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Nicolas Lebourg : socio-histoire de l’extrême droite radicale

Voici le troisième volet des auditions de quatre contributeurs de Fragments sur les temps présents auditionnés à l’’Assemblée nationale le 30 janvier 2019 par la commission d’enquête parlementaire ayant pour objet « la lutte contre les groupuscules d’extrême droite ». Vous pouvez retrouver ici l’ensemble des propos liminaires et des débats de la commission de ce jour.

Extraite des vidéos tournées par les services de l’Assemblée, vous pouvez retrouver ci-dessous le propos introductif de Nicolas Lebourg esquissant une socio-histoire de l’extrême droite radicale :

Pour aller plus loin :

Une analyse de Nicolas Lebourg sur l’histoire et l’actualité du positionnement des extrêmes droites françaises dans le champ magnétique de la Russie

Les extrêmes droites ne se réduisent pas en France au parti de la famille Le Pen. Plurielles et fonctionnant en réseaux, elles sont aujourd’hui largement dans le champ magnétique de la Russie. Cependant, cela n’est réductible ni à l’aura de Vladimir Poutine, ni aux besoins de financements de Marine Le Pen. Sur la question russe, les engagements militants des nationalistes français vont du combat culturel présentant des doxa géopolitiques au combat armé, les débats entre eux sont riches et renvoient à leur définition du rapport entre ethnies et nation dans leurs conceptions organicistes. Les guerres en ex-Yougoslavie et en Ukraine ont permis une considérable accélération de l’orientation à l’Est de ces formations, ainsi que de leurs relations pratiques avec la scène politique russe. Lire la suite

 

Un entretien de Nicolas Lebourg sur la structure historique des positionnements autour de la patrie

Marine Le Pen, comme son père, se réfère à l’extrême droite de la fin du XIXe siècle. En effet, la candidate du Front national s’inscrit dans le courant national-populiste apparu en France dans les années 1880, après la défaite de 1870 face à l’Allemagne. Celui-ci s’articule autour d’une République référendaire, opposée aux élites prétendument corrompues. Un nationalisme qui, paradoxalement, dans son esprit de revanche contre l’Allemagne, se crispe totalement et développe certains liens avec le nationalisme dit « à l’allemande », beaucoup plus ethnique. Ainsi, Maurice Barrès, grand théoricien de l’extrême droite française, défend, dès la fin du XIXe siècle, le principe de « la terre et les morts » : une idée selon laquelle il faut être lié par la terre et le sang pour être Français. Le slogan de campagne de M. Barrès « À bas les étrangers » ne laisse d’ailleurs pas beaucoup de place au doute sur ses intentions. Ce dernier récuse toutefois l’étiquette de nationaliste et répond à ses détracteurs : « Je suis un patriote ». Lire la suite

Présentation et extraits de l’ouvrage codirigé par Nicolas Lebourg  et Isabelle Sommier : La Violence des marges politiques des années 1980 à nos jours

Explorer le cœur des radicalités, des néo-nazis aux ultras gauches, ce n’est pas les amalgamer. C’est vouloir comprendre le basculement d’une société qui, à partir des années 1980, récuse toute valeur à la violence politique. Alors que les partis extrémistes se normalisent et s’installent dans le paysage électoral, la radicalité se réfugie dans les marges. La pluralité de celles-ci ne dissimule pas des dynamiques générales : dans la France récente, si la violence des militants politiques est moins importante qu’avant, elle est aussi plus structurée selon un mode horizontal. Elle est faite par réseaux et bandes. Elle surgit plus en réaction à une action des ennemis désignés qu’en fonction d’un agenda propre. Elle est plus souvent une question de style ou d’esthétique mobilisant le noyau militant qu’une stratégie de déstabilisation politique. Cette fluidité et cette basse intensité sont en résonance avec l’évolution internationale, comme en témoignent des phénomènes tels que les Black blocs ou les Nationalistes Autonomes. Lire la suite

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