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Dissoudre la Ligue de défense Juive ou dissoudre l’Etat ?

christopher mckenney dissolutionPar Nicolas Lebourg

Selon Libération, la dissolution de la Ligue de défense juive serait à l’ordre du jour. Cette prérogative de l’Etat d’exclure une formation de l’espace public a souvent été employée par vagues, avec des interdictions frappant divers groupuscules dans le même temps. La dernière vague, en 2013, a été consécutive de la mort du jeune militant antifa Clément Méric, mais elle visait en fait avant tout à rappeler l’autorité et la légitimité de l’Etat, à la suite des débordements physiques et verbaux factieux constatés aux marges des manifestations contre le Mariage pour tous.

Un an après, cette proclamation d’autorité n’a pas porté ses fruits, puisque des milliers de personnes peuvent défiler lors de manifestations non-autorisées.

Si les vagues de dissolutions sont généralement dédiées à un espace politique spécifique (par exemple les gauchistes en 1968, l’extrême droite radicale en 2013), elles peuvent aussi frapper plusieurs bords concomitamment (ainsi en 1973 la trotskyste Ligue communiste et le néofasciste Ordre nouveau).

La légalité des mouvements est généralement préférable

Une potentielle dissolution de la LDJ ne signifierait donc nullement, comme ses porte-parole l’affirment, que l’Etat a choisi un camp, mais, bien au contraire, qu’il rappelle sa capacité répressive aux divers protagonistes des actuels excès.

Concernant la LDJ, il n’y a pas d’obstacle juridique à sa dissolution. Cette milice d’extrême droite voit tant ses idées que ses actions pouvoir être des causes de dissolution. Est-il pour autant utile de la dissoudre? C’est là un point qui relève moins du droit stricto sensu que de technique du maintien de l’ordre. Lire la suite sur Slate

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