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Les Le Pen, une histoire machiavélique

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Nicolas Machiavel par Santi di Tito

Par Nicolas Lebourg

Avant de se rendre devant le Bureau exécutif du FN, Jean-Marie Le Pen a pris soin de tweeter un message de condoléances pour la mort d’Emmanuel Ratier, écrivain cherchant l’influence sioniste ou franc-maçonne dans la vie politique. Le message est clair: pas de concession, jamais.

Comment en sont-ils arrivés là? En politique, Nicolas Machiavel (1469-1527) demeure assurément l’un des meilleurs maîtres. Florian Philippot et Marine Le Pen ne l’ont probablement pas lu, et c’est fort dommageable pour eux.

Dans le domaine de la cruauté, le maître florentin est explicite: «Il y a des cruautés bien pratiquées et des cruautés mal pratiquées.» Les premières sont étendues et commises au début du règne afin de pourvoir à la sûreté du nouveau prince (par exemple, Hitler, en massacrant à la fois sa droite et sa gauche le 30 juin 1934, appliqua parfaitement ce principe). Le prince arrivant au pouvoir doit déterminer posément toutes les cruautés qu’il lui est utile de commettre et les exécuter en bloc pour n’avoir pas à y revenir.

En acceptant de confier à son père la présidence d’honneur du parti en 2011, et en ne prévoyant pas à l’avance de voie de sortie, Marine Le Pen a emprunté le chemin inverse de celui décrit par Machiavel. Mais, pis, l’auteur italien nous enseigne sur l’étendue des problèmes posés par une faiblesse initiale. Il nous explique que les cruautés mal pratiquées, de peu nombreuses au début, «se multiplient avec le temps au lieu de cesser».

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