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500 euros pour changer de politique culturelle ?

Source inconnue

Par Marc Gauchée

Emmanuel Macron a inscrit dans son programme présidentiel l’attribution d’un « Pass culture » de 500 euros pour tous les jeunes de 18 ans afin de financer leurs dépenses culturelles. Cette proposition d’apparence simple devait être calquée sur l’expérience italienne. Facile donc, il suffisait de recopier. Mais la mesure peine à se préciser et à être mise en œuvre. Peut-être parce qu’elle vient bousculer en profondeur la politique culturelle française ?

Une mesure en cours… de définition

Dans le Programme 2017, la mesure proposée consistait à créer un « Pass culture » de 500 euros pour chaque jeune de 18 ans afin d’ouvrir à tous la culture en réglant ses « dépenses culturelles (cinéma, théâtre, livres…) ». La gestion du dispositif se ferait sur une plateforme du ministère de la culture a précisé le Premier ministre, Édouard Philippe1. Jusque là tout va bien. C’est quand on commence à creuser que les questions surgissent très vite.

Par exemple, l’intérêt de la dimension numérique de la plate-forme est qu’elle permet de toucher tout le territoire et pas seulement Paris et les quelques très grandes villes. Enfin une dépense de politique culturelle qui ne concernerait pas seulement les centres urbains où se concentrent les principaux équipements culturels ! Mais, concrètement, cela signifie-t-il que le Pass permettra de régler des achats sur internet ? Il y a environ 800 000 jeunes de 18 ans en France, si on multiplie par 500 euros, cela fait 400 millions d’euros à se partager… de quoi attiser les appétits de tous les secteurs de la culture. Mais avec le recours à l’internet, ces 400 millions échapperaient à toutes les institutions culturelles publiques que la France finance depuis des décennies, au réseau de libraires sauvé par le prix unique du livre pour aller nourrir Amazon, la Fnac et tous les géants de la consommation par internet ? D’ailleurs, quand Matteo Renzi avait créé un tel Pass pour détourner les jeunes du vote fasciste, il avait exclu les ordinateurs, les tablettes, la musique et les films en streaming.

Pour l’instant, le gouvernement français reste évasif et Édouard Philippe s’est donc contenté d’énoncer les offres généreusement ouvertes par le Pass : les entrées dans les musées et les monuments historiques, les places de spectacle, de concert et de cinéma, les livres et la musique2.

Autre exemple, le public visé est celui des jeunes de 18 ans, l’âge de l’accession à la majorité. Certes, mais le Pass devra-t-il être dépensé la seule l’année de ses 18 ans ou sa validité sera-t-elle pluriannuelle ? En Italie, la mesure a été valable seulement de janvier 2016 à décembre 2017.

Encore un autre exemple, le coût du Pass devrait atteindre 400 millions d’euros. En Italie au dynamisme démographique inférieur à celui de la France, la mesure a coûté plus de 300 millions d’euros. Or, dans le budget du ministère de la culture pour 2018 qui atteint près de 10 milliards, seulement 5 millions d’euros sont prévus pour le Pass et ils sont destinés à développer les outils numériques nécessaires au déploiement dudit Pass. Là encore, le gouvernement, prudent, explique que l’essentiel du financement du Pass proviendra des diffuseurs et des GAFA3. Mais quels diffuseurs ? Par quel canal ? Et sans contrepartie ?

Cela fait beaucoup de questions et il y en a bien d’autres. Pas étonnant que, du côté de la rue de Valois, soit prévue une grande consultation publique. En attendant, pour essayer d’y voir plus clair, il faut tenter de cerner le cadre de la proposition d’Emmanuel Macron. Car si la mise en œuvre du Pass peut sembler encore floue, le dispositif relève, en revanche, d’une conception très clairement libérale.

Un socle libéral

Le but poursuivi par Emmanuel Macron est de promouvoir une société de confiance en l’individu. Il s’agit ainsi de « reconnaître le fait que vous devez pouvoir faire votre chemin dans la culture. Et c’est le jeune, l’individu qui est responsable justement à ce moment du choix qui sera le sien »4. Auparavant, Emmanuel Macron avait affirmé que son projet politique est un « projet d’émancipation des individus »5, c’était le sens de l’un de ses slogans de campagne : « La France doit être une chance pour tous »6. Il repose non sur l’égalité des conditions, mais sur l’égalité des chances, c’est-à-dire la capacité des gens à choisir et à combiner leurs actions pour réaliser leurs projets. Le développement recherché est centré sur la personne humaine et son autonomie et c’est en cela qu’il est libéral7.

Pourtant, Édouard Philippe se garde bien de telles références libérales propres à effrayer les Français et la gauche culturelle, lui, il préfère rester dans les objectifs classiques et traditionnels de toute politique culturelle : « développer l’accès à la culture pour les enfants et les jeunes »8.

Le dossier de presse du budget 2018 du ministère de la culture9 navigue entre ce discours libéral macroniste confiant le pouvoir de décider aux jeunes et ce discours de continuité philippiste rassurant tous les « professionnels de la profession »10 : « Aboutissement du parcours d’éducation artistique et culturelle, le Pass permettra d’accompagner les jeunes de 18 ans dans leur rencontre avec les artistes et les œuvres. La conception et l’élaboration de ce Pass constitueront en elles-mêmes un laboratoire de travail avec les jeunes, pour qu’ils soient les premiers entendus et accompagnés dans leur découverte de la diversité culturelle et de la pratique artistique. Avec ce Pass, il appartiendra à chaque jeune de construire un parcours autonome et responsable dans la diversité de l’offre culturelle »… se gardant bien de préciser la part d’« autonomie » et la part de « responsabilité ».

Comme le disait Martine Aubry citant sa grand-mère : « Quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup »11. Mais dans quelle bergerie ce loup s’introduit-il pour rester aussi flou ?

Les leçons en demi-teinte des Pass précédents

En fait, la gêne s’explique d’abord parce que le nouveau Pass ne peut pas ignorer les bilans des expériences précédentes. Les premiers Pass ont été crées à Montpellier (1985) ; à Poitiers et en Franche-Comté (1993) puis en Rhône-Alpes (1995). En 2009, selon le ministère de la culture12, il existait 63 dispositifs : 18 en régions ; 15 en départements ; 10 dans les villes ou agglomérations de plus de 100 000 habitants et 20 dans des villes plus modestes ou dans des réseaux professionnels, des Caisses d’allocations familiales (CAF)…

Ces dispositifs sont très divers. Parfois le Pass est gratuit, parfois il faut s’acquitter de quelques euros. Parfois le public est résolument ciblé sur les jeunes, parfois il déborde vers les jeunes adultes. Les Pass donnent accès à des offres d’un réseau de partenaires plus ou moins large, limité au secteur culturel ou ouvert vers les secteurs du sport et des loisirs. Enfin, quelques Pass obligent à passer par une médiation et un accompagnement quand la plupart laissent les bénéficiaires choisir librement parmi les offres culturelles.

Les retours d’expérience permettent de dresser un bilan mitigé. D’abord, d’une façon générale, ces dispositifs sont peu mobilisés par leurs bénéficiaires-cibles. Le Pass culture de 50 euros pour les lycéens de la région Centre-Val-de-Loire n’aurait profité qu’à 48 000 lycéens sur les 122 000 concernés. Celui mis en place en 2003 par la région Provence-Alpes-Côte-d’Azur (PACA) pour les 15-25 ans a été supprimé parce qu’il n’aurait servi qu’à 25 000 jeunes sur les 200 000 concernés.

En fait, quand la distribution de ces Pass est automatique, le taux de pénétration est maximal mais le taux d’utilisation est faible. C’est ainsi qu’à Rennes, le taux de pénétration était de 98% mais le taux d’utilisation n’était que de 13%. Mais quand la distribution relève d’une démarche à faire, le taux de pénétration est faible, mais le taux d’utilisation est plus fort. C’est ainsi qu’en région Bourgogne, le taux de pénétration n’était que de 35%, mais le taux d’utilisation atteignait le 100%13.

Ces dispositifs n’engendrent ni hausse importante, ni élargissement significatifs de la fréquentation des établissements culturels partenaires. Le « chéquier-culture » de la région Ile-de-France, créé en 2001 pour les lycéens et les apprentis, a été supprimé en 2011 parce que la région a considéré que les 18 000 bénéficiaires venait surtout d’un milieu : « plutôt favorisé, pas assez large, inégalitaire, très ‘Paris’ »14. Ce sont donc plutôt les jeunes des milieux aisés, à fort capital culturel, qui profitent de ces Pass. En matière de politique culturelle, ce « libéralisme » aboutit ainsi à donner plus à ceux qui ont déjà.

L’insuffisante gratuité

Tous ces Pass s’inscrivent dans le débat sur la gratuité et son effet espéré sur l’accès à la culture. Par exemple, la gratuité des musées et monuments pour les moins de 25 ans avait été annoncée avec force arguments de démocratisation, le 13 janvier 2009, par Nicolas Sarkozy : « Ça ne tue pas les musées, au contraire. Parce que ces jeunes qui auront eu l’habitude d’aller dans les musées, quand ils deviendront adultes ils y emmèneront leurs enfants ». Ce n’est pas complètement faux, mais ce n’est pas complètement juste, cela mériterait des développements, des nuances, des précisions qui enrichiraient au lieu de se contenter d’un bon sens apparent. Car la gratuité aboutit souvent à un effet d’aubaine, à donner plus à ceux qui ont déjà ou qui savent où se procurer l’information.

Toutes les institutions culturelles qui ont une expérience en la matière savent que si les habitudes prises dans l’enfance sont en effet déterminantes, ces habitudes sont surtout le résultat de l’héritage parental et du milieu social, d’une éducation artistique, scolaire, associative ou des politiques de médiation des établissements culturels.

Les études ne manquent pas, mais ont-elles des effets sur les choix politiques ? L’étude du cabinet Mori pour la Grande-Bretagne en 2003 ; l’étude de la Ville de Paris en 2006 ; l’étude du cabinet Public et Culture en 2008 ; l’étude du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (CREDOC) en 2008 qui montre, par exemple, que la gratuité profite surtout, parmi les 18-25 ans, aux plus diplômés, parisiens et déjà initiés15. Enfin, l’étude du Département des études, de la prospective et de la stratégie (DEPS) du ministère de la culture en 2009 constate la hausse de fréquentation et l’absence de diversification du public à Paris, mais cette absence de diversification est moins vraie en province et pour le public de proximité, elle note aussi un « frémissement des groupes sociaux populaires »… manière diplomatique de ne pas complètement invalider l’hypothèse de départ sur le lien entre gratuité et démocratisation.

Il faut noter, enfin, que la gratuité des collections permanentes s’accompagne souvent d’un prix proche ou dépassant les 10 euros pour l’entrée aux expositions temporaires de ces mêmes musées, alors que ce sont ces expositions temporaires médiatisées qui motivent la sortie au musée.

Le Parc de la Villette qui dispose à la fois d’une expérience significative de la gratuité et d’une tradition d’études de publics, faisait le constat, en 1996, que les concerts gratuits de jazz en salle ne renouvellent pas la composition sociale du public. Plus optimiste, une autre étude de 2008 a montré que la gratuité des expositions temporaires permettait un élargissement auprès des promeneurs du parc et une gestion du temps de visite différente… même si beaucoup de « visiteurs » inattendus étaient d’abord motivés par la recherche de toilettes !

La politique de gratuité sans accompagnement, ni volet éducatif a même été remise en cause par des établissements culturels : deux musées de la ville de Caen, le musée des beaux-arts et le musée de la Normandie, ont renoncé à la gratuité en 2010 après 5 années d’expérimentation. Leurs raisons : la gratuité ne profite qu’aux plus privilégiés et aux touristes et les expositions temporaires restées payantes ont vu leur fréquentation baisser. Mais la politique de gratuité est encore défendue : pour certains à gauche, la gratuité permet de sortir la culture de la sphère marchande au nom du droit de tous à accéder aux œuvres ; pour certains au centre, la gratuité permet de distribuer de menus privilèges aux classes moyennes intellectuelles inquiètes par ailleurs du recul de l’État social ; pour certains libéraux, la gratuité est une mesure simple et, nous l’avons vu, fondée sur la capacité de chacun à choisir.

Malgré les différents bilans pourtant disponibles sur les Pass culture et la gratuité des musées16, lors de l’élection primaire de la gauche, Jean-Luc Benhamias voulait généraliser des « chèques culture » au niveau local et dans les comités d’entreprise sur le modèle des « chèques déjeuner ». Et peu importe si le chèque est dépensé au McDo, dans un tord-boyaux bien de chez nous, dans une brasserie de tradition ou dans un restaurant chinois déguisé en japonais… Peut-il en être de même dans le secteur culturel ? Pour réussir à répondre à cette question, la France doit préalablement définir quels sont, au XXIe siècle, les objectifs de sa politique culturelle.

Le choix des objectifs de politique culturelle

Le flou qui entoure la création du Pass culture comme les bilans mitigés des expériences passées, incitent à se poser la question des objectifs poursuivis en terme de politique culturelle.

Nous avons déjà vu que l’objectif de démocratisation de l’accès à la culture était rarement ou alors très partiellement atteint par les différents Pass. Surtout si « l’accès à la culture » recouvre la « culture savante », celle qui passe par le théâtre, l’opéra, la littérature etc., et pas ce que Martine Aubry appelle la « culture vécue »17. Aucun Pass ne ramènera les « jeunes » dans les institutions culturelles officielles.

En revanche, l’autre objectif consistant a augmenter la fréquentation et la légitimité des institutions culturelles officielles, pourrait être atteint, mais avec un effet en trompe-l’œil : la gratuité renforce d’abord les pratiques culturelles existantes, elle n’en crée pas. Autrement dit, derrière une fréquentation en hausse, le Pass encouragerait l’intensification des pratiques, pas leur démocratisation.

Prenons la question par son côté financier : qui va gagner ces foutus 400 millions ? Répondre à cette question permettrait de désigner l’objectif politique du Pass. Quel sera le lobby le plus puissant pour capter la manne ? L’influent SYNDEAC18 créé en 1971 et qui représente plus de 400 institutions dont les établissements publics de la décentralisation culturelle ? Les autres syndicats professionnels du cinéma, de l’audiovisuel, de la musique, de l’édition… ? Les sociétés de gestion collective des droits d’auteur SACD et SCAM19 en tête ? Chacun peut y aller en jouant sur son pouvoir de médiatisation ou, au contraire, tous peuvent s’entendre pour se partager le gâteau. À moins que, déjà affaiblis par l’internet, ces lobbys culturels traditionnels se fassent doubler par les GAFA qui non seulement financeraient le Pass, mais en tireraient les bénéfices ? L’équation s’avère difficile à résoudre, surtout avec une ministre de la Culture qui vient du monde de l’édition et qui ne veut pas forcément financer Amazon !

Car ces 400 millions d’euros pourrait constituer une relance non négligeable pour la culture, une sorte de mécanisme de financement qui injecterait de l’argent sans contrepartie. Mais alors, le Pass ressemblerait au CICE20 avec ses mêmes limites : son caractère non ciblé a permis à des entreprises non soumises à la concurrence internationale de le mobiliser pour augmenter les salaires ou les dividendes de leurs actionnaires, sans investissement, ni création d’emplois.

La crainte partagée par les acteurs culturels est que s’il y avait une totale liberté d’utilisation du Pass, elle aboutirait à subventionner les industries culturelles et les secteurs prisés par les jeunes : matériels informatiques et connectés, jeux vidéo, bandes dessinées, cinéma… Procédant ainsi à un double redéploiement des millions du Pass : vers la culture plus populaire et vers les productions étrangères. D’où les hésitations sur le périmètre des offres (établissements identifiés, labellisés ou non) et sur le nécessaire accompagnement, ce que le ministère appelle la « responsabilité » des jeunes.

Si l’option d’un accompagnement était retenue, la France dispose d’une réseau dense de structures administratives, sociales et culturelles qui pourraient être mobilisées : les maisons des jeunes et de la culture ; les associations d’éducation populaire ; les services municipaux, départementaux ou régionaux de la jeunesse ou de la culture ; les services culturels déconcentrés de l’État ; les bibliothèques comme les cinémas et les établissements culturels ; bref tous ces lieux ancrés dans les territoires, qui se battent pour faire vivre la culture et développer la créativité et la participation des citoyens, tous les lieux où se montent des projets, tous les lieux qui disposent de ressources pour aider et accompagner au montage de projets et de parcours culturels21. Encore faut-il que le ministère de la culture renonce à l’un de ses fondamentaux depuis 1958 en renouant, comme au temps du Front populaire, avec l’éducation populaire et l’éducation nationale.

C’est ainsi que le Pass ne cesse d’interroger le ministère de la culture sur la place qu’il accorde à la « demande ». Car, jusqu’à présent, le ministère a surtout été capable de multiplier l’offre culturelle où des experts décident du beau et où il est impensable d’envisager que chacun puisse participer à la construction d’émotions et d’imaginaires.

Un autre objectif de politique culturelle que pourrait intégrer le Pass est d’initier les jeunes au mécénat. Le mécénat était un axe de développement souhaité par plusieurs candidats à l’élection présidentielle. Emmanuel Macron promettait de « conforter le soutien au mécénat artistique » et de « multiplier les spectacles vivants coproduits » pour favoriser leur diffusion. Même le Front national souhaitait « développer le mécénat populaire par la création d’une plateforme dédiée », certes limitée au patrimoine22.

Enfin, il est permis d’imaginer que la créativité des Français puisse être soutenue en rendant leurs projets culturels éligibles au financement par le Pass via des plateformes de financement participatif. La créativité, l’esprit d’entreprendre et l’ouverture à son environnement et au monde seraient ainsi non seulement valorisée mais encouragée.

Il serait temps que la politique culturelle s’interroge sur les moyens qu’elle se donne pour participer aussi à l’émancipation individuelle. Cet objectif de politique culturelle était porté par la gauche du Front populaire avec le radical Jean Zay, se différenciant du soutien « royal » à la création et de l’obsession patrimoniale d’une droite identitaire. C’est d’ailleurs ce que promettait François Hollande : « La culture c’est aussi et c’est toujours un facteur d’émancipation, de fierté, de reconnaissance, d’élévation »23, ce que rappelait aussi l’ex-ministre Audrey Azoulay, devenue directrice générale de l’UNESCO : « Pour nous, cette promesse d’émancipation par la culture doit être au cœur du projet politique de la gauche »24 et ce qu’a explicité Emmanuel Macron tirant, certes, la notion d’émancipation du côté de François Guizot : « Je veux que chacune et chacun puisse avoir les moyens de réussir, d’accéder, de sortir de sa condition, y compris sur le plan culturel »25. Ils sont tous d’accord, mais réussiront-ils à traduire leur volonté en actes ? À défaut, le Pass risque d’être un revival, style « La Culture pour chacun », slogan des piteuses années de Nicolas Sarkozy et Frédéric Mitterrand. Le ministère de la culture resterait ainsi celui des seuls artistes et les citoyens seraient abandonnés aux seules industries culturelles.

Notes

1 Déclaration de politique générale, Assemblée nationale, 4 juillet 2017.

2 Ibid.

3 Google, Apple, Facebook et Amazon.

4 « Les Matins » de Guillaume Erner, France culture, 27 janvier 2017.

6 Slogan figurant sur les affiches de campagne à partir d’avril 2017.

7 DIMITRU Speranta, « Qu’est-ce que le libéralisme égalitaire ? Comprendre la philosophie de Macron », theconversation.com, 1er mai 2017.

8 Déclaration de politique générale, op. cit.

9 Projet de loi definances 2018, 27 septembre 2017.

10 En 1987, Jean-Luc Godard avait remercié « les professionnels de la profession » pour son César d’honneur.

11 Entretien avec Jean-Michel Apathie, RTL, le 13 octobre 2010.

12 ROUET François (sous la dir.), « Cartes et chèques culture : dispositifs et mise en œuvre », Ministère de la culture et de la communication, Études, 2009-6.

13 Ibid.

14 ALFÉEF Emmanuelle, « Les ‘Tick’Art’ n’ont pas amené les jeunes à la culture », LExpress.fr, 2 mai 2011.

15 MARESCA Bruno, « La nocturne gratuite, un bon plan pour les jeunes et pour les musées », Consommation et mode de vie, n° 215, CREDOC, octobre 2008.

16 GUERRIN Michel, « Bientôt un Brexit culturel », Le Monde, 2 juillet 2016, « Qui veut la mort des MJC ? », Le Monde, 21 janvier 2017, « Les passe-pass de Macron », Le Monde, 4 février 2017.

17 AUBRY Martine, Présentation de Lille 2004 au personnel municipal, 12 septembre 2003.

18 Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles.

19 Société des auteurs et compositeurs dramatiques et Société civile des auteurs multimédia.

20 Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi, créé en 2012.

21 SALVI Matthieu, « Les MJC, une approche de la culture menacée », Transrural Initiatives, n°453, mars 2016.

22 Point 109 des 144 engagements présidentiels de Marine Le Pen.

23 Discours à la Biennale internationale du spectacle (BIS) à Nantes, 19 janvier 2012.

25 « Les Matins » de Guillaume Erner, op. cit.

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