes de l’Allemagne nazie. Cependant, il était connu en Allemagne dès le début des années trente par ses conférences au Herrenklub, un club évoluant aux marges de la Révolution Conservatrice. Il accomplit ainsi, à partir de 1938, la tournée des châteaux de l’Ordre de la SS. Il participe, durant la guerre à l’Ahnenerbe, fondée par l’archéologue germano-hollandais Herman Wirth, qui évoluait dans les milieux völkisch[26]. Pourtant, Evola ne se faisait guère d’illusions sur la valeur du national-socialisme et du fascisme. Il analysa ces deux systèmes politiques comme étant au mieux un moyen de retarder la décomposition de l’Occident. Ses modèles étaient davantage les anciens ordres de chevalerie teutoniques dont il voyait les incarnations modernes dans la Garde de Fer roumaine de Corneliu Codreanu, dans la Phalange de José Antonio Primo de Rivera ou dans les SS. Evola était surtout proche de Codreanu, lui vouant une admiration sans faille.
Les liens d’Evola avec le fascisme et le nazisme sont complexes. Selon Philippe Baillet, proche aujourd’hui du néonazisme, Evola ne fut jamais fasciste mais il eut le soutien de quelques-unes des personnalités les plus dures du régime mussolinien. Il resta un marginal du fascisme, une sorte de compagnon de route, car il ne lui ménagea ni son soutien, ni sa fidélité. Cependant, il ne fut jamais national-socialiste même s’il collabora à des publications nationales-socialistes officielles et même s’il entretint des contacts avec une certaine sphère dirigeante de la SS. De fait, les relations entre Evola et le national-socialisme furent houleuses. Il critiqua les thèses de Rosenberg et le dévoiement nazi de la Tradition nordique. En outre, il perçut la « culture » nazie comme une manifestation de l’esprit petit-bourgeois conservateur honni. Ce mépris fut d’ailleurs réciproque : il était fiché par les SS en tant qu’aristocrate réactionnaire. Cependant, il fut apprécié par Wiligut qui l’invita à faire des conférences dans les châteaux de l’ordre.
En 1944, un bombardement de Vienne le blessa le paralysant des membres inférieurs. Cela le força à se diriger vers la contemplation mais ne l’empêcha pas de réarmer moralement, dès la fin de la guerre, l’extrême droite italienne, puis la Nouvelle Droite européenne. Il fut même arrêté en 1951 pour avoir impulsé une organisation clandestine, « les faisceaux d’action révolutionnaire » et fut acquitté. Il publia après-guerre deux ouvrages politiques importants, Les hommes au milieu des ruines en 1953[27] et Chevaucher le tigre en 1961[28], qui serviront de caution intellectuelle au terrorisme d’extrême droite durant les « années de plomb ». Par la suite, il côtoya les fondateurs des futurs Movimento sociale italiano (Mouvement social italien – MSI) et Ordine Nuovo (Ordre nouveau – ON), ce dernier étant impliqué ultérieurement dans des attentats. Il fréquenta aussi le prince Junio Valerio Borghese, un fasciste historique qui tentera de faire un coup d’État en décembre 1970. En 1957, il traduisit le Déclin de l’Occident de Spengler. Enfin, il se consacrera de plus en plus à la contemplation délaissant l’action. Cependant, jusqu’à sa mort il affine et radicalise son discours. Il meurt en juin 1974. La personnalité et l’œuvre d’Evola ont eu une influence polymorphe et importante sur les droites radicales, notamment sur le néofascisme, sur le nationalisme-révolutionnaire et sur les Nouvelles Droites, en Italie mais aussi en France et en Allemagne.
Une métaphysique païenne
La métaphysique évolienne [29] n’est pas selon lui « la sienne », elle n’exprime nullement sa subjectivité singulière et l’évolution de celle-ci, au contraire « […] elle se confond avec “la” métaphysique, comme mode de réalisation (de soi), auto-réalisation à la fois contemplative (connaissance des principes) et active (voie héroïque). La métaphysique que Julius Evola ne prétend qu’exposer, et qu’il définit volontiers comme un “réalisme transcendant” (réalisme des idées et/ou des principes supérieurs, de type platonicien), comprend (ou enveloppe) une philosophie involutionniste de l’histoire fondée sur l’axiome double que l’histoire est processus de déclin. Cette métaphysique et cette philosophie de l’histoire peuvent s’identifier à la pensée de la Tradition[30] ».
Le traditionalisme radical d’Evola implique aussi une métaphysique de la politique, une métapolitique, fondée sur l’idée de décadence et conceptualisée après la lecture de La Crise du monde moderne de Guénon. Ce discours est cohérent au contraire de son discours politique, bricolé à partir d’une utopie nostalgique dépourvue de fondement politique réel. Cette critique évolienne du monde moderne apparaît donc comme une métaphysique du déclin et de la restauration du primordial.
Après Guénon, Evola doit être vu comme l’un des grands représentants de la « Tradition primordiale ». Chez Evola, cette radicalité antimoderne se manifeste par une intransigeance métapolitique, expliquant d’une part son engagement politique au sein de manifestations modernes (fascisme, national-socialisme) et d’autre part son désengagement aristocratique (juger et orienter par référence aux principes de la Tradition). Cette position paradoxale est l’expression du concept évolien de « l’homme différencié » qui est à la fois dans le monde et hors du monde. Evola est de fait le théoricien du traditionalisme-révolutionnaire.
La radicalité antimoderne d’Evola apparaît pour la première fois dans son livre le plus important, Révolte contre le monde moderne. Evola y expose sa « métaphysique de l’histoire » fondée sur la critique et le refus du monde moderne occidental et sur le postulat de la nature décadente de la modernité. Le discours évolien de la décadence est une pensée antimoderne dans la modernité dont le rejet de l’idée progressiste est le premier geste fondateur. De fait, Evola a été influencé par Nietzsche, par Spengler et par Guénon. En outre, il reprend et conceptualise la théorie des quatre âges présente dans l’œuvre d’Hésiode et dans la tradition indienne : l’âge d’or/Satya-Yuga (l’âge de l’être), puis d’argent/Treta-Yuga (l’âge de la mère), du bronze/Vâpara-Yuga (l’âge de l’héroïsme), et enfin du fer/Kali-Yuga (l’âge sombre), le dernier âge correspondant à l’époque moderne. Evola apparaît ici directement tributaire de Guénon dont La Crise du monde moderne avait réintroduit la doctrine indienne des quatre âges. Cette hétérogénéité discursive permet de comprendre certaines difficultés internes et certaines évolutions de la pensée d’Evola.
Le discours évolien est aussi marqué par la découverte des autres civilisations et de la relative incommunicabilité entre celles-ci. Une découverte qui a engendré l’idée de la relativité et de la mortalité de la civilisation moderne. Selon Evola, il faut reconnaître, au-delà du pluralisme civilisationnel et par-delà Spengler, un dualisme de civilisation. « D’un côté il s’agit de la civilisation moderne, écrit Pierre-André Taguieff, et de l’autre de l’ensemble de toutes les civilisations qui l’ont précédée (pour l’Occident, disons jusqu’à la fin du Moyen Age). Ici la rupture est complète. Par-delà la variété multiple de ses formes, la civilisation pré-moderne, qu’on peut appeler traditionnelle [Evola reconnaît ici sa dette vis-à-vis de Guénon], représente quelque chose de morphologiquement différent. Il s’agit de deux mondes dont l’un s’est différencié au point de n’avoir presque plus aucun contact avec le précédent. Par-là même, une compréhension réelle de la tradition reste barrée pour la grande majorité des modernes[31] ».
Evola déshistoricise donc l’opposition du « traditionnel » et du « moderne » — celui-ci étant identifié à l’« historique » : « le fait que des civilisations de type traditionnel se situent dans le passé, par rapport à l’époque actuelle, devient accidentel[32] ».
En outre, le racisme nordique trouve chez Evola une variante culturaliste et traditionaliste, la race étant identifiée à un type spirituel, lui-même lié à un type mental ou culturel. Chez Evola le terme « race » renvoie donc à la « qualité » dans le sens d’une personne « racée ». La doctrine évolienne de la race doit conduire à autre chose qu’elle-même, ne pouvant en aucune façon avoir valeur de fondement. Le racisme biologique n’est donc, dans la perspective évolienne, que la dernière version du naturalisme moderne. Pour Evola, le racisme zoologique n’est donc qu’un aspect particulièrement grossier du règne de la quantité. D’ailleurs, il considérait la pensée völkisch comme une « involution »[33]. Pourtant, Evola fut antisémite, comme le souligne Philippe Baillet :
« Paradoxe, l’itinéraire conduisant du dadaïsme aux marges de la SS, en passant par les nombreux contacts au sein de la “révolution conservatrice” allemande ? Paradoxe, le projet de revue italo-allemande, en pleine guerre, qui aurait dû être co-dirigée par Evola ? Paradoxe, les recherches raciologiques entamées de concert avec Ludwig Ferdinand Clauss ? Paradoxe encore, l’introduction donnée à l’édition Preziosi de 1938 des Protocoles des Sages de Sion ? Paradoxe toujours, le fait de soutenir que quand même les Protocoles seraient un faux sur le plan matériel, leur “véracité”, elle, quant aux coulisses de l’histoire, ne ferait aucun doute ? Simple paradoxe, la longue collaboration à la revue La vita italiana de Preziosi, sorte de Henry Coston italien, mais en plus doctrinaire, donc plus fanatique ?[34] »
Le nordicisme d’Evola se manifestait aussi dans l’idée d’une origine polaire (au sens géographique et symbolique) de la Tradition primordiale. L’abandon de ces terres aurait entraîné une émigration de ces peuples Hyperboréens ou Atlantes, les deux termes étant, dans son esprit, synonymes, dans la zone atlantique du Nord vers le Sud puis de l’Occident vers l’Orient, une théorie courante dans les milieux ésotéristes du début du XXe siècle. Selon Evola, l’esprit primordial nordique ; la « lumière du Nord », à la spiritualité solaire, virile, royale et patriarcale aurait été alors vaincue par l’esprit méridional, la « lumière du Sud », inférieur, lunaire, féminin et matriarcal.
Après la Seconde guerre mondiale, Evola exerça une influence considérable sur l’extrême droite, tant européenne qu’états-unienne, comme le montre les régulières rééditions de ses livres, notamment les plus politiques.
Le renouveau des années 1990
Après la Seconde Guerre mondiale, le paganisme italique est resté longtemps occulté et n’a réapparu qu’à la fin des années 1960. Il a tout d’abord été réactivé dans des milieux aux marges des courants de la droite radicale, en particulier au sein d’Ordine Nuovo.
La tendance traditionaliste romaine évolienne est représentée depuis les années 1970 par des associations, la principale étant le Centro Studi Evoliani (« Centre d’Études Évoliennes »), ou CSE, fondé à Gènes en 1969, donc du vivant de Julius Evola. Ce centre « vise à promouvoir les recherches sur la pensée d’Evola et la diffusion de son œuvre, favorisant la parution de certains textes »[35]. À ce titre, le « C.S.E. créa des sections en France, en Belgique, en Amérique latine, en Autriche et en Hongrie »[36]. Son principal animateur est Renato Del Ponte, un proche de Julius Evola. En effet, c’est lui qui déposa les cendres de celui-ci dans une crevasse de haute montagne. Il est actif dans les milieux traditionalistes romains et reste un partisan de la « religion italique ». Il est aussi le fondateur de la revue Arthos, publiée de 1972 à 1990, puis de nouveau à partir de 1997, qui a pu être considérée comme l’organe du traditionalisme païen italien. C’est aussi l’âme des éditions SEAR et un traducteur.
La seconde association évolienne importante est la Fondazione Julius Evola (« Fondation Julius Evola ») : « […] constituée en mai 1974, à Rome, au Palais Bacelli où habitait Evola […]. Ses buts, qui avaient été fixés par Evola avant sa mort, sont la défense des valeurs traditionnelles, et la volonté de renforcer les liens entre ceux qui cherchent à diffuser la pensée d’Evola[37] ». Cette Fondation gère le fonds de manuscrits, livres, tableaux et objets ayant appartenu à Julius Evola et se consacre aussi à rassembler tous les articles écrits et/ou retravaillés par Julius Evola et dont la plupart le furent sous pseudonymes. Le journaliste et essayiste, Gianfranco De Turris actuel responsable de cette fondation, a dirigé l’édition des œuvres complètes de Julius Evola dans ce pays. Il dirige également depuis 1998 une revue dédiée à l’étude des thèses d’Evola, Studi Evoliani.
Par la suite, la mouvance italique s’est détachée d’Ordine Nuovo. La religion italique s’est structurée autour du Groupe des Dioscures qui disparaîtra en 1975. Le réel renouveau de la religion italique ne date que du début des années quatre-vingt, période à laquelle il renaît de « manière consciente et explicite »[38]. Selon Renato Del Ponte, la première manifestation publique, un colloque, a lieu le premier mars 1981 à Cortona. Depuis cette date de nombreux colloques ont été organisés autour de ce thème. D’autres initiatives ont vu le jour entre 1985 et 1990, dont quatre congrès (conventium I, II, III et IV) regroupant les différents groupuscules adeptes de la religion italique. Néanmoins, la pratique de la religion italique se fait dans un cadre strictement privé, le néopaganisme n’étant pas reconnu par l’État italien.
Au début des années 1990, une revue italienne, Politica Romana[39], non marquée à l’extrême droite, mais avec des considérations nationalistes, a été fondée par d’anciens collaborateurs de la revue ésotérique Ignis. Revista di Studi Iniziatici [40], qui se voulait l’héritière de la revue éponyme d’Arturo Reghini, Piero Fenili et Marco Baistrocchi. Ignis, comme Politica Romana, développaient des problématiques politico-spirituelles intéressants le « peuple » et la « nation » italienne. L’objectif des animateurs de Politica Romana était d’étudier la « Tradition romaine » et l’ésotérisme « orphico-pythagoricien ». Cette publication était intéressante car elle souhaitait se démarquer des thèses d’Evola et de Guénon, qu’elle a violemment critiqué sous la plume de Piero Fenili, tout en se plaçant dans une filiation « traditionnelle ». Elle avait également une vision positive du christianisme/catholicisme (une grande différence par rapport à Ignis, plutôt antichrétienne) et de la franc-maçonnerie. Elle s’intéressa aussi à la politique italienne et aux religions orientales, notamment le bouddhisme tibétain et le shintoïsme.
Piero Fenili consacra plusieurs articles à une critique approfondie des thèses évoliennes, en particulier son germanisme et sa promotion du Saint-Empire Romain Germanique. Au contraire, les auteurs de Politica Romana soutiennent l’idée d’une continuité ethnique et culturelle de la Rome antique jusqu’à aujourd’hui, faisant de l’Italie une sorte de terre sacrée et sacrale, Rome étant analysée comme une période faste avant la décadence, incarnée par le Moyen Age. Surtout, ces auteurs firent la promotion d’un empire universaliste. Pour cette raison, ils mirent en avant la Renaissance et l’époque Moderne, manifestation du retour de l’Empire et des valeurs romaines, ainsi que des personnes comme Dante ou Machiavel. Logiquement, ils défendirent le Risorgimento. La revue se plaçait donc sur deux plans : l’un politique, avec la promotion de la nation italienne ; l’autre spirituel, avec la mise en avant d’une religion qui serait propre à cette nation : la religion italique. De fait, une part importante du contenu de la revue portait sur l’étude des cultes à mystère de la Rome Antique, en particulier, et fort logiquement, le pythagorisme et l’orphisme, mais également sur le « Génie de Rome ».
La religion italique est donc une religion ethnique et identitaire, qui refuse à la fois le cosmopolitisme des Lumières, ce qui est paradoxal pour des promoteurs d’un empire universaliste, et les idées réactionnaires d’une partie de l’extrême droite italienne. Ses adeptes voient positivement le Risorgimento et la franc-maçonnerie, qui participent selon eux au retour de la Rome de l’Antiquité (ou du moins de ses idées). Il est curieux que les extrémistes de droite italiens ne la mettent pas en avant dans un contexte de repli identitaire, d’autant que le souvenir de Julius Evola et de son Impérialisme païen restent vivace en Italie, avec, notamment, une fondation qui réédite son œuvre. Les différents ouvrages traduits récemment par les éditions Ars Magna nous offrent la possibilité de découvrir ce monde foisonnant, inconnu du lectorat non italophone.
Notes
[1] Christian Bouchet est un vieux routier de l’extrême droite et la principale figure française du courant nationaliste-révolutionnaire (NR). Auteur prolifique, il a écrit de nombreux articles et ouvrages, portant sur l’extrême droite et l’histoire du courant NR, mais aussi sur l’histoire de l’ésotérisme et des religions minoritaires dont il est un spécialiste. Ainsi, il est docteur en ethnologie, ayant consacré une thèse à l’occultiste britannique Aleister Crowley.
[2] Marco Pasi, « compte rendu de Politica Romana nº 4 », in Politica Hermetica, nº 10, 1996, p. 286.
[3] Louve. Roma antiqva. Actualité politique et littéraire. Revue métapolitique de combat pour la refondation, nº 1, février 2002, Esternay.
[4] Pour un panorama exhaustif du néopaganisme, nous renvoyons le lecteur vers nos études : Stéphane François, « Néo-paganisme », in Bruno Dumézil (dir.), Dictionnaire des Barbares, Paris, Presses Universitaires de France, 2016, pp. 970-973 ; « Néo-paganisme », in Anne-Laure Zwilling (dir.), Les Minorités religieuses en France. Panorama de la diversité contemporaine, Paris, Bayard, septembre 2019, pp. 1228-1236.
[5] Il s’agit, selon le « Préambule éditorial » de Pier Luca Pierini, des « actes du 3ème Symposium international sur le Groupe d’Ur » in Gianfranco de Turris (dir.), Julius Evola et la dimension magique du groupe d’Ur, Nantes, Ars Magna, 2023, p. 7.
[6] Voir Julius Evola, L’École de mystique fasciste. Écrits sur la mystique, l’ascèse et la liberté, Nantes, Ars Magna, 2022.
[7] De formation universitaire, décédé en 2023, c’est lui qui déposa les cendres de celui-ci dans une crevasse du Mont Rose, dans les Alpes. Il était à l’origine du mouvement traditionaliste romain. Il était enfin un éditeur, animateur de la revue Arthos, et un traducteur. Il était, enfin, à l’origine du Centre d’études évoliennes en 1969. Il est l’auteur d’ouvrages importants dans cette mouvance néopaïennes comme Dei e miti italici: archetipi e forme della sacralità romano-italica, 1985 et plusieurs fois réédités ; Il movimento tradizionalista romano nel ‘900, 1987, La religione dei Romani, 1992, Evola e il magico Gruppo di Ur, 1994 ; I Liguri: etnogenesi di un popolo, 1999 ; La città degli Dei: la tradizione di Roma e la sua continuità, 2003 et Favete Linguis!: saggi sulle fondamenta del Sacro in Roma antica, 2010.
[8] Renato Del Ponte, Julius Evola et l’expérience du Groupe d’Ur. Suivi de Le mouvement traditionaliste romain, Nantes, Ars Magna, 2024.
[9] Les textes qu’Evola a publié dans cette revue, sous son nom ou sous différents pseudonymes, ont été traduits en français par les éditions Archè entre 1983 et 1986 (4 vol.) sous le titre Ur & Krur – Introduction à la magie 1927-1928-1929.
[10] Il est le fondateur du Mouvement traditionaliste italien à la fin des années 1980.
[11] Renato Del Ponte, « Les courants de la Tradition païenne romaine en Italie », Antaïos, nº 10, été 1996, p. 166.
[12] Ibid., p. 166.
[13] Ibid., p. 167.
[14] Le Genius était, dans la Rome antique, une entité de nature divine qui présidait à la sauvegarde d’un individu, l’empereur, d’une communauté, le Sénat ou le peuple romain, ou d’un lieu, comme Rome.
[15] Cet ordre magique fut fondé vers 1895 par un journaliste allemand, Theodor Reuss et un riche industriel autrichien, Karl Kellner, tous deux passionnés par l’ésotérisme et l’Orient. À la mort de Kellner en 1905, Reuss le réorganisa sur des bases nouvelles, en particulier sur la magie sexuelle. Aleister Crowley implanta l’ordre en Angleterre en 1912. À partir des années vingt, il est impossible de distinguer l’OTO de la « religion de Thélème » de Crowley, les deux fusionnant.
[16] G. M., « Guénon, De Giorgio et la “réorientation” de Julius Evola », pp. 30-31, in Guido De Giorgio, L’instant et l’éternité, Milan, Archè, 1988.
[17] Ibid., p. 31.
[18] Renato Del Ponte, « Les courants de la Tradition païenne romaine en Italie », art. cit., p. 168.
[19] Guido De Giorgio, La Tradizione romana, Milan, Flamen, 1973.
[20] Guido De Giorgio, L’instant et l’éternité, op. cit., Note liminaire de l’éditeur, pp. 9-21.
[21] Piero Di Vona, Evola e Guénon. Tradizione e Civiltà, Naples, Società editrice Napolitana, 1985, p. 193, cité dans la note liminaire de l’éditeur, in G. De Giorgio, L’instant et l’éternité, op. cit., p. 17.
[22] Julius Evola, Symboles et « mythes » de la tradition occidentale, Milan, Archè, 1980.
[23] Julius Evola, La doctrine de l’Éveil. Essai sur l’ascèse bouddhiste, Milan, Archè, 1976.
[24] Julis Evola, Impérialisme païen avec un Appendice polémique sur les attaques du parti guelfe, Puiseaux, Pardès, 1993.
[25] Julius Evola, Révolte contre le monde moderne, Lausanne, L’Âge d’Homme, 1991.
[26] Arthur Branwen, Ultima Thulé, Julius Evola et Herman Wirth, Nantes, Ars Magna, 2024.
[27] Julius Evola, Les hommes au milieu des ruines, Grez-sur-Loing, Pardès, 2005.
[28] Julius Evola, Chevaucher le tigre, Paris, Guy Trédaniel Éditeur, 2002.
[29] Sur les idées de Julius Evola, voir Stéphane François, « L’anthropologie évolienne, la race de l’“esprit” et le judaïsme », L’occultisme nazi. Entre la SS et l’ésotérisme, Paris, CNRS Éditions, 2020, pp. 101-128.
[30] Pierre-André Taguieff, « Julius Evola, penseur de la décadence », Politica Hermetica, nº 1, 1987, p. 11.
[31] Ibid., p. 29.
[32] Ibid., p. 29.
[33] Giovanni Monastra, « Julius Evola, des théories de la race à la recherche d’une anthropologie aristocratique », Nouvelle École, nº 47, 1995, pp. 54-55.
[34] Philippe Baillet, « “Lâcher prise” et maîtrise sur le chemin du cinabre. », Politica Hermetica, nº 13, 1999, p. 227.
[35] Christophe Boutin, Politique et tradition. Julius Evola dans le siècle 1898-1974, Paris, Kimé, 1992, p. 417.
[36] Ibid., p. 418.
[37] Christophe Boutin, Politique et tradition, op. cit., p. 418.
[38] Renato Del Ponte, « Les courants de la Tradition païenne romaine en Italie », art. cit., p. 169.
[39] La revue semble avoir existé de 1994 (n°1) à 1999 (n°5).
[40] Sur l’histoire de cette revue, voir l’article de Laszlo Toth, « Ignis Redivivus », Politica Hermetica, n°6, 1992, pp. 131-138.