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Histoire des actualités étranges

Source inconnue

Notre contributeur Stéphane François mène depuis quelques semaines une collaboration avec Rétronews, le site de presse de la Bibliothèque nationale de France. Grâce aux fonds de la BNF ces articles sont très richement illustrés et proposent diverses archives à la lecture. Voici une présentation des trois premiers articles publiés :

Φ Mgr Jouin, un catholique intégriste contre le « péril judéo-maçonnique »

Prélat et figure de la France réactionnaire du début du XXe siècle, Ernest Jouin fut le fondateur d’une revue complotiste, dont le but avoué était de déjouer les improbables « actions subversives » des « sociétés secrètes ».

Ernest Jouin est un prêtre traditionaliste, né en 1844 et décédé en 1932. Curé opposé à la loi de séparation de l’Église et de l’État de 1905, il fut poursuivi en 1907 en justice pour avoir diffusé des textes condamnant celle-ci. Mais, il est resté dans les mémoires pour avoir fondé en 1912 une revue antimaçonnique, la Revue Internationale des Sociétés Secrètes, également connue sous l’acronyme RISS, organe de presse de la Ligue Franc-catholique, qu’il a dirigé jusqu’à son décès en juin 1932.

La publication de la RISS, mensuelle puis bimensuelle, était partagée en deux volumes, l’un de couleur grise qui parut de 1912 à 1939 et qui portait essentiellement sur l’antimaçonnisme, l’autre de couleur rose, qui parut de 1928 à 1933, qui s’intéressait à l’occultisme et aux « sociétés secrètes ». Elle fut fondée dans le but de continuer le combat antimaçonnique des catholiques intransigeants ayant cru au canular de Léo Taxil et de lutter contre l’« occultisme fin de siècle ».

L’objectif de ses animateurs, et en particulier celui d’Ernest Jouin, tous catholiques intransigeants, contre-révolutionnaires – ils étaient influencés par le prêtre contre-révolutionnaire et antimaçon Augustin de Barruel – ou d’extrême droite, était de mettre au grand jour la supposée action néfaste de la franc-maçonnerie et des sociétés secrètes. Cette action fut relevée par les papes Benoit XV en 1918 et Pie XI en 1923, qui élevèrent le curé Ernest Jouin au rang de prélat puis de protonotaire apostolique. Lire la suite

Φ Une sataniste à Paris : la « magie sexuelle » de Maria de Naglowska

Entre 1931 et 1935, la presse française parle d’une étrange prophétesse donnant diverses conférences à Paris. Ô scandale, elle y parle de sexualité, et plus précisément de « magie sexuelle ».

Maria de Naglowska est née en 1883 à Saint-Petersbourg dans une famille aristocratique et elle est décédée en 1936 à Zurich. Très tôt orpheline, elle se rebelle contre son milieu d’origine et épouse un musicien roturier et juif, un scandale sans nom dans une aristocratie russe très largement antisémite…

Le couple quitte l’Empire des Tsars et s’installe d’abord à Berlin, puis à Genève. De cette union naissent trois enfants. Après sa séparation d’avec son mari, sioniste s’installant en Palestine, Maria de Naglowska retourne vers l’orthodoxie. Elle vit dans une relative pauvreté, donnant des cours dans des institutions privées – elle qui n’a pas fini ses études universitaires – et s’essaie au journalisme d’idées. Lire la suite

Φ Haine des catholiques sous le Troisième Reich : expression d’un « paganisme » nazi

Tout au long des années 1930, l’Église catholique allemande pâtit des mesures restrictives imposées par le régime. Derrière ces abus du Concordat, la presse française (et notamment de droite) voit l’avènement d’un paganisme völkisch prôné par une partie de l’élite nazie.

Au moment de la montée du nazisme à la fin des années 1920, la presse catholique française considère déjà le national-socialisme comme une forme de « paganisme ». La question de la nature de la foi des militants nazis est également posée non sans humour par les Juifs français dans L’Univers israélite, dès 1927. Lire la suite

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