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Pouvoirs : le Front National

Lippi

Lorenzo Lippi, vers 1640.

La revue Pouvoirs a été créée en 1977 aux Presses universitaires de France par Philippe Ardant et Olivier Duhamel.

Elle est publiée par les Éditions du Seuil depuis 1994 et dirigée actuellement par Olivier Duhamel, Marc Guillaume et Claire Zalc.

Son numéro 157 vient de paraître et rassemble des analyses sur le Front National – on y retrouve trois membres de l’Observatoire des radicalités politiques : Cécile Alduy, Alexandre Dézé et Nicolas Lebourg.

  • Grégoire KAUFFMANN

    Les origines du Front national

    Créé en octobre 1972, le Front national puise ses origines dans le terreau du «nationalisme révolutionnaire», idéologie portée par les jeunes néofascistes du mouvement Ordre nouveau. Au sein des extrêmes droites françaises, Jean-Marie Le Pen représente alors une tendance plus « modérée ». Il est pourtant l’homme que les militants d’Ordre nouveau vont choisir pour présider le Front national. Le chemin parcouru en commun sera de courte durée, Le Pen restant à l’arrivée seul maître à bord. Inscrit dans les gènes du FN, l’échec de cette tentative de rassemblement éclaire les contradictions d’un parti tiraillé entre dénonciation du « système » et velléités d’intégration au jeu politique, exaltation de la violence et conservatisme.

  • Cécile ALDUY

    Nouveaux discours, nouveaux succès

    L’arrivée de Marine Le Pen à la tête du Front national en 2011 marque un double tournant dans l’histoire du parti : d’un côté un renouvellement du discours, du leadership et de l’image du FN ; de l’autre une dynamique électorale ascendante. L’un explique-t-il l’autre ? La confrontation entre analyse des discours de Marine Le Pen et étude des motivations du vote frontiste laisse présager une droitisation de l’électorat plutôt qu’un recentrement idéologique du parti.

  • Marine TURCHI

    L’argent du Front national et des Le Pen. Une famille aux affaires

    L’histoire du Front national a été rythmée par de nombreux feuilletons financiers, révélant la gestion personnelle et familiale de ce parti. Jean-Marie Le Pen et Marine Le Pen ont mis en place un système hypercentralisé au FN, qui leur permet de garder la main sur les finances, en plaçant leur premier cercle au poste de trésorier et en créant leurs propres micro-partis. Aujourd’hui, le fondateur et la présidente du FN sont visés par plusieurs enquêtes judiciaires, qui concernent le financement du parti mais aussi leurs patrimoines. Cet article est également disponible sur le site de Médiapart, cliquez ici pour y accéder

  • Alexandre DÉZÉ

    Le changement dans la continuité : l’organisation partisane du Front national

    Si l’on dispose aujourd’hui d’une connaissance quasi encyclopédique du Front national, certains aspects restent encore à ce jour peu étudiés. C’est le cas de l’organisation partisane de ce parti. Or la prise en compte de la dimension structurelle du phénomène frontiste apparaît indispensable : non seulement pour comprendre la manière dont fonctionne le parti, mais aussi pour prendre la mesure de son renouvellement, souvent plus affirmé que vérifié, depuis que Marine Le Pen a été élue à sa présidence en janvier 2011. Quatre aspects sont plus particulièrement examinés ici : l’organigramme du FN, les logiques de fonctionnement interne du parti, sa stratégie de développement organisationnel, les membres actifs qui le composent (cadres et militants). L’objet de l’article est de déterminer si, au regard de ces différents aspects, il est possible ou non de parler d’un « nouveau » FN.  Cet article est également disponible sur le site de Médiapart, cliquez ici pour y accéder

  • Pascal PERRINEAU

    Montée en puissance et recompositions de l’électorat frontiste

    Depuis 2011, le Front national a connu une constante montée de son influence électorale, qui l’a amené à être aujourd’hui le parti ayant le premier électorat de France. Cette dynamique exceptionnelle plonge ses racines dans l’accentuation de la crise économique et sociale, dans l’aggiornamento politico- idéologique qui a été mis en œuvre par Marine Le Pen au sein de son parti, dans la déception profonde vis-à-vis de la gauche au pouvoir, dans les désillusions par rapport à une droite en reconstruction laborieuse et difficile, mais aussi dans la conjoncture d’attentats meurtriers qui ont propulsé au premier plan de l’agenda politique les thèmes de la sécurité, de l’immigration et de l’islamisme, dont on sait qu’ils sont portés depuis des décennies par le Front national.

  • Philippe RAYNAUD

    La nébuleuse intellectuelle du Front national

    Les relations entre le Front national et le monde intellectuel ont toujours été déterminées par la ligne politique suivie plus que par des affinités doctrinales. Le « premier Front national » fédérait des groupes de sensibilités opposées tout en cherchant à apparaître comme le seul parti « de droite » conséquent. Le Front national « dédiabolisé » de Marine Le Pen a abandonné les références ambiguës à la Seconde Guerre mondiale et se présente comme un parti souverainiste, républicain et social, ce qui le conduit à faire un large usage d’auteurs et d’artistes venus de la gauche, sans vraiment obtenir de soutien de leur part.

  • Thomas EHRHARD

    Le Front national face aux modes de scrutin : entre victoire sous conditions et influences sur le système partisan

    Les résultats électoraux du Front national depuis 2012 témoignent d’une dynamique électorale positive et interrogent : le FN peut-il l’emporter ? Son ascension électorale permet d’étudier, d’une part, les déterminants de sa victoire dans le système électoral de la Ve République et de questionner, d’autre part, le devenir du système partisan face à l’essor de ce parti.

  • Nicolas LEBOURG

    Les dimensions internationales du Front national

    Si le Front national de Marine Le Pen a intensifié la dimension souverainiste de son positionnement, il n’en demeure pas moins un parti disposant d’un écosystème international. Le changement de génération entre les Le Pen n’a pas révolutionné la conception géopolitique du FN, d’autant que les théoriciens de l’extrême droite radicale ont laissé un legs varié de conceptions mobilisables. Néanmoins, l’orientation frontiste est dorénavant bien plus pro-russe, aspect qui se retrouve également dans les relations transnationales du FN où Moscou a remplacé Rome comme partenaire prioritaire. Enfin, le FN tente d’organiser l’extrême droite européenne à travers sa présence au Parlement européen, ce qui recouvre en outre des intérêts pratiques et financiers dans la course électorale nationale.rubon349-60f31

  • Gilles IVALDI

    Le Front national français dans l’espace des droites radicales européennes

    En dépit de ses évolutions récentes, le Front national français conserve les traits distinctifs de la droite radicale populiste européenne, au regard de la pérennité de sa stratégie de « niche » sur les enjeux culturels tels que l’immigration ou l’islam et de la permanence de son populisme ethno-nationaliste autoritaire. Le FN se trouve en outre à la pointe du combat contre l’Union européenne et son programme dessine les contours d’un social-populisme de crise(s). En termes systémiques, enfin, le parti de Marine Le Pen se situe aujourd’hui au « barycentre » stratégique de la droite radicale en Europe, entre tentative de normalisation et radicalité.

  • Pierre ASTIÉ, Dominique BREILLAT, Céline LAGEOT

    Repères étrangers – 1er octobre – 31 décembre 2015

  • Pierre AVRIL, Jean GICQUEL

    Chronique constitutionnel française – 1er octobre – 31 décembre 2015

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