Nouveau

Que sait-on du Front national ?

Source inconnue.

Première parution : Alexandre Dézé,  « Que sait-on du Front national ? », Olivier Fillieule, Florence Haegel, Camille Hamidi, Vincent Tiberj (dir.), Sociologie plurielle des comportements politiques, Paris, Presses de Sciences Po, 2017, p. 239-270.

Le Front national (FN) est sans conteste le parti politique français qui a été le plus étudié au cours de ces dernières décennies. À ce jour, pas moins de 210 ouvrages1 ont été publiés sur la formation frontiste, sans compter les innombrables chapitres de livres, articles de revues, actes de colloques, thèses et mémoires inédits. Dans cette littérature foisonnante, peu de travaux font autant référence que ceux de Nonna  Mayer. Paru sous sa codirection à la fin des années 1980, Le Front national à découvert constitue aujourd’hui encore une pièce maîtresse de la bibliographie sur ce parti (Mayer et Perrineau, 1996a [1989])2. Publié en 2002, Ces Français qui votent Le Pen reste l’une des contributions les plus substantielles à la compréhension de l’électorat frontiste (Mayer, 2002)3. Quiconque s’intéresse au FN aura par ailleurs nécessairement pris connaissance des analyses de Nonna Mayer sur les militants d’extrême droite (Klandermans et Mayer, 2001 ; Klandermans et Mayer, 2006), sur la question de la qualification du phénomène extrême droitier (Mayer, 2005, 2007b, 2012), sur l’importance de ce phénomène en Europe (Mayer, 2002, p. 281-312 ; 2009) ou encore sur le racisme et l’antisémitisme (CNCDH, 2015). Produit de près de trente années de recherche, l’œuvre de Nonna Mayer occupe ainsi une place centrale dans la recherche sur l’extrémisme de droite contemporain.

Aussi nombreux soient-ils, les travaux sur le FN n’ont suscité à ce jour que peu de bilans critiques (Husbands, 2002 ; Le Bohec, 2005). On pourrait s’en étonner, mais ce serait oublier que le champ de la recherche sur le FN est un champ quelque peu à part où l’on s’embarrasse rarement de considérations épistémologiques (pour quelques rares exceptions, voir Boumaza, 2001 ; Bizeul, 2003, 2008). Cette atypicité tient pour partie à la fragmentation disciplinaire du champ en question et au caractère non académique de la plupart des contributions existantes (il existe ainsi bien plus d’ouvrages journalistiques ou d’essais politiques sur le FN que de livres proprement universitaires). Il semble cependant que l’illégitimité politique de l’objet ait également trop souvent servi de justification tacite à des pratiques de recherche ou d’investigation exceptionnelles.

Les travaux sur le FN pâtissent assurément de ce point de vue d’un déficit de « normalisation méthodologique » (Roussel, 2003a ; Dézé, 2008) : les outils théoriques et conceptuels des sciences sociales sont généralement délaissés au profit d’analyses descriptives et normatives ; les méthodes d’enquête prennent parfois un caractère hétérodoxe (l’infiltration4, la psychanalyse5) ; l’objet frontiste apparaît souvent traité à distance, sans investigation de terrain et à partir de sources de seconde main6 ; les connaissances sont rarement produites dans une logique cumulative, tendant à conférer à la littérature un caractère inchoatif où se rejouent toujours, un peu, la même histoire et les mêmes analyses. Cette singularité de la recherche sur le FN permet de mieux comprendre les nombreux écueils et points aveugles de la littérature et, partant, les critiques parfois vives (et quelquefois injustifiées) qu’elle a pu susciter (Lacroix, 1985 ; Blondel et Lacroix, 1989) ; Roussel, 2003a, 2003b ; Lehingue, 2003 ; Collovald, 2004 ; Le Bohec, 2005). En 2005, Jacques Le Bohec pouvait ainsi affirmer que l’« on sait peu de choses sûres à propos du phénomène Le Pen ». L’auteur n’hésitait pas, alors, à comparer la recherche sur le FN à un « fiasco » (2005, p. 4). On ne saurait cependant souscrire à un tel point de vue. Certes, la littérature comporte d’évidentes limites, mais elle se révèle également riche de multiples apports. On tentera ici d’en rendre compte en repartant des principaux questionnements qui ont animé la recherche depuis une quarantaine d’années et en évoquant, à défaut d’une impossible exhaustivité, les principaux travaux qui s’y rattachent.

Une histoire balisée

La dimension historique du phénomène frontiste est sans doute l’un des aspects qui a été le mieux étudié. Il faut ici distinguer deux ensembles de travaux. Le premier regroupe les contributions qui se sont intéressées aux antécédents du parti en cherchant à remonter le fil de ses origines doctrinales, à le rattacher à une « famille politique » donnée ou à établir les contours de sa « culture politique » (Milza, 1987 ; Chebel d’Appollonia, 1988 ; Milza, 1992 ; Winock, 1993 ; Camus, 1997a). Ces travaux ont notamment permis d’établir tout un jeu de filiations (idéologiques, discursives, symboliques) entre le FN et la plupart des courants et des mouvements qui ont pu être rattachés à l’extrême droite, qu’il s’agisse de la droite contre-révolutionnaire, du boulangisme, de l’agitation ligueuse, du pétainisme ou encore du poujadisme.

On a pu cependant reprocher à leurs auteurs d’occulter les singularités aussi bien contextuelles qu’organisationnelles du parti frontiste (Lacroix, 1985 ; Birenbaum, 1992a)7 ou encore d’imposer des taxinomies discutables. De ce point de vue, le débat le plus vif a porté sur les liens entre le FN et le fascisme (et donc sur sa qualification en tant que parti fasciste), opposant d’un côté les historiens tenants de la « thèse immunitaire » (Berstein, 1983 ; Berstein et Winock, 2014) et de l’autre, certains politistes (Dobry, 1989, 2003 ; Collovald, 2003) s’appuyant notamment sur les travaux de Zeev Sternhell (voir notamment 2000 [1978], 2000 [1983]). Ce débat a mis en jeu des positions a priori inconciliables. Pourtant, on peut être tout à la fois convaincu de l’existence d’un « fascisme français » et, en même temps, rappeler qu’on ne gagne pas grand-chose à considérer le FN comme un parti « fasciste », sinon à « perdre le sens de la distinction » (Miles, 1994, p. 548).

Certes, le parti d’extrême droite français a bien été créé par les responsables d’un groupuscule néofasciste avant d’être dominé de 1974 à 1978 par la tendance nationaliste-révolutionnaire de François Duprat. Aujourd’hui encore, on retrouve dans la pensée frontiste certains des composants de ce que Pierre Milza a pu appeler « l’alliage fasciste » (1987, p. 433) : l’hostilité envers la classe politique, l’affirmation d’une identité « sociale, nationale et populaire », l’anticommunisme, l’exaltation d’un État fort, le culte du chef et de l’ordre. Mais ces composants (qui ne sont pas l’exclusivité du FN) sont insuffisants pour dire concrètement ce qu’il est – un constat qui fait aujourd’hui largement consensus (voir par exemple Bihr, 1998 ; Camus, 2003) et qui, contrairement à ce que certains contempteurs des thèses historiques ont pu affirmer (Collovald, 2002 ; Pattieu, 2003), ne revient pas pour autant à relativiser la « dangerosité » du parti (si tant est que ce genre de considération soit recevable d’un strict point de vue académique).

Le deuxième ensemble de travaux à dimension historique rassemble des contributions qui ont cherché à retracer a posteriori les grandes étapes de l’évolution politique du FN (Camus, 1997b ; Lecœur, 2003). Cet intérêt pour le passé frontiste a été relancé avec l’élection de Marine Le Pen à la présidence du FN en 2011, donnant lieu à plusieurs publications. Tandis que certaines contributions se contentent souvent de redonner à lire la même histoire déjà bien connue (Simon, 2011), d’autres ambitionnent d’en livrer un point de vue renouvelé en s’appuyant sur des sources inédites – archives, iconographie (Zvonimir, 2011 ; Igounet, 2014) –, en privilégiant la parole des acteurs (Albertini et Doucet, 2013), en s’intéressant à ceux qui « ont fait le parti » (l’ouvrage de Joseph Beauregard et Nicolas Lebourg sur les « numéros 2 » du FN constitue à ce titre l’un des essais récents les plus stimulants sur le parti [2012a]) ou en explorant certains aspects encore méconnus : souvent occultée, la genèse du FN a notamment donné lieu à de précieuses investigations historiques sur ses principaux instigateurs (Beauregard et Lebourg, 2012b ; Beauregard, Lebourg et Preda, 2014), mais aussi à des analyses plus sociologiques centrées sur les modalités de la fabrique partisane frontiste (Aït-Aoudia et Dézé, 2011).

La lutte pour l’imposition d’une taxinomie légitime

La question de la qualification du Front national a constitué l’une des autres préoccupations majeures de la recherche sur ce parti. Dans la littérature, les labels n’ont cessé de s’accumuler, témoignant de l’impossibilité manifeste de parvenir à un consensus taxinomique pour désigner l’organisation frontiste : « national-populisme » (Taguieff, 1984a, 1984b), « droite nationale-populiste » (Genga, 2015), « extrême droite » (Camus, 1985 ; Hainsworth, 1992), « droite radicale » (Merkl et Weinberg, 1993), « populisme de droite radicale » (Betz, 1994), « nouvelle droite radicale » (Kitschelt, McGann, 1995), « parti anti‑immigrés » (Gibson, 1995), « populisme nationaliste » (Viard, 1996), « nouvelle droite » (Poirier, 2001), « nouvelle droite néofasciste » (Davies et Lynch, 2002), « populisme » (Wieviorka, 2013), « néopopulisme » (Lecœur, 2003), « extrême droite populiste » (Perrineau, 2004), « nouveau national-populisme » (Taguieff, 2012), etc. L’intensité de cette « guerre des mots » (Mudde, 1996) s’est trouvée décuplée dans les travaux sur les partis d’extrême droite en Europe : à la fin des années 2000, on ne recensait pas moins d’une soixantaine de labels différents pour désigner une vingtaine de formations en activité (Dézé, 2007). Ce phénomène est sans équivalent dans la recherche sur les partis politiques et, pourtant, il n’a donné lieu qu’à quelques rares tentatives d’explication.

Or, on gagne ici à « prendre pour objet la difficulté même de l’identification en en faisant non seulement un problème de construction de l’objet mais aussi une propriété de l’objet » (Pudal, 1994, p. 203). Dans le cas du FN, l’absence d’accord classificatoire s’explique notamment par le caractère idéologiquement hétérogène et mouvant du phénomène frontiste, mais aussi par l’existence de traditions d’analyse antagoniques dont découle un usage privilégié de certains labels (Mudde, 1996 ; Backes, 2001). Il faut encore tenir compte des logiques de « champ » (Bourdieu, 1997) et notamment des perspectives de profits associées à l’imposition de nouvelles catégorisations, qui offrent potentiellement autant d’occasions de se positionner dans l’espace de production des savoirs sur le FN (Collovald, 2003, 2004). On ne saurait comprendre autrement l’existence dans cet espace de concepts aussi improbables que celui de « napisme » – contraction de national-populisme (Wallon, 1999) – ou de « populisme liquide » (Liogier, 2013).

Faut-il pour autant renoncer à toute entreprise de catégorisation du FN ? L’exercice perd de son heuristique dès lors qu’il devient l’objet même de la recherche au lieu de rester un préalable à la recherche. Mais comme le rappelle Daniel Gaxie, « pour analyser sociologiquement des partis et leurs sympathisants, il faut bien caractériser et donc nommer leurs manières de voir » (Gaxie, 2006, p. 224). Or, nommer, ou classer, ce n’est pas forcément essentialiser. Il semble en effet possible de pouvoir qualifier un parti tout en conciliant cet impératif méthodologique avec un regard attentif aux modalités de production des identités partisanes ou à leurs usages différenciés par les agents partisans. Bien plus, il n’est pas interdit de penser qu’il serait possible, dans le cas du FN, de parvenir à un accord minimal en ce qui concerne sa labellisation – et ce, sans que cette opération s’apparente à un « coup de force symbolique qui institue le chercheur en position de juge suprême de la lutte des classements » (Offerlé, 1997 [1987], p. 16 ; voir aussi Dobry, 2005).

On peut ainsi s’étonner de la résilience de certaines catégories alors même qu’elles ont déjà donné lieu à d’abondantes discussions. Il est ainsi remarquable qu’une notion « si franchement condamnable » (Geertz, 2001, p. 43) et si franchement condamnée que celle de « populisme » (Taguieff, 2002 ; Collovald, 2004 ; Dézé, 2004) ait pu connaître un usage inflationniste dans les travaux sur le FN et sur ses homologues européens. De même, on peut s’étonner que les notions de « droite radicale » ou de « nouvelle droite » n’aient pas encore été écartées de la gamme des labels autorisés pour désigner l’organisation frontiste. La première renvoie en effet à une double tradition politique bien connue qui n’entretient guère de rapport avec le FN – la droite américaine telle qu’a pu s’incarner dans des mouvements comme le maccarthysme, et la droite italienne portée par des organisations aux objectifs illicites, tels que Avanguardia nazionale, Ordine nero ou Squadre di Azione Mussolini.

Quant à la notion de nouvelle droite, elle réfère également à deux courants bien établis : d’un côté, le néoconservatisme des années 1960-1970 aux États-Unis et en Grande-Bretagne (New Right), de l’autre le courant métapolitique et culturel (Nouvelle Droite) qui s’est notamment constitué en France autour du Groupement de recherche et d’études pour la civilisation européenne (Grece) fondé en 1968 et de ses revues (Nouvelle École, Eléments), puis du Club de l’Horloge (fondé en 1974 par d’anciens membres du Grece) – courant que l’on retrouve sous des formes plus ou moins diverses un peu partout en Europe (Duranton-Crabol, 1988 ; Taguieff, 1994). Subsiste donc, parmi les concepts de base, celui d’extrême droite, qui n’est certes pas exempt de critiques (Camus, 1997b ; Mayer, 1999 ; Le Bohec, 2005), mais qui présente le mérite de reposer sur un double critère positionnel et idéologique (Ignazi, 1994).

Si le FN peut être qualifié de parti d’extrême droite, c’est parce qu’il occupe la position la plus à droite de l’échiquier politique (ce qu’indiquent les diverses données d’enquêtes, aussi peu satisfaisantes soient-elles : analyses du Manifesto Group Research, enquêtes qualitatives et quantitatives auprès des électeurs, sondages auprès d’experts) et qu’il est porteur d’un ensemble de traits doctrinaux qui le distinguent de la droite républicaine : un nationalisme de type conservateur axé sur la préservation de la nation française et de son héritage identitaire ; un néoracisme à dominante différentialiste et préférentialiste ; la préférence accordée aux nationaux en matière d’accès aux droits sociaux (ce que les observateurs anglo-saxons nomment le « chauvinisme du bien-être ») ; la revendication d’un « État fort » (au sens régalien du terme) ; et enfin un « antisystémisme » (voire pour certains auteurs un « antidémocratisme ») qui se manifeste par le rejet des fondements axiologiques et politiques du régime démocratique français – soit autant de traits que l’on retrouve dans les définitions génériques de l’extrême droite proposées par Cas Mudde (1996), Gilles Ivaldi et Marc Swyngedouw (2001) ou encore Roger Eatwell (2004).

De l’identification des causes à l’obsession étiologique

Entre 1972 et 1984, le Front national ne suscite guère d’intérêt académique – les travaux sur cette phase groupusculaire de l’histoire du parti restant à ce jour encore relativement rares. L’attention portée au FN change cependant avec les premiers succès électoraux que le parti obtient au milieu des années 1980. La principale question qui retient alors l’attention des observateurs porte sur les causes du phénomène. Sont invoqués, pêle-mêle, l’arrivée de la gauche au pouvoir, la crise de l’État providence, la contestation croissante des formes traditionnelles de médiation politique, le scrutin proportionnel (aux élections européennes de 1984 et aux élections législatives de 1986), la montée du chômage, l’anomie urbaine, la déstructuration des systèmes d’intégration sociale traditionnels, les préoccupations sécuritaires, le brouillage du clivage gauche-droite, la mondialisation, le traitement médiatique du FN, les qualités oratoires et télévisuelles de Jean-Marie Le Pen, les fondements de la rhétorique frontiste, la politisation de l’immigration (Plenel et Rollat, 1984 ; Taguieff, 1984a, 1984b ; Honoré, 1985 ; Charlot, 1986 ; Perrineau, 1988 ; Ignazi, 1996 [1989] ; Mayer et Perrineau, 1996a [1989]).

Cette combinaison de facteurs apparaît quasiment invariable dans le temps et peut être convoquée pour expliquer le renouveau du phénomène frontiste qui s’est opéré à partir de 2011 sous la présidence de Marine Le Pen (Perrineau, 2014). L’émergence du Front national – et plus largement des partis d’extrême droite en Europe – a également donné lieu à l’élaboration de modèles d’interprétation plus globaux. Hans-Georg Betz (1994), Herbert Kitschelt et Anthony McGann (1995) ou encore Piero Ignazi (1992, 1994) insistent ainsi sur les conséquences sociales et économiques de l’avènement d’un « capitalisme postindustriel individualiste » (fragmentation des groupes d’appartenance traditionnels, requalification et réorganisation du travail, augmentation du sentiment d’insécurité matérielle, diversification culturelle et ethnique) combinées aux effets d’une « contre-révolution silencieuse » (émergence d’un pôle de valeurs autoritaires en réaction à la diffusion des valeurs du libéralisme culturel). L’apparition des partis d’extrême droite s’expliquerait ainsi par leur capacité à proposer une « réponse » politique « gagnante » combinant revendications néolibérales et autoritaires, dénonciation de l’immigration comme facteur explicatif de la crise et critique antipolitique8.

L’ensemble de ces travaux a permis de prendre la mesure de l’importance d’un certain nombre de facteurs dans l’apparition du Front national et, plus largement, du phénomène extrême droitier. Ils ont en revanche contribué à dessiner une tendance lourde de la recherche qui a consisté, par la suite, à ne plus jamais cesser de s’interroger sur les causes du succès ou de l’échec des partis d’extrême droite (par exemple : De Witte et Klandermans, 2000 ; Betz, 2002 ; Heinisch, 2003 ; Carter, 2005 ; Mammone, Gaudin et Jenkins, 2012).

On ne compte plus à ce titre les contributions qui entendent isoler la variable explicative du phénomène, l’objet disparaissant parfois derrière d’improbables équations pour ne devenir prétexte qu’à de simples jeux mathématiques (par exemple : Knigge, 1998 ; Golder, 2004)9. On ne peut que regretter cette dérive étiologique des travaux qui non seulement déplace l’attention des observateurs en amont du phénomène à expliquer (Dobry, 1986), mais qui se révèle en outre dénuée d’apports pour la recherche. Mobilisant des outillages méthodologiques et empiriques différents, les observateurs sont en effet incapables de s’entendre sur le poids respectif des différentes variables explicatives.

Ainsi, pour ne prendre qu’un seul exemple, les effets du mode de scrutin sur l’émergence et le succès des partis d’extrême droite ne seraient « pas clairs » selon Elisabeth Carther (2002, p. 134) ; pour Herbert Kitschelt et Anthony McGann, ils seraient « modestes » (1995, p. 58) ; et pour John Veugelers et André Magnan (2005, p. 838), ils seraient « forts ». Il paraît ainsi difficile de statuer en faveur d’un type particulier de relation entre éléments contextuels et phénomène extrême droitier. Mais ce n’est pas le seul reproche que l’on peut adresser à ces travaux.

En mettant l’accent sur les causes exogènes du phénomène, les chercheurs ont eu non seulement tendance à considérer l’émergence et le succès des partis d’extrême droite comme la « conséquence passive » (Mudde, 2007, p. 4) de bouleversements conjoncturels, mais en outre à délaisser l’analyse de la dimension endogène du phénomène. Les observateurs s’accordent certes pour considérer l’offre politique de ces partis comme une variable explicative importante (Eatwell, 2003). Mais là encore, le point de vue macroscopique tend à l’emporter.

En ce sens, l’apparition des partis d’extrême droite reste souvent appréhendée comme le résultat soit d’une « rencontre » entre cette offre et une conjoncture donnée, soit de l’ajustement de la « réponse » (Betz, 1994) apportée par ces partis à de nouvelles demandes sociales qui se seraient constituées de manière autonome. De fait, il faut bien admettre que l’on ne s’est guère attaché à rendre compte des modalités concrètes de politisation de ces demandes (fabrique programmatique, propagande graphique, mobilisations militantes, travail de terrain, etc.). De la même manière, le « charisme » des leaders, leurs « dons » d’orateur ou leur « télégénie » sont généralement considérés comme des facteurs explicatifs de l’émergence des partis d’extrême droite. Cependant, tout se passe comme s’il s’agissait de propriétés innées agissant par magie10 ; en somme, on se demande rarement si ces « qualités » ne sont pas également redevables du travail des cellules de communication des organisations partisanes, des stratégies de représentation qu’elles élaborent pour les leaders, des dispositifs de propagande qu’elles mettent en place, etc. (Hameau, 1992 ; Lecœur, 2003 ; Dézé, 2012).

Dans ces conditions, on comprend mieux que les partis d’extrême droite soient si rarement envisagés comme responsables de leur propre réussite politique. Concernant plus particulièrement le FN, il faut ainsi rappeler que son émergence politique relève également d’une stratégie électoraliste se traduisant par toute une série d’ajustements : présidentialisation de l’image de Jean-Marie Le Pen, mobilisation des techniques de marketing à des fins de normalisation de la communication du parti, utilisation ponctuelle de nouveaux labels à vocation légitimante (l’étiquette « Rassemblement national » pour les élections législatives de 1986), débauchage de cadres dirigeants issus d’autres formations politiques à des fins de respectabilisation, création d’un conseil scientifique visant à assurer le « rayonnement intellectuel » du parti, etc. (Birenbaum, 1992a ; Dézé, 2012).

Un électorat composite

Qui vote Front national et pourquoi ? Cette interrogation n’a jamais cessé d’animer la recherche depuis le milieu des années 1980, générant une littérature abondante sur le vote FN – ou plutôt sur les votes FN. Il faut en effet se garder d’homogénéiser le corps électoral frontiste. Non seulement parce qu’il se renouvelle pour moitié à chaque élection – la proportion des électeurs qui sont restés fidèles à la « marque » frontiste depuis son émergence n’excède pas 3 % des inscrits (Lehingue, 2003, p. 255) –, mais aussi parce qu’il apparaît très hétérogène dans le temps et dans l’espace. En somme, l’électeur-type du FN est un « mythe » (Mayer, 1997b, p. 9).

Concernant la sociologie du vote FN, et pour s’en tenir tout d’abord aux données d’enquêtes quantitatives (parmi une littérature abondante, voir Perrineau, 1985, 1995, 1997, 2014 ; Mayer et Perrineau, 1990, 1996a [1989] ; Roy, 1993 ; Evans, 2000 ; Mayer, 1987, 2002, 2007a, 2012, 2013), il convient de rappeler que, dès 1984, le parti parvient à capter des soutiens dans l’ensemble des catégories sociales – même si, selon les périodes, ces soutiens vont se montrer plus ou moins prompts à voter FN. Lors des élections européennes de 1984, le parti obtient ainsi ses meilleurs scores parmi les classes les plus aisées et les plus instruites de la population, chez les industriels et les gros commerçants et les professions libérales.

En 1988, c’est surtout chez les petits commerçants et les artisans que Jean-Marie Le Pen recueille les soutiens les plus importants. Puis, lors du scrutin de 1995, le président du FN effectue une percée remarquable chez les ouvriers et chez les chômeurs. En 2002, il élargit encore le socle de ses soutiens en captant le vote des milieux ruraux et agricoles. Aujourd’hui, c’est parmi les personnes les moins diplômées, les chômeurs et les ouvriers qu’il recueille les suffrages les plus élevés. Précisons que ces ouvriers « frontistes » ne sont qu’une minorité à se déclarer de gauche (9 % à l’élection présidentielle de 201211) et qu’ils appartiennent à une génération différente de celles des ouvriers qui autrefois accordaient leur soutien au PCF (Gougou, 2012).

S’il faut les « qualifier », on préférera donc parler d’« ouvriéro-lepénisme » ou de « droito-lepénisme » (Mayer, 1999, 2007b), plutôt que de « gaucho-lepénisme » (Perrineau, 1995). Bien que l’électorat du FN soit resté interclassiste, certaines catégories de la population demeurent cependant plus réfractaires que d’autres à voter Front national. Les cadres du public et des entreprises, les professions intellectuelles et artistiques restent ainsi peu attirés par l’organisation frontiste (Mayer, 2015). De même, si elles sont aujourd’hui plus nombreuses à voter pour le FN qu’autrefois, les femmes apparaissent toujours moins enclines que les hommes à soutenir le parti (Mayer et Sineau, 2002 ; Mayer, 2015 ; Dézé, 2016). Enfin, celles et ceux qui votent FN continuent de se distinguer par l’importance qu’ils accordent à certains enjeux (au premier rang desquels l’immigration et l’insécurité), mais aussi par un niveau élevé d’opinions antisémites (CNCDH, 2015).

Issues des grandes enquêtes électorales, ces données n’épuisent pas la complexité sociale des comportements électoraux. Il faut à ce titre insister sur les apports des quelques travaux de nature qualitative qui se sont efforcés de donner la parole aux électeurs et/ou de saisir les votes en les ré-encastrant dans leur « substrat social ». Ils démontrent en effet avec force, et contre la tendance permanente à la réification des agrégats collectifs, l’hétérogénéité des trajectoires socio-biographiques qui « conduisent » à glisser un bulletin frontiste dans l’urne, la variabilité des discours de justification de ce vote ou encore la diversité des usages qui peuvent être faits de la marque frontiste (Blondel et Lacroix, 1996 [1989] ; Le Bohec, 1999 ; Duret, 2004 ; Pierru et Vignon, 2008 ; Savarèse, 2011 ; Négrier, 2012 ; Barone et Négrier, 2015 ; Marchand-Lagier, 2015).

Les travaux de géographie électorale confirment ce caractère kaléidoscopique des votes FN – à l’instar de la littérature, qui apparaît ici plus dispersée. Les publications existantes proposent en effet un panorama assez éclaté des logiques spatiales de vote, saisies dans différentes zones et à différentes échelles, mais sans offrir pour l’heure une analyse écologique globale des comportements électoraux frontistes. Ces contributions n’en sont pas moins riches d’enseignements. Elles démontrent tout d’abord que la géographie des votes FN s’est progressivement étendue sur le territoire (Perrineau, 1997 ; Buléon et Fourquet, 2003), selon un gradient Est-Ouest déjà repérable lors des élections législatives de 1986 (exception faite de la vallée de la Garonne), tout en se développant précocement dans deux zones de force : le Nord-Est et le pourtour du bassin méditerranéen (la région Provence-Alpes-Côte d’Azur constituant de ce point de vue l’un des principaux bastions frontistes en même temps qu’un laboratoire d’étude privilégié : Traïni, 2002 ; Gombin, 2010, 2012). C’est dans ces espaces que le parti d’extrême droite continue aujourd’hui de progresser et qu’il concentre, depuis le milieu des années 1990, la très grande majorité de ses municipalités et de ses élus départementaux (Soudais, 1996 ; Martin, 1996 ; Ivaldi, Martin et Lespinasse, 1999).

Cette géographie révèle des différences. Au nord, le FN s’est développé sur fond de désindustrialisation et de délocalisation, son électorat est à dominante populaire et concentre les difficultés (chômage, faible niveau de diplômes, faible niveau de revenu, sentiment d’être abandonné par la puissance publique). Au sud et dans la vallée de la Garonne, la précarité (et davantage encore la peur de tomber dans la précarité) constitue également un important facteur de vote pour le FN. Mais on note des singularités. Au bord de la Méditerranée, l’électorat frontiste compte en effet un nombre plus important de retraités, de catégories socioprofessionnelles supérieures, d’indépendants ; il apparaît plus attaché aux valeurs traditionnelles, il est plus libéral et plus marqué par le souvenir de l’Algérie française. Cette carte électorale frontiste n’est cependant pas figée et connaît de régulières recompositions.

Si le vote FN était à l’origine un vote urbain, il s’est progressivement « ruralisé » à partir du milieu des années 1990 (Gombin, 2015). Le « gradient d’urbanité » (c’est-à-dire la distance qui sépare la commune de résidence de la grande agglomération la plus proche) est ainsi devenu un facteur explicatif important de la géographie électorale du Front national – même s’il ne se vérifie pas de manière systématique (Négrier, 2012).

Ce phénomène permet également de comprendre pourquoi la carte du vote frontiste ne correspond plus aux territoires où sont installées les populations d’origine immigrée, puisque ces populations vivent pour l’essentiel dans les zones urbaines. Ainsi, le soutien accordé au FN se nourrit bien de la peur de l’autre, mais cette peur apparaît aujourd’hui plus fantasmée qu’elle ne tient à une fréquentation immédiate des populations d’origine étrangère. Les travaux existants soulignent encore la variabilité spatiale des logiques de vote qui diffèrent ainsi d’une région à l’autre – de l’Alsace (Schwengler, 2002) au Languedoc-Roussillon (Négrier, 2012) –, d’un département à l’autre – du Nord-Pas-de-Calais (Giblin, 1988) aux Bouches-du-Rhône (Blöss, Rouan et Ascaride, 1999) –, d’une commune à l’autre – de Passy (Mayer, 1987) à Carignan (Barone et Négrier, 2015) –, ou même au sein d’une même municipalité (sur le cas de Perpignan, voir Fourquet, Lebourg et Manternach, 2014). En somme, il n’existe pas de lien mécanique entre le vote FN et les facteurs généralement invoqués pour l’expliquer (taux de chômage, insécurité, part des résidents immigrés, etc.).

Ces « relations spatiales » peuvent encore varier en fonction de l’échelle de référence (Ravenel, 2003). Au moment de l’émergence politique du FN, on observe ainsi que le parti d’extrême droite obtient ses meilleurs scores dans les départements où la part des immigrés dans la population est la plus importante (Mayer, 1996 [1989], p. 249). Mais cette relation s’estompe dès lors que l’on change d’échelle pour se situer au niveau de la commune (Rey et Roy, 1986). Ainsi, au niveau géographique comme au niveau sociologique, l’électorat du FN est bien un électorat pluriel (une remarque qui s’applique tout aussi bien aux autres électorats partisans).

Militer au Front national

La question du militantisme frontiste est longtemps restée à l’écart des préoccupations de la recherche sur le FN. Comme pouvaient encore le souligner Bert Klandermans et Nonna Mayer au début des années 2000, « autant les bases électorales [des partis d’extrême droite] ont été largement étudiées, autant les militants et leur rôle sont ignorés » (2001, p. 147). À cette époque, la littérature ne comptait que quelques rares travaux (la plupart inédits) sur les militants du FN (Orfali, 1990 ; Choffat, 1994 ; Ivaldi, 1994). Cette indifférence (qui a également longtemps prévalu dans la recherche sur les partis d’extrême droite en Europe) peut s’expliquer à l’aune de différents facteurs tels que la focalisation des travaux sur la dimension exogène et étiologique du phénomène extrême droitier (voir supra), le caractère « réputé difficile » d’un travail de terrain en « milieu extrême » (Boumaza, 2001 ; Duret, 2004), les conditions restrictives imposées par la direction du parti (Crépon, 2006) ou les difficultés attenantes à la réalisation d’entretiens avec ses membres (Roussel, 2003). L’engagement politique au FN a cependant connu un véritable regain d’intérêt à partir des années 2000 (bénéficiant sans doute, en cela, du renouveau des travaux sur l’action collective en France au cours des années 1990). Les enquêtes se sont multipliées, s’adossant le plus souvent à la sociologie du militantisme (contrairement à ce que pourraient laisser à penser certains bilans un peu rapides de la littérature : Roussel, 2003a, 2003b) et permettant ainsi de combler un vide important dans la connaissance du phénomène frontiste.

Cet effort de normalisation méthodologique a notamment permis de mettre au jour la « relative normalité » des militants frontistes au regard d’un certain nombre de présupposés en vigueur : « la plupart ne sont ni des asociaux, ni des marginaux, ni des “perdants de la modernisation”. Et ils n’offrent qu’une lointaine ressemblance avec la personnalité autoritaire quasi pathologique décrite par Adorno ou avec “l’homme de violence” de Billig » (Klandermans, Mayer, 2001, p. 159). Pas plus que dans les autres partis, l’engagement au FN (ou au sein de son organisation de jeunesse, le Front national de la jeunesse ou FNJ) n’apparaît par ailleurs dépendant de trajectoires sociales ou politiques particulières.

Valérie Lafont (2001) distingue à ce titre trois modèles assez ordinaires d’entrée dans la carrière militante (qui se vérifient dans la plupart des autres travaux, voir Orfali, 2001 ; Bruneau, 2002 ; Roussel, 2003a) : l’héritage ou la continuité, l’engagement militant s’inscrivant ici dans une filiation familiale marquée par un ancrage générationnel à l’extrême droite et suscitant le « devoir » social et affectif de poursuivre l’action ; la rupture, provoquée tout aussi bien par un décrochage avec la socialisation familiale première que par une « modification de l’environnement » (événement conjoncturel, déménagement, mutation, changement de nature scolaire, etc.) ; la politisation ou la découverte du politique, l’entrée dans la carrière militante s’effectuant ici sur la base d’un « besoin d’intégration sociale », le FN étant alors perçu comme un « monde de substitution » permettant de « compenser des trajectoires sociales désocialisantes et de renverser les stigmates sociaux et politiques » (Lafont, 2001, p. 175).

L’idéologie n’est certes pas absente des ressorts de l’engagement. Mais elle est loin de constituer un principe exclusif. D’une part, « il s’en faut de beaucoup qu’il y ait un alignement de tous les militants sur [les] théories » du FN (Bizeul, 2003, p. 284). Et d’autre part, l’offre doctrinale du parti – dont la version officielle ne correspond pas forcément à celle des militants (Lafont, 2006 ; Crépon, 2006) – apparaît inégalement investie et maîtrisée par les membres du parti, même si, comme le note Violaine Roussel, « les individus les plus “dominés”, habités par un fort sentiment d’incompétence politique […], se révèlent capables d’emprunter des éléments du discours officiel des leaders pour justifier leur adhésion et leur action » (2003b, p. 85).

Il faut donc admettre que le militantisme frontiste s’explique par une économie somme toute assez conventionnelle, qu’il s’agisse de la possibilité d’intégrer des réseaux de sociabilité, d’éprouver collectivement la politique au travers de différents types d’actions partisanes (meetings, réunions de section, université d’été, formation, collage, tractage, etc.), d’accéder à des ressources ailleurs inaccessibles (candidatures électorales, occupation de postes) ou de partager une même vision du monde, qui reste, elle, singulière (Boumaza, 2002). L’engagement est enfin vécu, comme dans toutes les organisations, sur un mode différencié. Ainsi, comme le souligne Violaine Roussel (2003a), il peut être « affiché » ou « discret » (tout dépend de la capacité à endosser le coût du stigmate lié au port d’une « identité politique encombrante »), « politisé » ou « indifférencié » (selon le degré de compétence politique et la place accordée à l’engagement dans la vie sociale).

Ces enseignements de la sociologie du militantisme frontiste restent encore valables aujourd’hui. Pas plus que par le passé, les militants du FN mariniste ne présentent en effet un « nouveau visage » – pour reprendre une appellation médiatique devenue routinière12. Il suffit, pour en prendre la mesure, de lire les dernières enquêtes de Sylvain Crépon (2012), de Claire Checcaglini (2012) et de Charlotte Rotman (2014).

Comme hier, il n’existe toujours pas de profil type de militant FN : les origines sociales et politiques, les trajectoires biographiques et les profils socioprofessionnels restent hétérogènes, de même que les logiques de l’engagement ou les modes d’investissement. Enfin, la fonction socialisatrice de l’organisation partisane frontiste semble continuer de jouer un rôle important pour des militants souvent soumis à des formes diverses de déclassement (Boumaza, 2002 ; Bizeul, 2003). Le FN constitue ainsi un parti, mais aussi une « sous-société », pour reprendre une terminologie ancienne de Guy Birenbaum (1992a), pourvoyeuse d’un espace social alternatif permettant de vivre, sur le mode de l’entre-soi, une relation au monde construite et perçue comme illégitime (Crépon, 2012).

Ne manquent, plus, dans ce panorama, que des travaux de nature quantitative. Au terme de près de quarante années de recherches, on peut en effet s’étonner qu’aucune enquête d’envergure de ce type n’ait été menée sur les militants frontistes – même si, ici, le cas du FN ne fait guère exception par rapport aux autres organisations partisanes françaises.

La question de la « nouveauté » du Front national mariniste

Tombé en désuétude à la fin des années 2000, l’intérêt pour le FN est de nouveau particulièrement vif depuis que Marine Le Pen a été élue à sa présidence en janvier 2011. Pas moins de 27 ouvrages ont été publiés entre 2011 et 201213. Et depuis lors, la production académique n’a cessé de s’intensifier (21 ouvrages en 2014).

Inédit dans l’histoire politique du Front national, le renouvellement de leadership frontiste a certes suscité quelques essais de nature biographique sur Marine Le Pen (Fourest et Venner, 2011 ; Machuret, 2012), mais il a surtout nourri des interrogations sur d’éventuelles perspectives de changement au sein du parti d’extrême droite (Delwit, 2012 ; Crépon, 2012 ; Shields, 2012). Parfois entamées avant même l’élection de la nouvelle présidente (Liszkai, 2011), les réflexions prospectives sur l’avènement d’un « nouveau FN » n’ont cependant pas tardé à se teinter d’incantations prophétiques auto-réalisatrices. Aujourd’hui, l’idée selon laquelle le FN aurait changé, se serait « normalisé » ou « dédiabolisé » s’est imposée comme une véritable doxa dans le champ politico-médiatique (Dézé, 2015). Or, s’il est évident que le Front national s’inscrit dans une dynamique électorale retrouvée, son évolution récente ne saurait être considérée comme le produit d’une mutation partisane (Crépon, Dézé et Mayer, 2015). Croire que l’organisation frontiste a changé procède à ce titre d’une double ignorance : ignorance relative au caractère nécessairement complexe, incertain et chronophage de tout processus de transformation partisane ; ignorance relative à la réalité même du phénomène frontiste.

Il faut ici émettre l’hypothèse que la plupart de celles et ceux qui commentent quotidiennement l’actualité du Front national n’ont guère parcouru les diverses contributions évoquées ici. Ainsi, la stratégie de dédiabolisation a pu être présentée tout à la fois comme une nouveauté au FN en même temps que la clé d’explication de son succès actuel. Mais c’est oublier qu’elle fait partie intégrante du répertoire stratégique ordinaire du parti, que le développement électoral de l’entreprise frontiste s’est toujours doublé d’un travail de « respectabilisation » dans le but d’attirer de nouveaux soutiens (Birenbaum, 1987, 1992b ; Crépon, 2012 ; Dézé, 2012) et que les actions que mène Marine Le Pen depuis 2011 – de l’euphémisation du discours (Taguieff, 1986a) à la création d’un think tank (Dézé, 2002) – ont été déjà menées par le passé.

Il en va de même en ce qui concerne le programme du FN. Les analyses récentes démontrent en effet assez bien le caractère invariable des fondamentaux du parti (le rejet du « système », la préférence nationale, la défense de la nation, l’europhobie, le rejet de « l’immigration massive », l’islamophobie, le principe de mise en corrélation du chômage et de l’immigration, la dénonciation de l’« insécurité » comme « fléau humain et économique », l’antimondialisme, la restauration de la souveraineté populaire, le rétablissement de la peine de mort, etc. (voir Taguieff, 1986b, 1996a [1989], 1996b [1989] ; Taguieff et Tribalat, 1998 ; Davies, 1999). Même la thématique sociale qu’on a pu présenter comme un élément novateur fait partie des orientations du parti depuis le début des années 1990 (Soudais, 1996 ; Roy, 1998). Certes, son importance s’est accrue dans l’offre du parti, et on compte bien par ailleurs quelques nouvelles propositions programmatiques, notamment en ce qui concerne le volet économique (Ivaldi, 2015), mais elles sont loin d’entamer le cœur du logiciel frontiste.

De même, les positions de Marine Le Pen sur la laïcité, le féminisme ou l’homosexualité peuvent apparaître inédites, mais elles restent en réalité profondément travaillées par les préconceptions frontistes dans la mesure où elles visent à fonder l’illégitimité culturelle et politique des populations de confession musulmane (Crépon, 2012). Cette invariance vaut encore pour ce qui concerne le discours de la présidente frontiste, dont les « implicites idéologiques » restent conformes à ceux du discours de Jean-Marie Le Pen (Souchard et al., 1998 ; Alduy et Wanisch, 2015). De même, si l’organigramme du parti a été sensiblement modifié, le FN n’en continue pas moins de fonctionner comme un « champ de luttes » entre différents groupes d’individus qui ne partagent pas forcément les mêmes orientations doctrinales et stratégiques (Camus et Monzat, 1992 ; Mestre et Monnot, 2011). Enfin, il faut bien convenir que ni la sociologie ni la géographie des votes FN n’ont connu pour l’heure de véritables bouleversements (Mayer, 2013 ; Gombin, 2015), à l’exception d’une hausse du vote des fonctionnaires (déjà positionnés à droite, et de catégorie C pour l’essentiel) aux régionales de 2015 (Rouban, 2015) – une évolution dont on ignore pour l’heure si elle est ponctuelle ou vouée à s’amplifier.

Continuer à « découvrir » le Front national

Aussi riche et dense soit-elle, la recherche sur le FN n’en compte pas moins encore un certain nombre de chantiers à consolider et de pistes à explorer. Il est tout d’abord manifeste que la recherche gagnerait à établir une meilleure connexion entre l’objet et la théorie. Il est ainsi regrettable que le Front national ne soit pas davantage abordé avec les outils de la sociologie des organisations partisanes (Birenbaum, 1992b ; Ivaldi, 1998 ; Declair, 1999 ; Dézé, 2008 ; Amjahad et Jadot, 2012), ce qui permettrait peut-être de limiter les inepties du discours ordinaire sur la « nouveauté » supposée du parti. Un même effort de normalisation méthodologique serait souhaitable en ce qui concerne l’étude des élites partisanes frontistes. On gagnerait ainsi à abandonner le registre sensationnaliste des biographies des dirigeants pour privilégier une étude sociologique des cadres du parti (Birenbaum et François, 1996 [1989] ; Ysmal, 1996 [1989]).

Il faut ainsi se souvenir que la dernière enquête (qui est aussi la seule, à notre connaissance) sur les responsables intermédiaires du parti date du tout début des années 1990 (Ysmal, 1991 ; Ignazi et Ysmal, 1992). De ce point de vue, on ne saurait oublier qu’en dépit de la légitimité de l’objet, le FN n’est étudié en France que par quelques chercheurs (dont la plupart sont par ailleurs dépourvus de positions académiques statutaires). Ce qui explique qu’en dépit d’un nombre pourtant considérable de travaux, il reste encore nombre d’aspects à étudier, qu’il s’agisse du rapport que les jeunes générations entretiennent avec le FN mariniste (Crépon, 2012), du traitement médiatique du parti (Le Bohec, 2004a, 2004b), de sa stratégie de communication numérique (Dézé, 2011 ; Boyadjian, 2015), de ses modalités de déploiement au niveau local, de la sociologie de ses candidats (Troupel, 2013), de ses structures périphériques (Camus et Monzat, 1992 ; Camus, 2001), des relations qu’il entretient avec le monde du travail (Andolfatto, 2001), de la gestion des municipalités frontistes (Farel, Fieschi, Gherdane et Wallart, 2015), des liens que le parti entretient avec les autres groupements politiques d’extrême droite (en France comme en Europe), de sa stratégie au niveau international (Balent, 2012), de son financement (Fourest et Venner, 1998), etc.

Le champ de la recherche sur le FN reste donc un champ pleinement ouvert et on peut penser, compte tenu de la dynamique politique du parti, qu’il le restera encore longtemps.

Bibliographie

Aït-Aoudia Myriam et DÉzÉ Alexandre (2011), « Contribution à une approche sociologique de la genèse partisane. Une analyse du Front national, du Movimento sociale italiano et du Front islamique de salut », Revue française de science politique, 61 (4), p. 631-657.

Albertini Dominique et Doucet David (2013), Histoire du Front national, Paris, Tallandier.

Alduy Cécile et Wahnich Stéphane (2015), Marine Le Pen prise aux mots. Décryptage du nouveau discours frontiste, Paris, Le Seuil.

Amjahad Anissa et Jadot Clément (2012), « Le modèle organisationnel du Front national », dans Pascal Delwit, Le Front national. Mutations de l’extrême droite française, Bruxelles, Éditions de l’Université de Bruxelles, p. 57‑76.

Andolfatto Dominique (2001), « Le FN et l’entreprise », dans Pascal Perrineau (dir.), Les Croisés de la société fermée. L’Europe des extrêmes droites, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube, p. 103-125.

Backes Uwe (2001), « L’extrême droite. Les multiples facettes d’une catégorie d’analyse », dans Pascal Perrineau (dir.), Les Croisés de la société fermée. L’Europe des extrêmes droites, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube, p. 13‑29.

Balent Magali (2012), Le Monde selon Marine. La politique internationale du Front national, entre rupture et continuité, Paris, Armand Colin/IRIS Éditions.

Barone Sylvain et NÉgrier Emmanuel (2015), « Voter FN en milieu rural. Une perspective ethnographique », dans Sylvain Crépon, Alexandre Dézé et Nonna Mayer (dir.), Les Faux-semblants du Front national. Sociologie d’un parti politique, Paris, Presses de Sciences Po, p. 417-434.

Beauregard Joseph et Lebourg Nicolas (2012a), Dans l’ombre des Le Pen. Une histoire des n°2 du Front National, Paris, Nouveau Monde.

Beauregard Joseph et Lebourg Nicolas (2012b), François Duprat, l’homme qui inventa le Front National, Paris, Denoël.

Beauregard Joseph, Lebourg Nicolas et Preda Jonathan (2014), Aux racines du FN. L’histoire du mouvement Ordre nouveau, Paris, Fondation Jean Jaurès.

Berstein Serge (1984), « La France des années 1930 allergique au fascisme. À propos d’un livre de Zeev Sternhell », Vingtième siècle, 2, p. 83-94.

Berstein Serge et Winock Michel (dir.) (2014), Fascisme français ? La controverse, Paris, CNRS Editions.

Betz Hans-Georg (1994), Radical Right-Wing Populism in Western Europe, New York (N. Y.), St. Martin’s Press.

Betz Hans-Georg (2002), « Conditions Favouring the Success and Failure of Radical Right-Wing Populist Parties in Contemporary Democracies », dans Yves Mény et Yves Surel (eds), Democracies and the Populist Challenge, Basingstoke, Palgrave, p. 197-213.

Bihr Alain (1998), Le Spectre de l’extrême droite. Les Français dans le miroir du FN, Paris, Éditions de l’Atelier.

Birenbaum Guy (1987), « Les stratégies du Front national », Vingtième siècle, 16, p. 3-20.

Birenbaum Guy (1992a), Le Front national en politique, Paris, Balland.

Birenbaum Guy (1992b), Les Modalités de l’institutionnalisation d’un parti politique. Le cas du Front national, Thèse de doctorat en science politique, Université Paris-1.

Birenbaum Guy et François Bastien (1996 [1989]), « Unité et diversité des dirigeants frontistes », dans Nonna Mayer et Pascal Perrineau (dir.), Le Front national à découvert, Paris, Presses de Sciences Po, p. 83-106.

Bizeul Daniel (2003), Avec ceux du FN. Un sociologue au Front national, Paris, La Découverte.

Bizeul Daniel (2008), « Les sociologues ont-ils des comptes à rendre ? Enquêter et publier sur le Front National », Sociétés contemporaines, 70, p. 95-113.

Blondel Jacqueline et Lacroix Bernard (1996 [1989]), « Pourquoi votent-ils Front national ? », dans Nonna Mayer et Pascal Perrineau (dir.), Le Front national à découvert, Paris, Presses de Sciences Po, p. 150-170.

Blöss Thierry, Rouan Judith et Ascaride Gilles (1999), « Le vote Front national dans les Bouches-du-Rhône. “Laboratoire” de l’alliance entre la droite et l’extrême droite ? », Revue française de science politique, 49 (2), p. 295‑312.

Boumaza Magali (2001), « L’expérience d’une jeune chercheuse en “milieu extrême”. Une enquête au Front national », Regards sociologiques, 22, p. 105-121.

Boumaza Magali (2002), Le Front national et les jeunes de 1972 à nos jours. Hétérodoxie d’un engagement partisan juvénile : pratiques, socialisations, carrières militantes et politiques à partir d’observations directes et d’entretiens semi-directifs, Thèse de doctorat de science politique, Université Robert-Schuman, Institut d’études politiques de Strasbourg.

Bourdieu Pierre (1997), Les Usages sociaux de la science. Pour une sociologie clinique du champ scientifique, Paris, INRA.

Boyadjian Julien (2015), « Les usages frontistes du Web », dans Sylvain Crépon, Alexandre Dézé et Nonna Mayer (dir.), Les Faux-semblants du Front national. Sociologie d’un parti politique, Paris, Presses de Sciences Po, p. 141‑159.

Bruneau Ivan (2002), « Un mode d’engagement singulier au Front national. La trajectoire scolaire effective d’un fils de mineur », Politix, 15 (57), p. 183-211.

Buléon Pascal et Fourquet Jérôme (2003), « Vote Front national 1984-2002, géographies et interprétations successives. Une équation politique », Espace, populations, sociétés, 21 (3), p. 453–467.

Camus Jean-Yves (1985), « Les familles de l’extrême droite », Projet, 193, p. 30-38.

Camus Jean-Yves (1997a), L’Extrême Droite aujourd’hui, Toulouse, Milan.

Camus Jean-Yves (1997b), Le Front national. Histoire et analyses, Paris, Olivier Laurens.

Camus Jean-Yves (2001), « La structure du “camp national” en France. La périphérie militante et organisationnelle du Front national et du Mouvement national républicain », dans Pascal Perrineau (dir.), Les Croisés de la société fermée. L’Europe des extrêmes droites, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube, p. 199-223.

Camus Jean-Yves (2003), « Extrême droite européenne. La rupture de la filiation fasciste ? », Contretemps, p. 117-122.

Camus Jean-Yves et Monzat René (1992), Les Droites nationales et radicales en France, Lyon, Presses universitaires de Lyon.

Carter Elisabeth (2005), The Extreme Right in Western Europe. Success or Failure ?, Manchester, Manchester University Press.

Charlot Monica (1986), « L’émergence du Front national », Revue française de science politique, 36 (1), p. 30-45.

Chebel d’Appolonia Ariane(1988), L’Extrême droite en France. De Maurras à Le Pen, Bruxelles, Complexe.

Checcaglini Claire (2012), Bienvenue au Front. Journal d’une infiltrée, Paris, Éditions Jacob-Duvernet.

Choffat Thierry(1994), Les Militants du Front national, Thèse de doctorat en science politique, Université de Nancy-2.

Commission nationale consultative des Droits de l’homme (2015), La Lutte contre le racisme, l’antisémitisme et la xénophobie. Année 2014, La Documentation française.

Coffe Hilde (2005), « Do Individual Factors Explain the Different Success of the two Belgian Extreme Right Parties ? », Acta politica, 40 (1), p. 74-93.

Collovald Annie (2002), « Le vote “Le Pen”. La faute au populaire ? », Vacarme, 20, p. 23-29.

Collovald Annie (2003), « Le “national-populisme” ou le fascisme disparu. Les historiens du “temps présent” et la question du déloyalisme politique contemporain », dans Michel Dobry (dir.), Le Mythe de l’allergie française au fascisme, Paris, Albin Michel, p. 279-321.

Collovald Annie (2004), Le « Populisme du FN ». Un dangereux contresens, Bellecombe-en-Bauges, Éditions du Croquant.

CrÉpon Sylvain (2006), La Nouvelle Extrême Droite. Enquête sur les jeunes militants du Front national, Paris, L’Harmattan.

CrÉpon Sylvain (2012), Enquête au cœur du nouveau Front national, Paris, Nouveau Monde Éditions.

CrÉpon Sylvain, DÉzÉ Alexandre et Mayer Nonna (dir.) (2015), Les Faux-semblants du Front national. Sociologie d’un parti politique, Paris, Presses de Sciences Po.

Davies Peter (1999), The National Front in France. Ideology, Discourse, and Power, Londres, Routledge.

Davies Peter et Lynch Derek (2002), The Routledge Companion to Fascism and the Far Right, Londres, Routledge.

De Witte Hans et Klandermans Bert (2000), « Political Racism in Flanders and the Netherlands. Explaining Differences in the Electoral Success of Extreme Right-Wing Parties », Journal of Ethnic and Migration Studies, 26 (4), p. 699-717.

Declair Edward G. (1999), Politics on the Fringe. The People, Policy and Organization of the French National Front, Durham (N. C.), Duke University Press, 1999.

Dély Renaud, Blanchard Pascal, Askolovitch Claude et Gastaut Yvan (2014), Les Années 1930 sont de retour. Petite leçon d’histoire pour comprendre les crises du présent, Paris, Flammarion.

DÉzÉ Alexandre (2002), « Justifier l’injustifiable. Fondements, place et fonctions du discours scientifique dans la propagande xénophobe du Front national », dans Philippe Hamman, Jean-Mathieu Méon et Benoît Verrier (dir.), Discours savants, discours militants. Mélanges des genres, Paris, L’Harmattan, p. 57-82.

DÉzÉ Alexandre (2004), « Le populisme ou l’introuvable Cendrillon. Autour de quelques ouvrages récents » [Lecture critique], Revue française de science politique, 54 (1), p. 179-190.

DÉzÉ Alexandre (2007), « Le Front national comme “entreprise doctrinale” », dans Florence Haegel (dir.), Partis politiques et système partisan en France, Paris, Presses de Sciences Po, p. 255-284.

DÉzÉ Alexandre (2008), « Le Front national. Un parti “anticartel” ? », dans Yohann Aucante et Alexandre Dézé (dir.), Les Systèmes de partis dans les démocraties occidentales. Le modèle du parti-cartel en question, Paris, Presses de Sciences Po, p. 369-384.

DÉzÉ Alexandre (2011), « Un parti virtuel ? Le Front national au prisme de son site Internet », dans Fabienne Greffet (dir.), Continuerlalutte.com. Les partis politiques à l’ère du Web, Paris, Presses de Sciences Po, p. 139-152.

DÉzÉ Alexandre (2012), Le Front national. À la conquête du pouvoir ?, Paris, Armand Colin.

DÉzÉ Alexandre (2015), Le « Nouveau » Front national en question, Paris, Fondation Jean Jaurès.

DÉzÉ Alexandre (2016), Comprendre le Front national, Paris, Bréal.

Dobry Michel (1986), Sociologie des crises politiques. La dynamique des mobilisations multisectorielles, Paris, Presses de Sciences Po.

Dobry Michel (1989), « Février 1934 et la découverte de l’“allergie” de la société française à la révolution fasciste », Revue française de sociologie, 30 (3-4), p. 511-533.

Dobry Michel (2003), « La thèse immunitaire face aux fascismes. Pour une critique de la logique classificatoire », dans Michel Dobry (dir.), Le Mythe de l’allergie française au fascisme, Paris, Albin Michel, p. 17-67.

Dobry Michel (2005), « Penser = Classer ? » (entretien avec André Loez, Gérard Noiriel et Philippe Oliveira), Genèses, 59, p. 151-165.

Duranton-Crabol Anne-Marie (1988), Visages de la nouvelle droite. Le Grece et son histoire, Paris, Presses de Sciences Po.

Duret Pascal (2004), Les Larmes de Marianne. Comment devient-on électeur du FN ?, Paris, Armand Colin.

Eatwell Roger (2002), « The Rebirth of Right-Wing Charisma ? The Cases of Jean-Marie Le Pen and Vladimir Zhirinovsky », Totalitarian Movements and Political Religions, 3 (3), p. 1-23.

Eatwell Roger (2003), « Ten Theories of the Extreme Right », dans Peter H. Merkl et Leonard Weinberg (eds), Right-Wing Extremism in the Twenty-First Century, Londres, Franck Cass, p. 45-70.

Eatwell Roger (2004), « Introduction. The New Extreme Right Challenge », dans Roger Eatwell et Cas Mudde (eds), Western Democracies and the New Extreme Right Challenge, Londres, Routledge, p. 1-16.

Eatwell Roger (2005), « Charisma and the Revival of the European Extreme Right », dans Jens Rydgren (ed.), Movements of Exclusion. Radical Right-Wing Populism in the West, Hauppauge (N. Y.), Nova Science, p. 101-120.

Evans Jocelyn (2000), « Le vote gaucho-lepéniste. Le masque extrême d’une dynamique normale », Revue française de science politique, 50 (1), p. 21-52.

Farel Éric, Fieschi Maxime, Gherdane Mehdi et Wallart Pascal (2015), Ma ville couleur bleu marine. Le vrai visage du FN au pouvoir, Paris, Flammarion.

Fourest Caroline et Venner Fiammetta (1998), Le Guide des sponsors du Front national et de ses amis, Paris, Raymond Castells Éditions.

Fourest Caroline et Venner Fiammetta (2011), Marine Le Pen, Paris, Grasset.

Fourquet Jérôme, Lebourg Nicolas et Manternach Sylvain (2014), Perpignan, une ville avant le Front national ?, Paris, Fondation Jean Jaurès.

Franceries Franck (1993), « Des votes aveugles. L’exemple des électeurs FN en milieu populaire », Politix, 22, p. 119‑137.

Gaxie Daniel (2006), « Des penchants vers les ultradroites », dans Annie Collovald et Brigitte Gaïti (dir.), La Démocratie aux extrêmes. Sur la radicalisation politique, Paris, La Dispute, p. 223-245.

Geertz Clifford (2001), « L’idéologie comme système culturel », dans Daniel Cefaï (dir.), Les Cultures politiques, Paris, PUF, p. 35-91.

Genga Nicola (2015), Il Front national da Jean-Marie Marine Le Pen. La destra nazional-populista in Francia, Soveria Mannelli, Rubbettino Editore.

Giblin Béatrice (1988), « Le Front national dans une région de gauche. Le Nord-Pas-de-Calais », Hérodote, 50-51, p. 50-65.

Gibson Rachel K. (1995), « Anti-Immigrant Parties. The Roots of their Success », International Issues, 38 (2), p. 119‑130.

Golder Matt (2004), « Explaining Variation in the Success of Extreme Right Parties in Western Europe », Comparative Political Studies, 36 (4), p. 432-466.

Gombin Joël (2010), « Que sont les électeurs du Front national devenus ? L’extrême droite, la droite et les autres en région PACA », dans Joël Gombin et Pierre Mayance (dir.), Droit(es) aux urnes en région PACA ! L’élection présidentielle de 2007 en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, Paris, L’Harmattan, p. 13-41.

Gombin Joël (2012), « Le Front national en Provence-Alpes-Côte d’Azur », dans Pascal Delwit (dir.), Le Front national. Mutations de l’extrême droite française, Bruxelles, Éditions de l’université de Bruxelles, p. 191-209.

Gombin Joël (2015), « Le changement dans la continuité. Géographies électorales du Front national depuis 1992 », dans Sylvain Crépon, Alexandre Dézé et Nonna Mayer (dir.), Les Faux-semblants du Front national. Sociologie d’un parti politique, Paris, Presses de Sciences Po, p. 395-416.

Gougou Florent (2012), « La droitisation du vote des ouvriers en France. Désalignement, réalignement et renouvellement des générations », dans Jean-Michel De Waele et Mathieu Vieira (dir.), Une droitisation de la classe ouvrière en Europe ?, Paris, Economica, p. 142-172.

Hainsworth Paul (ed.) (1992), The Extreme Right in Europe and the USA, Londres, Pinter Publisher.

Hameau Christophe (1992), La Campagne de Jean-Marie Le Pen pour l’élection présidentielle, Paris, LGDJ.

Heinisch Reinhard (2003), « Success in Opposition, Failure in Government. Explaining the Performance of Right-wing Populist Parties in Public Office », West European Politics, 26 (3), p. 91-130.

Helms Ludger (1997), « Right-Wing Populist Parties in Austria and Switzerland. A Comparative Analysis of Electoral Support and Conditions of Success », West European Politics, 20 (2), p. 37-52.

HonorÉ Jean-Paul (1985), « Jean-Marie Le Pen et le Front national (description et interprétation d’une idéologie identitaire) », Les Temps modernes, 465, p. 1843-1871.

Husbands Christopher T. (2002), « How to Tame the Dragon, or What Goes Around Comes Around. A Critical Review of Some Major Contemporary Attempts to Account for Extreme-Right Racist Politics in Western Europe », dans Martin A. Schain, Aristide Zolberg et Patrick Hossay (eds), Shadows over Europe. The Development and Impact of the Extreme Right in Western Europe, Basingstoke, Palgrave Macmillan, p. 39-60.

Ignazi Piero (1992), « The Silent-Counter Revolution. Hypotheses on the Emergence of Extreme-Right-Wing Parties in Europe », European Journal of Political Research, 22 (1), p. 6-13.

Ignazi Piero (1994), L’Estrema Destra in Europea, Bologne, Il Mulino.

Ignazi Piero (1996 [1989]), « Un nouvel acteur politique », dans Nonna Mayer et Pascal Perrineau (dir.), Le Front national à découvert, Paris, Presses de Sciences Po, p. 63-80.

Ignazi Piero (2001), « Les partis d’extrême droite. Les fruits inachevés de la société industrielle », dans Pascal Perrineau (dir.), Les Croisés de la société fermée. L’Europe des extrêmes droites, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube, p. 369-384.

Ignazi Piero et Ysmal Colette (1992), « New and Old Extreme Right Parties. The French Front National and the Italian Movimento Sociale », European Journal of Political Research, 22 (1), p. 101-121.

Igounet Valérie (2014), Le Front national de 1972 à nos jours. Le parti, les hommes, les idées, Paris, Le Seuil.

Ivaldi Gilles (1994), Les Cultures politiques des sympathisants et adhérents du Front national. Enquêtes dans le département de l’Isère, Thèse de doctorat en science politique, Université de Grenoble-2.

Ivaldi Gilles (1998), « The National Front. The Making of an Authoritarian Party », dans Piero Ignazi et Colette Ysmal (eds), The Organization of Political Parties in Southern Europe, Westport, Praeger, p. 121-143.

Ivaldi Gilles (2015), « Du néolibéralisme au social-populisme ? La transformation du programme économique du Front national (1986-2012) », dans Sylvain Crépon, Alexandre Dézé et Nonna Mayer (dir.), Les Faux-semblants du Front national. Sociologie d’un parti politique, Paris, Presses de Sciences Po, p. 163-183.

Ivaldi Gilles et Swyngedouw Marc (2001), « The Extreme Right Utopia in Belgium and France. The Ideology of the Flemish Vlaams Blok and the French Front National », West European Politics, 24 (3), p. 1-22.

Kitschelt Herbert et McGann Anthony (1995), The Radical Right in Western Europe, Ann Arbor (Mich.), Michigan University Press.

Klandermans Bert et Mayer Nonna (2001), « Militer à l’extrême droite », dans Pascal Perrineau (dir.), Les Croisés de la société fermée. L’Europe des extrêmes droites, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube, p. 147-162.

Klandermans Bert et Mayer Nonna (eds) (2006), Extreme-Right Activists in Europe. Through the Magnifying Glass, Londres, Routledge.

Knigge Pia (1998), « The Ecological correlates of Right-Wing Extremism in Western Europe », European Journal of Political Research, 34 (2), p. 249-279.

Lacroix Bernard (1985), « Ordre politique et ordre social. Objectivisme, objectivation et analyse politique », dans Madeleine Grawitz et Jean Leca (dir.), Traité de science politique, tome 1, Paris, PUF, p. 469-565.

Lafont Valérie (2001), « Les jeunes militants du Front national. Trois modèles d’engagement et de cheminement », Revue française de science politique, 51 (1-2), p. 175-198.

Lafont Valérie (2006), « A Two-centuries-old Galaxy », dans Bert Klandermans et Nonna Mayer (eds), Extreme Right Activists in Europe. Through the Magnifying Glass, Londres, Routledge, p. 93-127.

Le Bohec Jacques (1999), « Analyse d’entretiens. Refondation de l’explication des votes FN », Mots, 58, p. 129-151.

Le Bohec Jacques (2004a), L’Implication des journalistes dans le phénomène Le Pen, Paris, L’Harmattan.

Le Bohec Jacques (2004b), Les Interactions entre les journalistes et Jean-Marie Le Pen, Paris, L’Harmattan.

Le Bohec Jacques (2005), Sociologie du phénomène Le Pen, Paris, La Découverte.

Le Bras Hervé (1986), Les Trois France, Paris, Odile Jacob.

Le Bras Hervé (2015), Le Pari du FN, Paris, Autrement.

LecŒur Erwan (2003), Un néopopulisme à la française. Trente ans de Front national, Paris, La Découverte.

Lehingue Patrick (2003), « L’objectivation statistique des électorats. Que savons-nous des électeurs du FN ? », dans Jacques Lagroye (dir.), La Politisation, Paris, Belin, p. 247-278.

Liogier Raphaël (2013), Ce populisme qui vient. Conversation avec Régis Meyran, Paris, Textuel.

Machuret Patrice (2012), Dans la peau de Marine Le Pen, Paris, Seuil.

Magoudi Ali et Jouve Pierre (1988), Les Dits et les non-dits de Jean-Marie Le Pen. Enquêtes et psychanalyse, Paris, La Découverte.

Mammone Andrea, Godin Emmanuel et Jenkins Brian (eds) (2012), Mapping the Extreme Right in Contemporary Europe. From Local to Transnational, London, Routledge.

Marchand-Lagier Christèle (2015), « Les ressorts privés du vote FN. Une approche longitudinale », dans Sylvain Crépon, Alexandre Dézé et Nonna Mayer (dir.), Les Faux-semblants du Front national. Sociologie d’un parti politique, Paris, Presses de Sciences Po, p. 345-374.

Martin Roger (1998), Main basse sur Orange. Une ville à l’heure lepéniste, Paris, Calman-Lévy.

Martin Virginie (1996), Toulon la noire. Le Front national au pouvoir, Paris, Denoël.

Martin Virginie, Ivaldi Gilles et Lespinasse Grégory (1999), « Le Front national entre clientélisme et recherche d’un enracinement social », Critique internationale, 4, p. 169-182.

Mayer Nonna (1987), « De Passy à Barbès. Deux visages de vote Le Pen à Paris », Revue française de science politique, 37 (6), p. 891-906.

Mayer Nonna (1997a), « Du vote lepéniste au vote frontiste », Revue française de science politique, 47 (3-4), p. 438‑453.

Mayer Nonna (1997b), « Le vote Front national au pluriel », Le Banquet, 10, p. 65-89.

Mayer Nonna (1999), Ces Français qui votent FN, Paris, Flammarion.

Mayer Nonna (2002), Ces Français qui votent Le Pen, Paris, Flammarion.

Mayer Nonna (2005), « Votes populaires, votes populistes », Hermès, 42, p. 161-166.

Mayer Nonna (2007a), « Comment Nicolas Sarkozy a rétréci l’électorat Le Pen », Revue française de science politique, 57 (3-4), p. 429-445.

Mayer Nonna (2007b), « Gaucho-lepénisme ou ouvriéro-lepénisme », dans Erwan Lecœur (dir.), Dictionnaire de l’extrême droite, Paris, Larousse, p. 160-162.

Mayer Nonna (2009), « Right-Wing Extremism and Ethnocentrism in Western Europe », dans Alexandre Niggli (ed.), Right-Wing Extremism in Switzerland. National and International Perspectives, Baden Baden, Nomos, p. 115-215.

Mayer Nonna (2012), « Le populisme est-il fatal ? », Critique, 776-777, p. 141-149.

Mayer Nonna (2013), « From Jean-Marie to Marine Le Pen. Electoral Change on the Far Right », Parliamentary Affairs, 66 (1), p. 160-178.

Mayer Nonna (2015), « Le plafond de verre : entamé mais pas brisé », dans Sylvain Crépon, Alexandre Dézé et Nonna Mayer (dir.), Les Faux-semblants du Front national. Sociologie d’un parti politique, Paris, Presses de Sciences Po, p. 299-321.

Mayer Nonna et Perrineau Pascal (1990), « Pourquoi votent-ils Front national ? », Pouvoirs, 55, p. 163-184.

Mayer Nonna et Perrineau Pascal (dir.) (1996a [1989]), Le Front national à découvert, Paris, Presses de Sciences Po.

Mayer Nonna et Perrineau Pascal (1996b [1989]), « L’introuvable équation Le Pen », dans Nonna Mayer et Pascal Perrineau (dir.), Le Front national à découvert, Paris, Presses de Sciences Po, p. 381-391.

Mayer Nonna et Sineau Mariette (2002), « The Front national », dans Helga Amesberger et Brigitte Halbmayr (eds), Rechtsextreme Parteien. Eine mögliche Heimat für Frauen ?, Opladen, Leske/Budrich, p. 61-112.

Merkl Peter H. et Weinberg Leonard (eds) (1993), Encounters with the Contemporary Radical Right, Boulder (Colo.), Westview Press.

Miles Robert (1994), « A Rise of Racism and Fascism in Contemporary Europe ? Some Sceptical Reflections on Its Nature and Extent », New Community, p. 547-562.

Milza Pierre (1987), Fascisme français. Passé et présent, Paris, Flammarion.

Milza Pierre (1992), « Droite extrême … ou national-populisme ? », dans Jean-François Sirinelli (dir.), Histoire des droites en France, tome 1, Paris, Gallimard, p. 691-732.

Monnot Caroline et Mestre Abel (2011), Le Système Le Pen. Enquête sur les réseaux du Front national, Paris, Denoël.

Mudde Cas (1996), « The War of Words. Defining the Extreme Right Party Family », West European Politics, 19 (2), p. 225-248.

Mudde Cas (2007), Populist Radical Right Parties in Europe, Cambridge, Cambridge University Press.

NÉgrier Emmanuel (2012), « Le Pen et le peuple. Géopolitiques du vote FN en Languedoc-Roussillon », Pôle Sud, 37, p. 153-164.

Norris Pippa (2005), Radical Right. Voters and Parties in the Regulated Market, Cambridge, Cambridge University Press.

OfferlÉ Michel (1997), Les Partis politiques, Paris, PUF.

Orfali Birgita (1990), L’Adhésion au Front national. De la minorité active au mouvement social, Paris, Kimé.

Orfali Birgita (2001), « L’adhésion paradoxale. Juifs, Antillais et ouvriers membres du Front national », dans Pascal Perrineau (dir.), Les Croisés de la société fermée. L’Europe des extrêmes droites, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube, p. 185-197.

Pattieu Sylvain (2003), « L’illusion immunitaire, ou le fascisme est-il soluble dans la démocratie libérale ? », Contretemps, 8, p. 16-24.

Perrineau Pascal (1985), « Le Front national. Un électorat autoritaire », Revue politique et parlementaire, 87 (918), 1985, p. 24-31.

Perrineau Pascal (1995), « La dynamique du vote Le Pen. Le poids du “gaucho-lepénisme” », dans Pascal Perrineau et Colette Ysmal (dir.), Le Vote de crise. L’élection présidentielle de 1995, Département d’études politiques du Figaro et Presses de Sciences Po, p. 243-261.

Perrineau Pascal (1997), Le Symptôme Le Pen, Paris, Fayard.

Perrineau Pascal (2004), « L’extrême droite populiste. Comparaisons européennes », dans Pierre-André Taguieff (dir.), Le Retour du populisme. Un défi pour les démocraties européennes, Paris, Universalis, p. 25-34.

Perrineau Pascal (2014), La France au Front. Essai sur l’avenir du FN, Paris, Fayard.

Pierru Emmanuel et Vignon Sébastien (2008), « L’inconnue de l’équation FN. Ruralité et vote d’extrême droite. Quelques éléments à propos de la Somme », dans Annie Antoine et Julian Mischi (dir.), Sociabilités et politique en milieu rural, Rennes, Presses universitaires de Rennes, p. 407-419.

Plenel Edwy et Rollat Alain (1984), L’Effet Le Pen, Paris, La Découverte.

Poirier Philippe (2001), « La disparité idéologique des nouvelles droites occidentales », dans Pascal Perrineau (dir.), Les Croisés de la société fermée. L’Europe des extrêmes droites, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube, p. 31-49.

Pudal Bernard (1994), « Les identités “totales”. Quelques remarques à propos du Front national », dans CURAPP, L’Identité politique, Paris, PUF, p. 197-205.

Ravenel Loïc (2003), « La présence d’étrangers entraîne-t-elle le vote pour l’extrême droite ? », Espace, populations, sociétés, 21 (3), p. 541–547.

Rémond René (1996 [1989]), « Préface », dans Nonna Mayer et Pascal Perrineau (dir.), Le Front national à découvert, Paris, Presses de Sciences Po, p. 11-14.

Rey Henri et Roy Jacques (1986), « Quelques réflexions sur l’évolution électorale d’un département de la banlieue parisienne », Hérodote, 43, p. 6-38.

Rotman Charlotte (2014), 20 ans et au Front. Les nouveaux visages du FN, Paris, Laffont.

Rouban Luc (2015), « Les fonctionnaires et le Front national », Enquête électorale française. Comprendre 2017, vague 1, note n° 3, Cevipof.

Roussel Violaine (2003a), « Labels politiques et construction de l’identité militante. Le cas du Front national », dans Michel Dobry (dir.), Le Mythe de l’allergie française au fascisme, Paris, Albin Michel, p. 237-278.

Roussel Violaine (2003b), « Les logiques plurielles de l’engagement au Front national », Contretemps, 8, p. 77-85.

Roy Jean-Philippe (1993), Le Front national en Région Centre 1984-1992, Paris, L’Harmattan.

Roy Jean-Philippe (1998), « Le programme économique et social du Front national en France », dans Pascal Delwit, Jean-Michel De Waele et Andrea Rea (dir.), L’Extrême Droite en France et en Belgique, Bruxelles, Complexe, p. 85‑100.

Rydgren Jens (2002), « Radical Right Populism in Sweden. Still a Failure, but For How Long ? », Scandinavian Political Studies, 25 (1), p. 27-56.

Savarèse Éric (2011), « Un regard compréhensif sur le “traumatisme historique”. À propos du vote Front national chez les pieds-noirs », Pôle Sud, 34, p. 91-104.

Schedler Andreas (1996), « Anti-political-establishment Parties », Party Politics, 2 (3), p. 291-312

Schwengler Bernard (2003), « L’ouvrier caché. Le paradoxe du vote rural d’extrême droite dans la France du Nord-Est », Revue française de science politique, 53 (4), p. 513-533.

Shields James (2012). « Marine Le Pen and the “New” FN. A Change of Style or of Substance ? », Parliamentary Affairs, 66 (1), p. 179-196.

Simon Jean-Marc (2011), Marine Le Pen, au nom du père, Paris, Éditions Jacob Duvernet.

Souchard Maryse, Wahnich Stéphane, Cuminal Isabelle et Wathier Virginie (1998), Le Pen, les mots. Analyse d’un discours d’extrême droite, Paris, La Découverte.

Soudais Michel (1996), Le Front national en face, Paris, Flammarion.

Sternhell Zeev (2000 [1978]), La Droite révolutionnaire 1885-1914. Les origines françaises du fascisme, Paris, Fayard.

Sternhell Zeev (2000 [1983]), Ni droite, ni gauche. L’idéologie fasciste en France, Bruxelles, Complexe.

Sternhell Zeev (2003), « Le fascisme, ce “mal du siècle”… », dans Michel Dobry (dir.), Le Mythe de l’allergie française au fascisme, Paris, Albin Michel, p. 361-406.

Taguieff Pierre-André (1984a), « La rhétorique du national-populisme » (I), Cahiers Bernard Lazare, 109, p. 19-38.

Taguieff Pierre-André (1984b), « La rhétorique du national-populisme » (II), Mots, 9, p. 113-139.

Taguieff Pierre-André (1986a), « L’identité nationale saisie par les logiques de racisation. Aspects, figures et problèmes du racisme différentialiste », Mots, 12, p. 91-128.

Taguieff Pierre-André (1986b), « La doctrine du national-populisme en France », Études, 364, p. 27-46.

Taguieff Pierre-André (1994), Sur la nouvelle droite, Paris, Descartes & Cie.

Taguieff Pierre-André (2002), L’Illusion populiste, Paris, Berg International.

Taguieff Pierre-André (2012), Le Nouveau National-populisme, Paris, CNRS Editions.

Taguieff Pierre-André et Tribalat Michel (1998), Face au Front national. Arguments pour une contre-offensive, Paris, La Découverte.

Taguieff Pierre-André (1996a [1989]), « Un programme “révolutionnaire” ? », dans Nonna Mayer et Pascal Perrineau (dir.), Le Front national à découvert, Paris, Presses de Sciences Po, 1996a [1989] p. 195-227.

Taguieff Pierre-André (1996b [1989]), « Variations d’un programme de gouvernement », dans Nonna Mayer et Pascal Perrineau (dir.), Le Front national à découvert, Paris, Presses de Sciences Po, p. 359-366.

Traïni Christophe (2004), « L’épicentre d’un “séisme électoral”. Le vote Front national en région PACA », dans Christophe Traïni (dir.), Vote en PACA. Les élections 2002 en Provence-Alpes-Côte d’Azur, Paris, Karthala.

Tristan Anne (1987), Au Front, Paris, Gallimard.

Troupel Aurélia (2013), « Les candidats frontistes aux élections locales. Le cas paradoxal des cantonales de 2011 », Communication à la section thématique 27 (« Le “nouveau” Front national en question ») du 12e congrès de l’Association française de science politique, Institut d’études politiques de Paris, 9-11 juillet 2013.

Veugelers John et Magnan André (2005), « Conditions of Far-Right Strength in Contemporary Western Europe. An Application of Kitschelt’s Theory », European Journal of Political Research, 44 (6), p. 837-860.

Viard Jean (1996), Aux sources du populisme nationaliste, La Tour d’Aigues, Éditions de l’Aube.

Wallon Emmanuel (1999), « Le napisme, du mal au pire », Les Temps modernes, 54 (604), p. 268-285.

Wieviorka Michel (2013), Le Front national, entre extrémisme, populisme et démocratie, Paris, Éditions de la Maison des sciences de l’homme.

Winock Michel (dir.) (1993), Histoire de l’extrême droite en France, Paris, Seuil.

Ysmal Colette (1991), « Les cadres du Front national. Les habits neufs de l’extrême droite », dans Sofres, État de l’opinion, p. 181-197.

Ysmal Colette (1996 [1989]), « Sociologie des élites du FN », dans Nonna Mayer et Pascal Perrineau (dir.), Le Front national à découvert, Paris, Presses de Sciences Po, p. 107-118.

Zvonimir Novak (2011), Tricolores. Une histoire visuelle de l’extrême droite, Montreuil, L’Échappée.

Notes

1 Qu’il s’agisse d’ouvrages académiques ou d’enquêtes journalistiques, d’essais politiques ou de livres militants anti‑FN (n’ont pas été comptabilisés, ici, les écrits des membres du FN ou de ses soutiens). Je remercie Jacques Fontaine, responsable des ressources documentaires du Centre d’études politiques de l’Europe latine CEPEL, UMR 5112), pour son aide précieuse dans l’appréciation quantitative de la bibliographie consacrée au Front national.

2 Nonna Mayer est également à l’origine de l’entreprise éditoriale qui a conduit à l’élaboration d’une sorte de second volume actualisé du Front national à découvert (Crépon, Dézé et Mayer, 2015).

3 Pour un aperçu complémentaire des travaux de Nonna Mayer sur les électeurs FN, voir : Mayer, 1987 ; Mayer et Perrineau, 1990 ; Mayer, 1997a ; Mayer, 1999 ; Mayer, 2007a ; Mayer, 2013.

4 Tristan, 1987 ; Checcaglini, 2012.

5 Jouve et Magoudi, 1988.

6 Le dernier ouvrage de Michel Wieviorka en offre une belle illustration. Dans les premières pages de ce livre, l’auteur remercie Massoud Sharifi Dryaz, doctorant à l’École des hautes études en sciences sociales, pour avoir « intelligemment constitué la documentation nécessaire à [sa] rédaction » (2013, p. 6). Pour un exemple portant sur les partis d’extrême droite en Europe, voir Norris (2005).

7 Une tendance également à l’œuvre dans les travaux qui entreprennent de comparer le FN et le contexte dans lequel il évolue à la période et aux mouvements des années 1930 (Liogier, 2013 ; Dély, Blanchard, Askolovitch et Gastaut, 2014).

8 Pour une synthèse des éléments explicatifs de l’émergence des partis d’extrême droite en Europe, voir Rydgren (2002).

9 Au milieu des années 1980, Hervé Le Bras (1986) avait déjà tenté de ramener le phénomène frontiste à l’équation suivante :

« Vote FN (%) = [6 + 1,7 x étrangers (%)] + faible résidu » !

10 Comme le note Roger Eatwell (2005), la faiblesse numérique des travaux qualitatifs ne permet toujours pas de comprendre comment fonctionnent concrètement les interactions entre leaders charismatiques et électeurs d’extrême droite.

11 Selon les résultats de l’Enquête électorale française 2012 du Centre d’études européennes (CEE). Sur l’ancienneté de ce mythe du vote de gauche pour le FN, voir Rey et Platone, 1996 [1989].

12 Voir par exemple : « Les dix nouveaux visages du Front national », lesinrocks.com, 3 octobre 2012 ; « Les nouveaux visages du Front national », leparisien.fr, 1er avril 2014.

13 Sans doute en raison du calendrier électoral, mais aussi des quarante ans d’existence du parti, créé en 1972.

Publicités