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Le Sens de la marche

image6Par Nicolas Lebourg

Une épreuve est passée, mais elle n’est pas achevée. L’unité de la nation à laquelle beaucoup aspirent devrait s’exprimer dans des «marches républicaines», une terminologie qui sous-entend qu’il ne saurait s’agir de mettre ensemble tout le monde et n’importe qui.

Un système politiquen ce sont des institutions et le socle culturel sur lequel elles se fondent. Il devrait être évident qu’une marche républicaine ne concerne pas ceux qui ne respectent pas les conceptions de la République. C’est bien le double chantier qui s’offre à nous: repenser notre ordre public, réinvestir nos valeurs.

La fragmentation de la France

Au contraire de ce que pensaient les assassins, Charlie Hebdo (auquel j’ai participé par des textes) n’a bien sûr jamais attaqué l’islam, mais l’islamisme. Une certaine gauche qui n’existe guère que sur les réseaux sociaux et blogs a répandu les pires insanités à ce propos.

Je n’oublie pas ces gens de «la vraie gauche» qui diffusaient un dessin de Charb réagissant aux insultes racistes contre Christiane Taubira en enlevant la légende du dessin pour faire croire que c’était Charb qui produisait un dessin raciste. Je n’oublie pas ce rap qui appelait à la violence contre l’équipe de Charlie Hebdo. Je n’oublie pas ceux qui avaient retravaillé une page avec une citation de Philippe Vardon, dirigeant du Bloc identitaire, en enlevant le dessin de Tignous et le reste du texte, et diffusaient cette contrefaçon en affirmant que Charlie publiait une tribune du Bloc identitaire. Je n’oublie pas ces pseudo militants antiracistes qui se voudraient inatteignables aujourd’hui à coups de larmes de crocodile, mais qui participaient à l’hallali contre Charlie au temps de l’incendie de ses locaux ou de la diffusion des caricatures danoises.

 Gavés de bonne conscience jusqu’à en vomir, pour tenir leur petite place dans le marché du rien. On voit ici, à gauche, des personnes dont il faut dire qu’elles ne sont pas de notre camp.

Par ailleurs, la conception multicommunautariste qu’elles portent généralement va à l’encontre des principes unitaires aujourd’hui revendiqués mais qui viennent en notre histoire d’avant même la Révolution française. Toutefois, cela ne se limite pas qu’à cette marge. Quand cesserons nous d’entendre politiques et médias parler des «juifs de France», des «musulmans de France», etc? Pour un républicain il n’y a que des Français, dont la religion n’est qu’un adjectif (un Français juif / musulman / athée / etc.).

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